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vendredi 24 mars 2017
Trop belle - Hibbing
1925e jour - Je n’ai jamais conduit de voiture avec une banquette à l’avant plutôt que deux sièges. Je crois que j’adorerais…
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jeudi 23 mars 2017
La beauté des enseignes - Hibbing
1924e jour - Du temps où je rêvais de réécrire les Notes de Chevet de Sei Shonagon (c’était il y a déjà une bonne quinzaine d’années), un jour, dans un carnet, j’ai relevé :
Une chose qui pourrait me rendre nostalgique : un certain passé typographique.
J’ai bien peur, particulièrement ici à Hibbing, que ce soit toujours d’actualité.
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mercredi 22 mars 2017
La beauté des lieux abandonnés - Hibbing
1923e jour - Elle n’était pourtant pas si mal placée, cette station, sur la Première Avenue, pas très loin du centre.
•
Il faudra un jour qu’on m’explique ce monde où les bâtiments abandonnés se font légions. En attendant, guère mieux à faire, j’observe la végétation qui gagne, enveloppe, submerge. Parfois la beauté attriste./////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci
mardi 21 mars 2017
Ne jamais sortir une image de son contexte - Hibbing
1922e jour - J’ai observé le type. J’ai pensé : fatigue, solitude, abattement, ou peut-être recueillement – dans cette posture, il aurait été crédible face à une tombe. Et puis, je me suis déplacé pour découvrir qu’il n’était pas si seul que ça, qu’ils étaient même assez nombreux à charrier du goudron, et aussi que lui-même, le type qui semblait se recueillir l’instant d’avant, il avait déjà relevé la tête sans doute prêt à reprendre le boulot. Mes rêves de tragédies se sont envolés. Je n’ai pas réussi, sur le coup, à me convaincre que c’était heureux.
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lundi 20 mars 2017
Lecture (suite) - Hibbing
1921e jour - Lecture toujours, en Livre de Poche, de Bob Dylan, une biographie de François Bon, cette fois-ci page 29 :
Alors nous voilà à notre tour à Hibbing sur ses traces maigres, et quand bien même on est le dix millième à entrer au Zimmy’s, on regarde les photographies au mur avant de s’enquérir de ce qu’on y mange : et le gros patron moustachu du Zimmy’s vous apostrophe devant le cornet de carton trop grand du café trop léger mais à goût de
brûlé, dans une prononciation qu’on comprend mal : Looking for Bob, isn’t it : where’re you from ?…
Quand la Google Car est passée – la dernière fois, c’était en juillet 2012 –, le Zimmy’s existait encore. Mais rien n’est éternel en ce bas monde, il a depuis fermé – c’était en mars 2014. À en croire un article du Duluth News Tribune, l’établissement venait de perdre, deux mois plus tôt, coup fatal, l’équivalent de se Licence IV.
Les propriétaires, à l’époque, espéraient réouvrir bientôt. Mais si la page Facebook du restaurant continue d’être occasionnellement alimentée, les portes de l’établissement, elles, restent closes (j’aimerais savoir, personnellement, si affiches, photos et pochettes continuent, maintenant poussiéreuses, de garnir les murs ou si elles ont déjà été à tout jamais dispersées).
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Alors nous voilà à notre tour à Hibbing sur ses traces maigres, et quand bien même on est le dix millième à entrer au Zimmy’s, on regarde les photographies au mur avant de s’enquérir de ce qu’on y mange : et le gros patron moustachu du Zimmy’s vous apostrophe devant le cornet de carton trop grand du café trop léger mais à goût de
brûlé, dans une prononciation qu’on comprend mal : Looking for Bob, isn’t it : where’re you from ?…
Quand la Google Car est passée – la dernière fois, c’était en juillet 2012 –, le Zimmy’s existait encore. Mais rien n’est éternel en ce bas monde, il a depuis fermé – c’était en mars 2014. À en croire un article du Duluth News Tribune, l’établissement venait de perdre, deux mois plus tôt, coup fatal, l’équivalent de se Licence IV.
Les propriétaires, à l’époque, espéraient réouvrir bientôt. Mais si la page Facebook du restaurant continue d’être occasionnellement alimentée, les portes de l’établissement, elles, restent closes (j’aimerais savoir, personnellement, si affiches, photos et pochettes continuent, maintenant poussiéreuses, de garnir les murs ou si elles ont déjà été à tout jamais dispersées).
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vendredi 17 mars 2017
Lecture - Hibbing
1920e jour - Lecture en Livre de Poche (trouvé à la Maison de la presse) de Bob Dylan, une biographie de François Bon, page 28 :
Dès 1951 on s’installe dans une maison à soi, une maison avec étage, au 2425 de la Septième Avenue : la maison que photographient maintenant ceux qui viennent à Hibbing, et la fenêtre de ce qui fut la chambre d’enfant de Bob Dylan est exposée à la bibliothèque municipale – on n’en fera jamais assez pour le héros. Regardez ce qu’il voyait, vous saurez ce qu’étaient ses rêves ? Que ce serait beau, si chacun ici-bas avait droit qu’on lui garde ainsi sa fenêtre d’enfance, et tout ce qui vous a traversé la tête, là, immobile, contemplant la pluie, le soleil ou la neige (à Hibbing, si souvent la neige).
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