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vendredi 8 avril 2011
Les lieux d’une rencontre - Rouen
297e jour - Ce qui me trouble, quand j’observe les photos que Yannick a rapporté de son périple à Rouen (celles de la rencontre d’hier), c’est de découvrir à quel point j’éprouve la sensation de connaître les lieux.
Je sais, par exemple, que tel carrefour débouche sur le boulevard des Docks. Je sais que telles cuves rayées de mauve et de blanc, pour leur part, sont situées au nord de la zone, du côté du boulevard de Brossolette.
Les lieux me sont familiers,
incroyablement. C’est très étrange.
Étrange et fascinant. Est-ce un leurre ?
Bien sûr, je m’interroge sur la réalité d’une telle impression. je ne sais qu’en penser.
De plus en plus, je m’emplis d’une
certitude : il va falloir, un de ces jours,
que je fasse mon baluchon et que je parte à la découverte des paysages que j’ai déjà explorés. Que ce soit à Rouen, à Detroit
ou Manchester, peu importe. Il va falloir que je me décide à passer de l’autre côté du miroir.
jeudi 7 avril 2011
La rencontre, chap.7 - Mots croisés
296e jour et 7e Rencontre. C'est Yannick Vallet, cette fois-ci, qui est le maître du jeu. Il écrit :
Comme tu le sais, il y a quelques années j'ai tourné un court métrage sur le Port de Rouen. Cette photo (la photo ci-dessus, ndlr) est d'ailleurs tirée du plan d'ouverture du film.
Je ne suis jamais retourné sur les lieux de ce tournage cauchemardesque, mais de très nombreuses images me reviennent souvent en mémoire.
Des images glanées le long d'une route que j'ai empruntée de nombreuses fois en voiture, de jour comme de nuit, une route qui longe la Seine sur sa rive gauche, de Rouen au petit port de La Bouille. Cette route, jalonnée sur près de dix kilomètres d'industries, de dépôts, d'entrepôts, de raffineries pétrochimiques et de friches industrielles suit, côte à côte, le même chemin qu'une voie ferrée sur laquelle roulent essentiellement des trains de marchandises.
C'est donc cette route - et ses alentours - que je te propose d'explorer. Elle se nomme d'abord (du Petit-Quevilly jusqu'à Petit Couronne) Boulevard de Stalingrad puis elle prend le nom de Boulevard Maritime jusqu'à la zone portuaire de Petit Couronne.
Nulle doute que tu vas y trouver (une partie de) ce que tu cherches ...
Je te joins également un plan sur lequel j'ai indiqué en rouge le trajet que je me suis décidé à ré-emprunté, une ultime fois.
Voilà. Armé de mon plan, je débarque dans le port de Rouen !
J’ouvre les yeux en grand. Sur des feuilles volantes, je consigne tout. À commencer par les mots sur les panneaux routiers. Ils indiquent des directions possibles, ou des vitesses à respecter, ou alors ils alertent sur de potentiels dangers.
On peut lire, au hasard : A13, A28 (flèches vers la gauche). Et en-dessous : Grand Couronne, Oissel, Elbeuf (flèches également vers la gauche).
Ou bien : DEBUT de zone de stationnement interdit, FIN de zone à 10Km/h (panneaux carrés, fonds noirs et lettres blanches).
Ou alors : Rouen, Gd-Quevilly, Quai de Pt-Couronne.
Déviation (lettres noires sur fond jaune).
Trous en formation (panneau d’alerte à fond jaune).
Sur le bord de la route, il y a des tas (des tas de tas) – de sable, de gravats. Au-delà, se succèdent friches et complexes industriels. Je croise de drôles d'engins et de drôles de machines. Et des enfilades de hangars, d'entrepôts.
Et puis, il y a la Seine que j'aperçois parfois et que sinon je devine n'être jamais très loin.
Lincoln Electric.
Caen, Le Havre, Le Mans (panneau d'autoroute).
