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mercredi 21 juin 2017

Revenir sur les lieux d’une image - Belfast


1988e jour - C’était en 1977, le 20 octobre pour être précis. Les Clash devaient jouer le soir même à l’Ulster Hall. Le concert allait être annulé à la dernière minute officiellement pour des questions d’assurances (en réalité, il semblerait que Joe Strummer ait reçu des menaces de mort suffisamment convaincantes pour qu’il préfère ne pas jouer). Au moment de la photo, prise par Adrian Boot, les membres du groupe ne le savaient pas.
L’histoire est souvent la même : quarante ans après, il ne reste presque rien des lieux de l’image : une église au loin, des piliers marquant l’entrée d’un lieu public… Difficile de deviner ce qu’ont pu devenir ces hommes en armes qui encadrent le groupe sur la photo…

Et un petit merci au passage à V. L. qui m’a mis sur le chemin de cette image.

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mardi 7 mars 2017

La deuxième mort du héros - Belfast


1912e jour - Aujourd’hui, à Belfast, j’ai voulu aller voir ce que devenait une peinture murale que j’avais visitée en août 2010. Cette peinture honorait Georges Best, l’homme qui avait été capable, lors d’une interview de déclarer : “J’ai dépensé 90% de mon argent en alcool et en femmes. Le reste, je l’ai gâché”.
À ma grande surprise – à mon désarroi ! –, l’homme balle au pied n’est plus là, sur le mur pignon de Woodstock Road. Il a été remplacé par un arbre naïf, un petit chemin, un ruisseau…
Pas sûr que je revienne dans le coin de sitôt. 

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mardi 5 février 2013

Au nord de la ville - Belfast

940e jour - Au nord de la ville donc.
Je ne sais pas si je suis déjà dans Old Park ou dans Newtownabbey.
Peut-être suis-je encore dans Belfast.
Je marche…







 
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lundi 4 février 2013

Tout ce qu'on ne voit pas - Belfast

939e jour - Rathcoole. Limites du quartier (limites de la ville).
On est au bout d'une impasse. D'ailleurs, si l'on pivotait de 90° sur la gauche, on apercevrait une barrière rouillée mise là pour ne pas qu'il vienne à l'esprit des rares automobilistes de faire une rampe de lancement du terre-plein qu'il y a dans le prolongement.
Si l'on pivotait encore, on verrait des maisons ouvrières telles qu'on en trouve des milliers à Belfast (je veux dire en Irlande, en Écosse, en Angleterre…).
Si l'on traversait les murs de ces maisons, au hasard, on tomberait sur un homme – maillot de foot électrique et survet' – vautré sur un canapé face à un match de Premier League.
Ou alors sur une femme debout dans sa cuisine – maillot de foot électrique et survet' – occupée à ouvrir une boîte de conserve format familial. Avec une petite fille dans les pattes, la petite fille jouant à coiffer sa poupée (un genre de Barbie).
Ou alors ce serait deux garçons, pré-adolescents (maillot de foot pour l'un, sweat à capuche pour l'autre), occupés à sauter sur leurs lits avec dans la main des simulacres d'armes – visages grimaçants, distordus, agressifs.
Ou alors ce serait l'aînée de la famille, bientôt 18 ans, pull à paillettes moulant, jupe extra-courte, maquillage outrancier, assise sur son lit face à un ordinateur, un écran. Sur l'écran, il y aurait un garçon sensiblement de son âge, peut-être un peu plus vieux. Il lui demanderait, suppliant, depuis cinq bonnes minutes déjà, de relever son pull. Mais pour l'instant elle ne le ferait pas. Elle se contenterait de glousser.
 
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dimanche 3 février 2013

Rathcoole toujours - Belfast

938e jour - Promenade dans Rathcoole, quartier nord de Belfast, populaire, protestant. Pléthore de signes d'appartenance à la couronne (combien d'Union Jack croisés ? combien de croix de saint Georges ?), pléthore d'enfants dans les rues (maillots de foot, cheveux longs et blonds pour les filles ; coupés courts pour les garçons).
 
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samedi 2 février 2013

Rathcoole - Belfast

937e jour - Lecture d’Eureka Street de Robert McLiam Wilson.
Extrait (page 13) :
Le lendemain matin, Rathcoole, un quartier protestant dans la partie nord de la ville, béton et froid. Huit heures à peine et nous opérions notre troisième mission de la journée. Et me revoilà à travailler le samedi. Nous avons commencé à six heures et demie avec un salon trois-pièces chez un jeune couple endormi et angoissé. La femme avait pleuré et l'homme dégluti non sans mal en la réconfortant et en regardant nos silhouettes massives emporter son mobilier. Puis nous avons récupéré un frigo, un micro-ondes, une guitare électrique et un VTT chez une famille habitant à la limite du quartier. Leur maison semblait fabriquée en carton et ils avaient l'habitude des visites inopinées. Quand nous avons fait irruption chez eux, ils étaient tous couchés, sauf le gamin de sept ans. le père de famille a brièvement râlé, mais personne n'a envie de se bagarrer en pyjama. Ils n'ont donc opposé aucune résistance.
 
