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vendredi 8 mars 2019

Des lumières dans la nuit - Portland



2360e jour - Magie des mots qui collisionnent : deux panneaux posés à quelques mètres l’un de l’autre. C’est à Rocky Butte Park, dans le nord-est de la ville, à proximité de la Marilyn Moyer Méditation Chapel, de la City Bible Church, du Portland Bible College et bien qu’on soit en mars, bonheur des voyages virtuels, c’est noël.






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jeudi 7 mars 2019

Au sud de la ville - Portland


2359e jour - Quand la façade était verte, c’était un restaurant chinois. Depuis trois, quatre ans, c’est un bar de quartier, avec une piscine, à l’arrière, les mois d’été.
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Je suis allé voir les avis sur internet, juste pour le plaisir d’en lire les traductions automatiques :
J’habite en face de la rue et pop dans leur souvent (je ne suis pas un alcoolique. Je viens de profiter une bonne IPA après le travail avec des tout-petits tater et ranch.) Le gars qui héberge la nuit trivia est un connard et il se moquait de mon ami Katie. Je n’en tiens Bar 33 mais qui est prally la seule chose négative j’ai à dire sur l’endroit. Service rapide et amical, cuisine s’arrête autour de 10 pour le menu a des limites à ce moment-là. Juste pour être au courant.
Ou alors :
Suis allé dans un hamburger et ils accueillaient une sorte d’événement peinture et sip. Car il semble un peu différente de l’ambiance normale, je ne peux pas dire comment il est en moyenne. Ce que je peux dire, c’est la nourriture est sorti rapidement et parfaitement cuit.
J’ai commandé le hamburger classique et ajouté une patty et extra fromage. Goûté aux délicieux ! Serait certainement recommander et revenir en arrière.

Ou bien encore :
Je n’aime pas beaucoup laisser moins de 4 étoiles, mais il y avait trop de choses se passe d’ignorer.  Nous marchions dans un bar très froid et calme.  Il n’était pas clair si vous commandez au bar ou à table.  […]  Nous avons commandé des boissons au bar et ensuite j’ai demandé si nous devons commander chez le bar ou une table.  Elle a dit qu’elle viendrait de notre table ce qu’elle fit.  Je lui ai demandé si elle pouvait mettre plus téléviseurs sur le jeu de Blazer et elle a dit brisés et ils étaient sur cette chaîne de voir la farce bizarre pour une raison quelconque. Il a été décevant. Nous avons commandé la nourriture qui était bon, mais les végétariens ici sont très rares. Ils n’annoncent pas une galette de légumes mais ont un. Après un peu, nous avons décidé à la caisse qui a eu un long délai et l’autorisation. J’ai aussi essayé d’obtenir le changement pour un 20, et les deux barmans m’a ignoré. J’ai essayé de donner un pourboire en argent comptant, mais je suppose qu’ils n’ont pas le temps de. J’ai pas reviendra.

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mercredi 6 mars 2019

Au-dessus de la ville - Portland

2358e jour - Le poète portlandais dit : j’aime venir ici. C’est vraiment le bout du parc [le parc, c’est l’Overlook Park] mais ça vaut le coup, il n’y a jamais grand monde. Je peux rester des heures. Je me pose sur la table, là, et je regarde en bas : les containers, les trains de l’Union Pacific ou les péniches qui filent sur la Willamette. Je viens plutôt l’hiver. L'été, les arbres sont trop verts et on ne voit pas grand chose de la course du monde.

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mardi 5 mars 2019

His own private hideaway - Portland

2357e jour - Relecture, juste pour le plaisir, de L’oreille d’un sourd, recueil d’articles de Philippe Garnier ; lecture de l’un de ces textes en particulier qui a pour titre Gus Van Sant : His own private hideaway, une promenade avec le cinéaste dans Portland où il a longtemps vécu :
Il s’arrête devant une grande maison au coin de Davis et NW 18th Avenue, avec un porche surélevé. “On appelait ça The Lawn, dans les années 80. Un tas d’artistes et glaneurs y habitaient ; et Walt Curtis, le poète qui a écrit Mala Noche. Une des rares choses qu’il ait écrites en prose, une sorte de court roman. Walt est notre Allen Ginsberg à Portland.”