Rouen, Terminal Forestier, Smédar, Z.I. des Patis (comme autant de directions possibles sur un panneau à l’approche d’un rond point).
Il y a des flaques au sol, de gros blocs de pierre sur le bas-côté pour éviter, sur certaines sections, que les automobilistes ne soient tentés de se garer – et quand ce ne sont pas des blocs de pierre, ce sont des pièces de béton.
Il y a des détritus partout : enjoliveurs, bouteilles en plastique, éclats de papier.
Et des parkings moyennement pleins, et donc moyennement vides.
D’autres panneaux de bord de route dont certains me ravissent : Chargement Bitumes (flèche vers la droite), Chargement Huiles (flèche vers la gauche). Hangars 114 à 105 (vers la droite), Hangars 145 à 160 (vers la gauche). PORT FLUVIAL Hangars 184 à 187…
Et d'autres panneaux plantés dans les terrains alentours, ou fixés à des grilles ou des grillages. Il peut être écrit, au choix : DÉMOFER Démolitions (suivi d’un numéro de téléphone) ou SIDAFER (peinture murale en grande partie effacée).
Ou alors CASHMETAL, Achète CASH vos déchets métalliques !
Et plus loin : ACCES FERME, sauf secours, se présenter rue de l’Industrie (sur une grille d’usine). Et RUBIS TERMINAL, Dépôt HFR, Accès SECOURS-POMPIERS, Bureau principal à 500 m.
J'aimerais me rapprocher de la Seine, pouvoir la longer, la frôler. Mais ce n'est visiblement pas possible : l’accès à l'eau est réservé aux usines.
À plusieurs reprises, je croise des ouvriers (bleu de travail) assis sur des murets et qui attendent on ne sait quoi.
Et puis d’autres panneaux encore : ATSI Normandie, Assistance Technique Sécurité Industrielle (sur un panneau fixé à un grillage), Mobilier de Bureau (lettres jaunes sur fond vert).
Et puis Airwan, Samat, Carpentier, Toffolutti, Mineral Service, Les Maçons du paysage...
Sur un panneau de toute évidence prévu à d'autres usages, est collée une affiche pour un meeting, avec Olivier Besancenot (je reconnais son visage avant même de déchiffrer les mots).
Plus loin, je relève tout un lot de chiffres sur des cuves : 711, 712, 714 ou 720...
Et plus loin encore, sur un mur d'enceinte, une sorte de tag technique, fait à la bombe : 1+285 Assainissement (quel sens donner à pareille association de chiffres et de
lettres ?).
Il y a des jardins ouvriers, des fruits, des légumes, des hommes, souvent âgés, qui sont là pour arroser ou pour bêcher.
Et d’autres mots encore : Boulevard Maritime, Boulevard Sonopa, Port de Rouen, Douane, Voies ferrées, Feu Clignotant, Feux clignotants, Défense d’afficher, Toutes directions, Accès réservé, Cédez le passage, Parking visiteur...
Il y a une forme de poésie dans tout ça.
Je relève aussi les mots affichés sur les bâches des camions transporteurs : SNAT 44 St-Nazaire, SERVICE (lettres massives, jaunes sur le fond noir d’un utilitaire garé en bord de route), LOGWEST, Logistique conseil, Jean Devay, Nantes-Carquefou.
Ou bien : A.J. Veurink Int. Transportbedrifj, P&O Ferrymasters, Lemaitre, le transport grand format, Bipa Menuiserie pvc, l’art de s’adapter, portes, fenêtres et volets, 4, boulevard Jules Ferry Soissons.
Régulièrement, le long des voies, apparaît le mot ARRÊT (lettres disposées les unes au-dessus des autres). Je me demande combien de trains circulent encore.
Ermewa-Sati est inscrit sur un wagon isolé, Simotra sur plein d’autres qui, eux, sont en convoi.
