vendredi 30 septembre 2016

Ne pas bouger - Blackpool


1809e jour - Homme statue… Imaginer les jours de grosses chaleurs (même à Blackpool, il y en a). Imaginer les jours de pluie. Et le vent en rafale. Imaginer les enfants relous et les gars avinés, les punks de passage. Imaginer les heures qui passent sans même que personne ne s’arrête.

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jeudi 29 septembre 2016

Secrets - Blackpool


1808e jour - La façade n’a rien d’exceptionnel et le quartier n’est en rien folichon mais le mot – Secrets ! –, interpelle. Il donne envie de savoir ce qui se trame derrière vitres et rideaux. Un site internet (secretsofblackpool.com) est là pour donner un semblant de réponse. On y trouve des photos d’un salon : murs rouges, miroirs, colonne capitonnée, canapé de cuir et fauteuils – et même une télé, écran plat, face au canapé, s’il s’agit de patienter.
Sur le site, il y a aussi deux photos d’une salle de bain entièrement carrelée – une baignoire sans intérêt, un lavabo des plus simples. Et l’on se demande si ces photos d’une salle de bain plutôt insignifiante sont là pour dire l’hygiène possible ou bien la possibilité de jeux sexuels spécifiques.
Il y a des photos de chambres, deux – rose, rouge, fanfreluches, coussins tout en peluche. Sur l’un des lits photographiés sont posés des escarpins, talons pointus.
Ailleurs sur le site, rubrique “Our Girls” (No booking required, just come along straight to our place on Cookson Street, Blackpool!), on découvre des “portraits” succincts, associées à des séries de photos en dessous sur lesquelles jamais les visages ne se voient :
AGNES  /  Age: 29  /  Dress size: 12  /  Bust: 38 D  /  Profile: Young and Beautiful
Ou alors :
KAYA  /  Age: 25  /  Dress size: 8  /  Bust: 36 C  /  Profile: Young and Beautiful
Sachant cela, on se dit qu’on n’est guère plus avancé. Difficile de concevoir les mystères de vies passées dans pareils espaces.

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mercredi 28 septembre 2016

Revenir - Blackpool



1807e jour - Même si elles éveillent chez moi un semblant de nostalgie, j’aime – c’est plus fort que moi – voir les traces du temps qui passe. J’aime retrouver les lieux après que des années se soient écoulées.
Aujourd’hui, c’est à Blackpool que je suis retourné – je m’y étais promené en avril 2012. À l’époque, j’avais été intrigué par une série de portraits sur une palissade, et notamment celui d’une femme dont je me demandais ce qu’elle avait bien pu faire pour être ainsi exposée. Je n’ai jamais eu la réponse et la palissade depuis a perdu ses couleurs (au-delà, le chantier lui ne semble pas avoir avancé).





À l’époque, je m’étais également intéressé à une cabine de voyance sur la promenade – celle de Gipsy Lee/Sarah Petulengros. À la place, maintenant, il n’y a plus qu’un grand vide. La voyante a déménagé côté plage, dans une cahute pleine de baies vitrées (j’ai retrouvé sa trace grâce à la presse locale). Aux dernières nouvelles, elle va bien.

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mardi 27 septembre 2016

Où est l’image ? - Newark

1806e jour - Expérience du jour : photographier un appareil factice dans un monde virtuel. Se demander, ce faisant, si l’on est photographe.

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lundi 26 septembre 2016

Le début d’une histoire - Newark

1805e jour - les images sont pour moi des déclencheurs. Il suffit, dans un appart’hôtel, que je tombe sur un fauteuil tournée vers une baie vitrée pour que j’imagine aussitôt un homme qui attend une femme. Il vient de l’avoir au téléphone. Il lui a demandé de venir le rejoindre. Elle a accepté – le temps de passer chez elle se changer, de prendre une douche (elle sort du boulot)…
Il attend. Fébrilités, impatiences. Pour l’instant, il n’ont échangé que par mail, par téléphone. Ils ont skypé aussi un peu. Il se demande s’ils vont coucher ensemble. Il ne sait rien ou presque de son corps. Il rêve de caresses, de contacts. Il attend de voir sa voiture arriver, il sait que c’est un Cruiser rouge.
Les minutes défilent puis les heures.
À partir de là, l’univers des possibles est des plus vastes.

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vendredi 23 septembre 2016

Une nuit chasse l’autre - Newark

1804e jour - Quitter la nuit tunisoise pour plonger dans celle de Newark, New Jersey. Voir cela comme un jeu des différences (pas plus de monde sur la photo mais les néons, les enseignes, les larges trottoirs…).
Se mettre à rêver d’un Street View essentiellement de nuit avec, en plus, pourquoi pas, le son, les odeurs, la pression de l’air… Rêver de téléportations nocturnes.