Et plus loin :
Arrivé au coin de 21st et Glisan Street, il n’en croit pas ses yeux: non seulement la Non Hill Pharmacy n’a pas changé depuis que Matt Dillon et sa bande y ont fait leur casse de drogues, mais un cameraman est dans le magasin, en train de filmer pour une télé locale. Du coup, le proprio est présent et reconnaît le cinéaste, qui n’a pas remis les pieds ici depuis 1988. […] La pharmacie est aussi proprette que dans le film. Sauf un écriteau qui a été rajouté au-dessus de la caisse enregistreuse, que Van Sant ne repère pas immédiatement : “NOUS NE STOCKONS NI DILAUDID - NI MORPHINE - NI COCAÏNE.”

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vendredi 9 mars 2018

La patrie de Paul Bunyan

2140e jour - Parce que j’ai revu Fargo des frères Coen, je me suis mis à chercher frénétiquement les statues de Paul Bunyan, bucheron légendaire, parfois accompagné d’un bœuf bleu…










J’en ai trouvé, dans l’ordre : à Mantique, Michigan ; sur une route dans le nord du même État ; à Bangor, Maine ; au sud de Chicago à University Park, Illinois ; à Portland,
Oregon ; à Atlanta, Illinois ; à Westwood, Californie ; à Bemidji ou Akeley, Minnesota

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mercredi 6 avril 2016

Contre-plongée - Portland


1681e jour - Lecture de Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter, page 74 :
SW Cable Street comptait douze maisons, chacune dotée d’une grande volée de marches qui grimpaient entre des murs de soutènement verts de moisissure et des jardins luxuriants laissés à l’abandon. Toutes les maisons en bas de la colline étaient louées à des artistes. Celles en hauteur trouvaient plus difficilement acquéreurs à cause des escaliers. Dick et Linda en choisirent une à quarante-cinq dollars par mois. Elle était la propriété d’une banque peu regardante. De toute façon, ces maisons finiraient par être démolies. C’était parfait. Ils s’installèrent au 33 Cable Street, grand salon, grande cuisine et salle à manger, deux chambres. Dick fit de la chambre qui donnait sur la rue son bureau et par beau temps, il voyait Mount Hood, à près de cent kilomètres à l’est.

Un dernier verre au bar sans nom, Don Carpenter, édité par Jonathan Lethem, Cambourakis éditions 2016


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mercredi 26 février 2014

En rampant vers Bethlehem - San Francisco, Portland


1204e jour - Je lis. Le texte a pour titre En rampant vers Bethlehem, il est de Joan Didion. Il a été publié pour la première fois en 1968 par Farrar, Straus & Giroux – elle pensait le livre comme un recueil de “choses vues”.
Joan Didion était journaliste. À en croire, sa page Wikipédia, elle est un auteur culte pour Bret Easton Ellis ou Jay McInerney. Dans En rampant vers Bethlehem, elle arpente les rues de Haight Ashbury, quartier hippie de San Francisco peuplé au cœur des années soixante d’enfants – quatorze, quinze ans – fugueurs, à la dérive. Herbe, Méthédrine, peyotl, mescaline, STP… La drogue est omniprésente.



Extrait :
Aucune trace de Deadeye ce jour-là dans Haight, et quelqu’un me dit que je le trouverai peut-être chez lui. Il est trois heures et Deadeye est au lit. Quelqu’un d’autre est endormi sur le canapé du salon, une fille dort par terre sous un poster d’Allen Ginsberg, et deux autres filles en pyjama sont en train de préparer du café instantané. L’une des filles me présente à leur ami allongé sur le canapé, lequel me tend la main mais ne se lève pas, car il est tout nu.

Plus tôt dans le livre, Joan Didion a relevé les mots d’une affichette dans Haight Street :
Le jour de Pâques
Mon Christopher Robin est parti.
Il a appelé le 10 avril
Mais aucune nouvelle depuis.
Il a dit qu’il rentrait
Mais il ne l’a pas fait

Si vous le voyez sur Haight
Dites-lui de ne pas tarder s’il vous plaît
J’ai besoin qu’il revienne maintenant
Je me fiche de savoir comment
Si c’est l’argent qu’il lui faut
Je le lui enverrai aussitôt.

S’il y a un espoir
Merci de me le faire savoir
S’il est toujours ici
Dites-lui combien je tiens à lui
Il faut que je sache où il est, c’est important
Car je l’aime tant !

          De tout cœur,
          Marla

Marla Pence
12702 NE. Multnomah
Portland, Ore. 97230
503/252-2720



Cette adresse, en fin d’appel, bien sûr, m’a donné envie d’aller voir… 12702 NE. Multnomah à Portland…
Des envies d’enquêter, de savoir ce que sont devenus Christopher Robin et Marla Pence. Et si l’un d’eux vit toujours dans les parages. Et s’ils savent aussi que Joan Didion leur a offert, avec son recueil, un semblant d’éternité.