Et puis il y a ce nom sur la proue d’un tanker – le seul vraiment visible : Stolt Razorbill !
Stolt Razorbill. J’ai l’idée d’aller voir sur internet s’il est possible de dénicher des informations. Et, surprise, j’en trouve. Bien plus que je ne l'espérais.
J’apprends par exemple que le Stolt Razorbill, selon la nomenclature, est un chimiquier construit en 1995 et battant pavillon anglais. Il fait 100 mètres de long sur 17 de large.
Je relève à son sujet – c’est fascinant – tout un vrac d'informations qui évoquent, pour moi qui suis inculte en matière de navigation, un profond exotisme : port en lourd, tirant d’eau, creux sur quille...
Mais plus fou encore, je découvre par rebond que l’on peut savoir, à chaque instant, magie du GPS, où se trouvent tous les navires du monde et parmi ceux-ci, bien sûr, le Stolt Razorbill !
Il suffit de chercher sur marinetraffic.com. Le site propose une carte, façon Google Maps. Ensuite, il n'y a qu’à taper le nom et voilà : le chimiquier se trouve en ce moment du côté de Liverpool. Ces derniers temps – il faut dire que l'on a également accès à l'historique de ses déplacements ! –, il était à Anvers ou Rotterdam.
Il devrait bientôt reprendre la mer – c'est ce que je crois comprendre. Et je me promets de suivre dorénavant – je m'estime attaché à sa destinée – l'ensemble de ses déplacements.
Mais l'aventure ne s'arrête pas là.
Une Rencontre est une pièce à deux faces. Vous venez d'explorer l'une d'elle. Il vous reste à découvrir la seconde. Pour cela, c'est très simple, il suffit d'aller sur Deux ou trois choses, le blog de Yannick Vallet. Aujourd'hui est mis en ligne son reportage dans le réel du côté du port de Rouen – là-même où je viens de virtuellement me promener.
Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai hâte de voir ce qu'il a ramené – et de confronter nos collectes respectives.
La porte d'embarquement pour cet autre voyage est ici :
La Rencontre côté Deux ou trois choses.
vendredi 4 février 2011
Des réactions à la Rencontre d'hier
234e jour - La Rencontre d’hier a occasionné – c’est chouette ! – la réception d’une
foule de mails.
Il y a eu de mots d’encouragement, pas mal. Et puis des commentaires, des réactions.
De Stéphane F., par exemple, qui m’a écrit pour signaler qu’il avait visité le centre de retraitement lors des journées du patrimoine. Il termine son courrier sur une remarque amusée : “Je me demande aussi si l’on voit plus ces cheminées que la tour Eiffel depuis les rues de Paris ! Ce serait un comble tout de même.”
Ou alors de Jean-Luc V. Je cite : “Etant un fervent lecteurs de vos pérégrinations Googliennes et réelles, votre dernière aventure (N°6) autour de l’usine d’Ivry m’a très sérieusement interpellé !
En effet, le SYCTOM étant un de mes clients depuis quelques années, il m’a été donné de visiter l’intérieur. […]
Pour revenir à Ivry et pour l’anecdote, ce n’est pas la plus importante des usines de traitement de la région parisienne mais par contre c’est le site le plus ancien, en effet à la fin du 19e (à vérifier mais il me semble bien que c’est ça) sur le même site il y avait déjà une usine de traitement des déchets de la métropole parisienne (et oui fallait bien se débarrasser des déchets même s’il y en avait moins que maintenant).
Les deux cheminées ont très souvent été utilisées pour illustrer des articles sur la pollution en région parisienne, la plupart du temps par ignorance des utilisateurs des images et ceci au grand dam de la com du Syctom ! Les filtres installés sur les deux cheminées permettent d’obtenir un taux de rejet dans l’atmosphère de particules nocives d’environ 60 % en dessous de la norme préconisée !!! C’est donc moins polluant que nos pots d’échappement (étonnant non !?)
