1177e jour - L’homme dit : Parce qu’ici, il y a eu Comaneci, on s’est tous rêvés sportifs de haut niveau, stars mondiales adulées par les foules. Moi, mon truc, c’était le foot.
On jouait sur un terrain vague pas très loin du gymnase où elle s’était entraînée – j’y voyais un signe.
Le terrain était plein de caillasses, collé au Casin, une saloperie de ruisseau. Trois fois par jour, il fallait aller récupérer le ballon dans la flotte – chaussures trempées ensuite et ballon lourd au moment de frapper ou, pire, de faire une tête. Mais, éducation communiste oblige, on savait qu’il faut souffrir pour y arriver…
J’ai passé des journées entières sur ce terrain.
Plus tard, j’ai joué en junior dans l’équipe d’Onești. J’ai sans doute rêvé d’être repéré par un recruteur venu de Bucarest. Mais aucun recruteur n’est jamais passé. Et puis, de toute façon, assez vite, à cause du boulot, des trois-huit, j’ai arrêté.
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jeudi 30 janvier 2014
mercredi 29 janvier 2014
L’envie d’aller voir - Onești
1176e jour - Lecture, extrait :
Nadia s’apprête, ce jour-là, à réaliser un salto classique. Est-ce son corps qui, pour ne pas mourir, cherche une échappatoire au moment où ses mains glissent et qu’elle rate la barre, son bassin cogne violemment le bois ? Béla a bondi vers elle mais trop tard, de toute façon, si elle… ça sera toujours trop tard. Elle a réussi à s’agripper à la barre qu’elle a lâchée. Il lui propose un verre de limonade, une pause, elle refuse, très pâle, comme si elle allait vomir, puis se ravise, désorientée, abasourdie et surexcitée, aussi, car elle n’a pas chuté. Ils se taisent.
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Il est des livres qui donnent envie, par exemple, d’aller voir à quoi ressemble un gymnase perdu dans un bled du fin fond de la Roumanie, là où s’est entraînée, il y a une quarantaine d’année déjà, une petite gymnase prodige.Il est des livres qui happent.
La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon, éditions Actes Sud.
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