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samedi 15 mars 2014
Des images qui défilent - Carthagène
1221e jour - Nuit. Je ne dors pas. Du vent. Régulièrement une palme frôle les volets – à la façon d’un animal qui chercherait à rentrer.
Des images de la journée, par dizaines, qui défilent et se répètent, comptine entêtante : une fille au parapluie, des deux roues, des façades. Et des mots aussi : Peluqueria, Aguila…
Une phrase en guise de ponctuation : Demain, je serai ailleurs.
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vendredi 14 mars 2014
Zoom arrière - Carthagène
1220e jour - Un homme à la radio. Il dit : À longueur de temps, nous sommes bombardés de messages publicitaires qui n’ont d’autres buts que de nous vendre un monde sensé être meilleur mais, en réalité, essentiellement rempli de vide.
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jeudi 13 mars 2014
Deux corps dans l’ombre - Carthagène
1219e jour - Deux corps dans l’ombre, donc. L’un est celui d’un homme chargé sans doute d’une quelconque surveillance et qui observe, de loin, l’avancée de travaux sur une plage au nord de la ville. L’autre corps est celui d’une fillette, dans les terres, qui avance d’un bon pas et qui chantonne. Très vite, la fillette va tourner à droite et disparaître. Quant à l’homme en bordure de plage, il va rester là un long moment. L’ombre va avancer encore, l’avaler un peu plus. Et lui, perdu dans ses pensées, restera immobile.
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mercredi 12 mars 2014
La claque - Carthagène
1218e jour - Je l’ai observée, attentif, et j’ai voulu voir en elle le miroir de toutes mes lassitudes, de toutes mes fatigues. Mais dans l’instant qui a suivi elle s’est redressée, enjouée, souriante, presque hilare en fait.
Décontenancé mais heureux de cette claque offerte à mes atermoiements, j’ai décidé de rebondir.
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Décontenancé mais heureux de cette claque offerte à mes atermoiements, j’ai décidé de rebondir.
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mardi 11 mars 2014
L’envers de l’allégorie - Carthagène
1217e jour - À longueur de temps, j’aperçois des intérieurs, subrepticement. Je devine des ombres, des silhouettes. Je les interprète. J’imagine des individus, des intérieurs…
Je ne sais, en réalité, rien de ces espaces que je croise.
C’est un peu comme une grotte de Platon mais à l’envers. Ici ce n’est pas l’extérieur qui constitue le mystère mais tous ces antres où se répand la vie.
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lundi 10 mars 2014
Fait d’hiver -Carthagène
1216e jour - C’était au cours de la nuit de la Saint-Sylvestre ; passage à la nouvelle année du côté de Carthagène, Colombie. C’était à proximité du port. À minuit, toutes les cornes de brume des porte-containers s’étaient mises à hurler, bientôt relayées par les éclats des feux d’artifice de pacotille.
Il était maintenant cinq heure. La nuit retrouvait son calme, le jour n’allait pas tarder à se lever.
Le type, apparemment, avait passé la nuit seul chez lui à picoler – aguardiente plus whisky ; en grande quantité. La logique aurait voulu qu’il s’assoupisse. Mais non, au lieu de ça, il trouva la force de sortir une carabine, d’ouvrir la fenêtre de son salon, bien décidé à dégommer les père noël exposés sur le balcon de ses voisins d’en face – il n’en rata aucun. Il agit sans raison apparente si ce n’est une aversion profonde pour les choses de noël et les festivités en général.
Outre les père noël, il brisa quelques vitres et décapita un canari dont la cage était suspendue un peu plus loin.
Une vingtaine de coups puis le silence…
La porte d’entrée, chez lui, était ouverte et c’est dans son lit que les policiers venus pour l’appréhender le découvrirent. Il ronflait, comme un bienheureux, complètement nu, son arme posée à ses côtés.
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Il était maintenant cinq heure. La nuit retrouvait son calme, le jour n’allait pas tarder à se lever.
Le type, apparemment, avait passé la nuit seul chez lui à picoler – aguardiente plus whisky ; en grande quantité. La logique aurait voulu qu’il s’assoupisse. Mais non, au lieu de ça, il trouva la force de sortir une carabine, d’ouvrir la fenêtre de son salon, bien décidé à dégommer les père noël exposés sur le balcon de ses voisins d’en face – il n’en rata aucun. Il agit sans raison apparente si ce n’est une aversion profonde pour les choses de noël et les festivités en général.
Outre les père noël, il brisa quelques vitres et décapita un canari dont la cage était suspendue un peu plus loin.
Une vingtaine de coups puis le silence…
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Une fois le forfait accompli, enfin, il se sentit disposé à se coucher.La porte d’entrée, chez lui, était ouverte et c’est dans son lit que les policiers venus pour l’appréhender le découvrirent. Il ronflait, comme un bienheureux, complètement nu, son arme posée à ses côtés.
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