Pour en savoir plus (y’a pas mal d’infos sur Ivry) : http://www.syctom-paris.fr/edi/traiter/hist/index.htm”
jeudi 3 février 2011
La rencontre, chap. 6 - Nouvelle formule !
233e jour - Les Rencontres Dreamlands/Deux ou trois choses changent de formule. La nouvelle règle du jeu : on ne propose plus une image mais un lieu d’exploration. Au jour J, on publie – Yannick Vallet, moi – au même instant le fruit de nos reportages respectifs, lui dans le réel, moi dans l’immatériel…
Pour cette nouvelle aventure, j’ai proposé, parce qu’elles me fascinent, les deux cheminées du centre de traitement des ordures ménagères d’Ivry – tout juste à la sortie de Paris…
2. Je ne me souviens pas de la première fois où je les ai vues. C’est un peu comme si elles avaient toujours fait partie du décor.
3. Je les vois régulièrement quand je prends le train vers le sud – gare de Lyon ou gare de Bercy – et c’est toujours un enchantement.
4. Les volutes qui s’en dégagent, parfois, se fondent avec la grisaille du ciel si bien qu’on pourrait les croire fabriques de nuages.
5. Elles me fascinent – elles sont aussi déterminantes dans la construction mentale que je me fais du paysage parisien que la tour Eiffel ou le Sacré-Cœur par exemple. C’est d’autant plus vrai que ces derniers monuments, je ne les aperçois finalement que très peu.
6. Jamais elles ne semblent s’arrêter de cracher... Et les panaches de vapeur d’eau qui s’en dégagent, fonction de la lumière, des courants de l’air, épousent mille formes, mille couleurs.
7. Ambivalence. Elles ont tout à la fois quelque chose d’angoissant – on ne sait pas trop ce qu’elles recrachent – et d’apaisant – elles sont le pouls de la ville, sa respiration.
8. Elles sont associées pour moi – avant tout et à tout jamais – aux Bluets, la maternité dont une partie des chambres et des salles de travail donnent sur leurs sommets.
Des Bluets, j’ai eu le temps de les observer, longuement – avant et après que Sacha soit né.
9. J’ai caressé le projet de les photographier de l’ensemble des points de Paris à partir desquels elles sont visibles. Et de dresser une carte aussi, sur laquelle seraient indiqués les rues d’où elles sont observables. C’est, d’une certaine façon, ce que j’ébauche ici.
10. Si j’en crois la documentation accessible sur le net, les gaz de combustion, avant d’être rejetés, sont épurés ; ils sont lavés à travers un filtre formé de fines particules d’eau ; ils sont analysés au cœur même de la cheminée.
11. Se documentant, on peut également apprendre que le centre d’incinération dispose d’une capacité de traitement de 730 000 tonnes d’ordures ménagères par an – et aussi, corollairement, qu’un habitant de la région parisienne produit plus de 500 kg de déchets ménagers par an !
12. J’ai amassé des images – pas tant que ça, en fait, car la lumière était souvent médiocre. Je suppose que Yannick en a fait tout autant. Je l’imagine volontiers, appareil à la main et tournant autour de l’usine de retraitement ou alors cherchant un promontoire alentour, histoire de disposer d’un point de vue dégager.
Sans doute a-t-il écrit aussi. Je ne sais pas. C’est une surprise – pour moi comme pour vous – et c’est ici : Deux ou trois choses.
Séance de rattrapage. Les Rencontres 1 à 5 sont accessibles à partir de l’onglet Rencontres en haut de page.
vendredi 17 décembre 2010
La rencontre, chap. 5
192e jour - Après m’avoir envoyé à Londres – du côté de Notting Hill – ou à New York – dans le Lower East Side –, Yannick Vallet a décidé, cette fois-ci, de me faire découvrir de nouveaux exotismes en me parachutant à Grandvilliers dans l’Oise.