L’Amérique, Chronique, Joan Didion, Éditions Grasset & Fasquelles, 2009 et Livre de Poche

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samedi 4 août 2012

Promenade estivale - Portland


769e jour - Parce que François Bon, ici même hier, est parti sur les traces de Lovecraft, j'ai eu envie, moi, par jeu, de taper le nom de l'écrivain dans Street View, pour voir où cela pouvait mener.
Je suis tombé sur le Lovecraft Bar à Portland (un truc pour amateurs d'horreur). Mais bon, le Lovecraft Bar, extérieurement, n'était pas très intéressant. Alors je me suis promené alentour…

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mardi 28 septembre 2010

Un simple mur blanc (suite) – Portland (3)

(complément au message d’hier)
Au cœur de la nuit, je me réveille : pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! Dans la plupart des villes américaines, après une première campagne où les images avaient une faible définition, des vues plus résolues ont été ajoutées, pour l’essentiel aux croisements des artères principales. Peut-être est-ce le cas à Portland ! Peut-être y a-t-il un point, alentour, à partir duquel les mots apparaissent…
Keep Portland Weird…
J’attend le petit-déjeuner pour allumer l’ordinateur. Et je découvre une image sur laquelle le mur blanc a fait place à l’aplat noir et au slogan. Celui-ci est certes en partie masqué par un arbre mais il est bien visible, dans toute sa grandeur. La photo date de 2009.
Ambivalence des sentiments : je suis heureux d’avoir découvert l’image mais déçu de ne pas l’avoir fait plus tôt.

lundi 27 septembre 2010

Un simple mur blanc - Portland (2)


C’est un mur peint en blanc le long d’un parking insignifiant de downtown. C’est à hauteur du 20 SW 3 rd Ave pour être exact. L’image prise pour StreetView date de 2007. Et rien ne laisse supposer que ce mur va bientôt connaître son heure de gloire.
Car des mots, depuis, y ont été ajoutés – lettres capitales, monumentales, jaunes sur fond noir. Il est écrit : KEEP PORTLAND WEIRD – Gardons Portland bizarre. Et à Portland, aujourd’hui, l’accroche tient du programme. C’est même en train de devenir une marque de fabrique assumée par une ville – patrie de Gus Van Sant et des strips clubs
végétaliens ! – arty en diable, alternative, écolo, cool et qui se reconnaît corps et âme dans une image de plus en plus délurée.

Un site Keep Portland Weird a été créé ainsi qu'une communauté – qui battent, chaque mois de nouveaux records d’affluence.
Le slogan se démultiplie en milliers de vignettes collées sur pare-chocs et pare-brises alentours.
Et le mur, lui-même, est devenu un passage obligé pour qui visite la ville : on se presse pour le photographier, ou pour s’immortaliser posant devant, comme devant un monument.

Voici à quoi ressemble le mur.
L’image a été prise par mediafury/Dana Deskiewicz.
Elle est visible, ainsi que d'autres,
dans un set Flickr qu'il a réalisé sur Portland.

samedi 18 septembre 2010

Sassy’s – Portland

Un article dans Next me fait découvrir Portland, Oregon, macro-bourgade forestière de 600 000 habitants, des étés secs, des hivers longs et très humides (160 jours de pluie annoncés par an).
Portland est la patrie de Gus van Sant et de Gossip, qu’on se le dise.
Portland est la première ville mondiale en matière de recyclage des déchets mais aussi… la ville des États-Unis qui compte le plus de strip-clubs par habitant. Et Sassy’s est le plus couru d’entre eux.



Sassy’s, c’est ce bloc noir sans fenêtres qui me fait penser, je ne sais pas pourquoi, à une boîte de Pandore.
Des panneaux devant le bâtiment annoncent : Open 10:30 am ; Great Food ; Incredible View et Erotic Dancers ; Cocktail/Beer ; Great Food ; Lottery Games.



Un œil au site du club permet de découvrir un planning hebdomadaire des filles présentes. Un samedi type, par exemple, entre 11 h et 3 h, on peut compter sur Giselle, Lola et Diesel ; entre 3 et 9, il y a Nina, Gia, Cody et Talia ; et entre 9h et la fermeture sont présentent Emily, Mimi, Nightsade, B, Roxy, Natalie, Diamond, Lotus et Blake.
Mais la vedette, ici, s’appelle Malice, stripteaseuse punk et danseuse star – on s’arrache, paraît-il dans la région, les tee-shirts à son effigie. On peut voir son portrait sur le site du club.