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jeudi 22 septembre 2016

De nuit - Tunis

1803e jour - Un chien errant, une voiture de loin en loin sur le boulevard un peu plus haut, les stridulations d’un grillon. L’absence de toute présence humaine…
Nécessité pour tout voyageur : découvrir une ville à l’heure où les rues sont vides.

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mercredi 21 septembre 2016

Mes rêves - Bangor

1802e jour - La vérité est que régulièrement je rêve – que j’ai toujours rêvé en fait – d’un monde où il existerait des encyclopédies hyper exhaustives sur tout : les pylônes, les barbelés, les briques utilisées de par le monde ou bien les différents types de containers à déchets, ville par ville. Internet tient un peu de cet univers encyclopédique, c’est vrai (c’est pour cela même que j’aime m’y plonger) mais peut-être parce que je suis le fruit d’une autre époque, dans mes rêves, les encyclopédies sont de papier. Je me vois feuilletant durant des heures, je me vois m’y perdre.

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mardi 20 septembre 2016

S’asseoir là - Bangor


1801e jour - Bangor, Irlande du Nord, je viens de le découvrir, est la ville dont sont originaires les membres de Two Door Cinema Club alors je m’assois là, à la marge de la ville, sur un banc face à la mer et je laisse flotter dans ma tête des airs, des chansons – Next Year, Handshake, The World is Watching, Cigarettes In The Theatre, This Is The Life…

Plus tard, attendant la pluie sur un autre banc un peu plus loin (pas grand chose d’autre à faire), les yeux rivés à l’écran de mon téléphone, je me documente et découvre que si le groupe s’appelle ainsi c’est à cause d’une erreur. Au départ, il devait s’appeler “Tudor Cinema Club” en référence à un cinéma de Dublin mais le graphiste devant travailler sur leur première affiche avait mal compris. Le nom est resté.

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lundi 19 septembre 2016

Party Treasures - Bangor

1800e jour - À Bangor, Irlande-du-Nord, je me suis demandé : à quoi est-ce que je ressemblerais avec une moustache (et avec une perruque) ?

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vendredi 16 septembre 2016

Une nuit sur Jackson Hole

1799e jour - Par curiosité, se connecter à la Livecam du centre ville, celle mentionnée hier. Trouver l’obscurité. Deviner la pluie dans les faisceaux des lampadaires. Observer, régime de nuit, les feux qui clignotent. Guetter les rares voitures, espérer un passant.
À six heures, relever que les feux passent au régime de jour : vert, orange, rouge, vert, orange, rouge…. Une voiture puis une autre. Un camion.
Toujours la pluie.
Imperceptiblement, la clarté gagne. Dans le même temps, le trafic s’intensifie. En prendre note.
À sept heures passées, être heureux à la première personne – une femme – qui traverse avec, en main, un parapluie.









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jeudi 15 septembre 2016

L’autre monde - Jackson Hole

1798e jour - À travers Vice, je suis tombé sur Jackson Hole, Wyoming, à peine plus de 10 000 habitants, bourg posé au fond d’une vallée aux abords du parc national de Grand Teton. La ville, au départ, n’a rien de vraiment remarquable : un passé écoulé au rythme de vies de trappeurs, un instant de gloire le temps d’un tournage de film (en 1985, la vallée fut utilisée comme décor de Rocky 4 lorsque Stallone est sensé s’entraîner en Sibérie).

Mais aujourd’hui Jackson Hole fait le buzz depuis qu’elle a fait installer une foule de livecam en ville comme aux alentours pour promouvoir le tourisme : “Et ça marche à 
fond : il y a une caméra qui filme un magasin baptisée « Buffalo Meat Webcam », et une autre qui filme la superbe rivière Hoback. Mais c’est la place centrale – qui ressemble fortement à une intersection, en vérité – qui compte le plus de spectateurs.” 
Des centaines de personnes se connectent chaque jour : “Les commentaires postés sur le livestream sont trop nombreux pour qu’on puisse vraiment les suivre, mais en gros, des milliers de gens s’amusent tout simplement à décrire tout ce qu’ils voient. « CAMION ! », « Porsche ! », « BATEAU ! »… Les véhicules de couleur rouge ont un certain succès, de même que les chiens.”

Je suis allé observer à mon tour. Il était midi à Paris, Jackson Hole était plongée dans la nuit (avenues vides de toute présence ou presque, feux clignotants aux intersections). Je suis allé voir aussi dans Street View. Je me suis amusé à repérer où étaient placées les caméras.
L’article sur lequel je suis tombé : Plein de gens pètent un câble devant le livestream d’un petit bled américain.

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