Ses indications :
Direction la Picardie, sur la route de Beauvais au Tréport. Je suis passé de nombreuses fois sur ce rond point de Grandvilliers et je me suis toujours demandé comment l’Hôtel de France d’une petite ville de l’Oise pouvait devenir chinois, avec buffet à volonté, et finir en HLM !
En effet, suite à une panne de la caméra, je suppose, ou alors à une série d’erreurs de traitement, les images – sur tout le territoire du bourg – sont dédoublées, fragmentées, découpées en bandelettes accolées les unes aux autres sans cohérence – et mal placées, qui plus est, en regard de ce que devrait être leur exact positionnement dans l’espace.
Je me suis perdu, beaucoup, donc. Je n’ai rien compris bien souvent du/des point(s) de la ville où simultanément je me trouvais... Mais bon, une fois l’expérience passée, je me dis que cela donne parfois des images étranges, voir fascinantes. Et je m’en réjouis.
Maintenant, si vous voulez en savoir plus sur l’image de Yannick Vallet, il faut vous rendre – il suffit d’un clic – sur Deux ou trois choses, son blog.
Quant aux précédentes rencontres, si vous les avez manqué, elles sont ici.
mardi 19 octobre 2010
La rencontre, chap. 4
Rencontre : rendez-vous mensuel.
Parfois c’est Yannick Vallet, photographe, qui m’envoie en reportage dans
Google Earth sur les lieux de l’une de ses photos ; parfois c’est moi qui propose
une de mes images dans StreetView – c’est le cas aujourd’hui – et c’est lui qui part alors
enquêter dans le réel.
Un jour – après avoir visité l’exposition Dreamlands à Beaubourg – je me suis dit que ce serait bien de faire une série sur les parcs à thèmes. Je suis allé jeter un œil du côté de Marne-la-Vallée. Je suis tombé, entre autres, sur l’image ci-dessus. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai immédiatement pensé à Yannick (peut-être parce qu’il est également vidéaste/cinéaste). Ça m’est apparu comme une évidence : il fallait que je l’envoie en mission à Eurodisney !
Et voici donc le point de départ de notre quatrième rencontre.
L’image est prise pas très loin des tourniquets des entrées. À proximité, sur la gauche, il y a le bâtiment d’Armageddon – les effets spéciaux (tout un programme) ; à l’arrière-plan, se trouve le Hollywood Tower Hotel. Je ne sais pas si la zone est payante ; je ne sais pas si le véhicule à chenilles est encore là aujourd’hui (je ne sais pas non plus, du reste, à quel film il fait référence…). Mais ce que je sais, c’est que je suis très curieux – j’espère que vous le serez aussi – de voir ce que Yannick a ramené de son “reportage” autour de cette image. Le résultat est ici :
Deux ou trois choses, le blog de Yannick Vallet.
Et si vous avez manqué les premiers épisodes de nos aventures – ou si vous voulez y jeter un œil à nouveau –, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :
Les autres rencontres.
Parfois c’est Yannick Vallet, photographe, qui m’envoie en reportage dans
Google Earth sur les lieux de l’une de ses photos ; parfois c’est moi qui propose
une de mes images dans StreetView – c’est le cas aujourd’hui – et c’est lui qui part alors
enquêter dans le réel.
Un jour – après avoir visité l’exposition Dreamlands à Beaubourg – je me suis dit que ce serait bien de faire une série sur les parcs à thèmes. Je suis allé jeter un œil du côté de Marne-la-Vallée. Je suis tombé, entre autres, sur l’image ci-dessus. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai immédiatement pensé à Yannick (peut-être parce qu’il est également vidéaste/cinéaste). Ça m’est apparu comme une évidence : il fallait que je l’envoie en mission à Eurodisney !
Et voici donc le point de départ de notre quatrième rencontre.