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vendredi 7 octobre 2011

Logique de l'emboîtement











466e jour - Wikipédia : Selon la norme ISO (Organisation internationale de normalisation) établie en 1967, il y a trois grandes séries de conteneurs dont la longueur est respectivement de 20 pieds, 30 pieds et 40 pieds. Tous les conteneurs de ces trois séries ont la même largeur, 8 pieds, ce qui a permis le développement des navires porte-conteneurs.
[…]  
Les statistiques de transport intermodal sont généralement estimées en unités « EVP », soit « équivalent vingt pieds ». Les premiers cargos 8 500 EVP sont entrés en service au début des années 2000 et leur taille et capacité n'ont cessé de croître. En 2006, la compagnie danoise Maersk a lancé l’Emma Maersk qui a une capacité de 11 000 conteneurs et est le plus long bateau du monde en activité.
[…]
Un conteneur simple de 20 pieds coûtait en 2007 environ 1 400 € pour une durée de vie de 15 ans. 
Les images ci-dessus ont été prises, dans l'ordre…
à Brême
au Havre  /  à proximité du Havre  /  à Belfast
au Havre  /  à Hong Kong  /  à Lisbonne
à Macao  /  à Minneapolis  / à Osaka
à Dublin

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jeudi 6 octobre 2011

Hamburg Süd, la migration

465e jour - Ce pourrait être le même container dont on suivrait les migrations au fil du temps : un jour en Europe, plus tard en Asie, plus tard encore en Amérique.
Peut-être, du reste, est-ce ainsi que cela se passe. Peut-être les containers suivent-ils ce genre de route – peut-être se retrouvent-ils, de semaine en semaine, de mois en mois, à dériver d'un continent l'autre.
Les images ci-dessus ont été prises, dans l'ordre : au Havre, à Hong Kong, à Belfast, à Sydney, à Minneapolis.

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vendredi 22 octobre 2010

Fortuna Street - Belfast (5)


Une rue parmi d’autres dans une cité d’un quartier populaire. Si je me suis arrêté sur elle, c’est à cause de l’ironie de son nom : Fortuna Street.
On trouve là tous les signes extérieurs d’une zone sinistrée : portes et fenêtres condamnées par planches ou briques ; huisseries calcinées, carreaux cassés ; et puis des habitants désœuvrés qui passent leur temps posés sur le trottoir. À l’inventaire, il faut ajouter encore des paraboles en masse, des panneaux “For Sale” un peu partout, des tags…



Ici, cependant, parce qu’on est à Belfast, et en territoire loyaliste, il y a, tous les dix mètres, des Union Jacks qui claquent sur les façades.



Je tape “Fortuna Street, Belfast” dans Google pour voir. Les premières pages sont quasi essentiellement composées d’annonces immobilières. On vend – ou plutôt, on essaye de vendre – au 47 de la rue, au 33, au 34, au 31, au 9, au 18, au 50 – et la liste ne s’arrête pas là. Toute la rue y passe. Mais avec la crise économique…



Dans ces premières pages de Google, la seule information qui ne soit pas une annonce immobilière est le compte-rendu d’une enquête policière. On est en mars 2006 et des attaques à la batte de base-ball viennent d’être commises.  Elles semblent avoir pour origine des motivations raciales.



Voilà. Sinon, plus loin (une dizaine de pages plus loin), j’apprends qu’un certain William Johnston, catholique de religion et habitant de Fortuna Street, a été tué par balle le 21 décembre 1991 à son propre domicile. Le crime, selon l’article, aurait été commis par les Ulster Freedom Fighters (UFF) – mais dans ce genre d’affaire la prudence est forcément de mise.

Les autres posts sur Belfast :
Rock star du foot
Carpets direct
Happy pets
Woodstock Road

samedi 4 septembre 2010

vendredi 3 septembre 2010

Happy Pets - Belfast (3)

Fin de matinée à Belfast. Je viens de photographier la fresque murale réalisée en hommage à George Best (image ici) – j’ai fait le déplacement pour ça. C’est au tout début de Woodstock Road, du côté de la rivière Lagan.
Pas spécialement envie de repartir, du temps à perdre… Alors, je décide de remonter la rue, par jeu, de me laisser porter. Je me fixe comme objectif d’aller jusqu’à son autre extrémité – je ne sais pas du tout à quelle distance celle-ci se trouve.



J’avance. J’ouvre les yeux en grand – j’ai l’impression d’être en vacances.
J’engrange des images : des affiches publicitaires ou des peintures murales…



Ou alors, contre une grille jaune, des pages de journaux scotchées sur des panneaux sans doute pour les protéger lors de travaux de peinture.



Des devantures à mes yeux exotiques, ou alors des vitrines.



Un distributeur de babioles à figure humaine devant une superette.



Des gens qui retirent de l’argent ou qui attendent de le faire.



Un mur couvert de bâches noires – ça donne à l’ensemble du bâtiment un petit air interlope.



Ou encore une voiture de police jaune, grise et bleue, des ouvriers qui travaillent sur une charpente, un panneau “Private property strickly no ball games” devant une rangée famélique de parkings qui ne prête a priori pas au jeu.



Je m’arrête également devant une boutique Happy Pets dont le nom, il faut bien que je l’avoue, me ravit.