L’image est prise pas très loin des tourniquets des entrées. À proximité, sur la gauche, il y a le bâtiment d’Armageddon – les effets spéciaux (tout un programme) ; à l’arrière-plan, se trouve le Hollywood Tower Hotel. Je ne sais pas si la zone est payante ; je ne sais pas si le véhicule à chenilles est encore là aujourd’hui (je ne sais pas non plus, du reste, à quel film il fait référence…). Mais ce que je sais, c’est que je suis très curieux – j’espère que vous le serez aussi – de voir ce que Yannick a ramené de son “reportage” autour de cette image. Le résultat est ici :
Deux ou trois choses, le blog de Yannick Vallet.
Et si vous avez manqué les premiers épisodes de nos aventures – ou si vous voulez y jeter un œil à nouveau –, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :
Les autres rencontres.
jeudi 9 septembre 2010
La rencontre, chap. 3
Salut Olivier,
Alors voilà. Je t’envoie cette nouvelle photo pour notre chapitre 3.
Je l’ai faite en septembre 1990. Le CBGB (situé au 315 Bowery) dans le quartier new yorkais du «Lower East Side» est maintenant fermé, mais je suis très curieux de savoir ce qu’est devenu, tout juste 20 ans après, ce haut lieu de l’underground et ce quartier que j’adorais ...
Yannick
C’est sans doute difficile à concevoir mais c’est ici que naquirent, au cœur des années 70, rock underground et scène punk US. C’est là qu’eurent lieu les premiers concerts des Ramones, ou que se produisirent des débutants bientôt célèbres comme Patti Smith, Blondie, Television, Mink DeVille ou Talking Heads.
Avenue A : You’re attack. B : beaten. C : cutten. D : you’re dead.
1973, le Lower East Side est encore incandescent quand Hilly Kristal décide d’y ouvrir un club à deux pas de l'Avenue A. Il reprend le défunt “Palace Bar”, il l’appelle le CBGB – ou plus précisément, pour être complet, CBGB & OMFUG (acronyme de Country, BlueGrass, Blues and Other Music For Uplifting Gormandizers – Country, bluegrass, blues et autres musiques pour gourmandiseurs raffinés). Mais pas évident alors de programmer country ou bluegrass dans un coin comme Bowery. Alors Hilly Kristal accepte d’ouvrir les portes de son club à d’autres musiques – il est sollicité par les groupes de la future scène punk. Television est le premier à y jouer. Puis viennent les Ramones… Et le CBGB entre dans l’histoire de la musique sauvage.
De nouveaux noms apparaissent, Jeff Buckley, Guns N’Roses, Sonic Youth…
Le club réussit à rester vivant, dans les années 80, en abritant également l’émergente scène hardcore.
En 2005, suite à une série de loyers impayés, le propriétaire des lieux ne renouvelle pas le bail… Après presque un an de sursis, le club finit par fermer définitivement le 15 octobre 2006. C’est Patti Smith qui a l’insigne honneur d’offrir l’ultime concert du CBGB.
Le club a depuis été remplacé par la boutique d’un styliste, ancien de chez Ralph Lauren et Calvin Klein. Et par ce qui se veut être une galerie d’art spécialisée dans la photo de musiciens : le Morrison Hotel Gallery. On y vend des tirages glacés sans doute très beaux mais…
Je ne crois pas qu’il faille être particulièrement nostalgique pour penser que les lieux tels que Yannick les a photographiés sont autrement plus riches en vie, en mouvement que ceux que l’on découvre aujourd’hui dans StreetView.
Voilà.
Si vous voulez en savoir plus sur l’image de Yannick Vallet ou sur son travail photographique en général, il faut sur le champ vous rendre sur Deux ou trois choses, son site. C’est ici : Deux ou trois choses.
Quant aux chapitres 1 et 2 de nos aventures, ils sont rangés à “rencontre” sur chacun de nos deux blogs.
Et sinon, pour ceux que ça intéresse, je poste demain sur Dreamlands une promenade dans le quartier alentour (New York, quoi qu’on en dise, reste New York).
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