mercredi 20 juin 2018

On vit dans un monde merveilleux - Moscou






2209e jour - L’hôtel Zarechye. Sept étages de brique rouge. Des chambres individuelles ou doubles, des chambres pour quatre ou six, des dortoirs pouvant accueillir dix à douze personnes. Une nuit, dans une chambre individuelle, revient à 2000 roubles (27,40 euros). Si l’on accepte de partager la promiscuité d’un dortoir, les prix peuvent tomber jusqu’à 400 roubles (5,50 euros). L’hôtel Zarechye est, paraît-il, l’un des moins chers de la région. C’est sans doute aussi le plus proche d’une centrale jamais construit.



/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

mardi 19 juin 2018

Les avions dans le ciel - Cap d’Ail



2208e jour - Dans le premier manuscrit que j’ai présenté à des éditeurs (c’était il y a une quinzaine d’années), il était beaucoup question de traînées de condensation. À l’époque, je passais des heures à observer ces dernières. Je m’étais documenté aussi.
Dans les semaines qui ont suivi mon envoi, j’ai reçu quelques messages d’encouragement. Je suis même entré en contact, poussé, avec un éditeur (une éditrice en l’occurence) mais mon manuscrit n’est jamais devenu un livre. Parfois, je le regrette. Parfois, je me dis que c’est tant mieux, qu’un de ces jours, je reprendrai l’idée, vraiment, que j’écrirai – avec un peu plus de métier cette fois-ci – sur les avions qui traversent le ciel en y laissant des traces (plus ou moins) éphémères.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

lundi 18 juin 2018

Émois - Cap d’Ail


2207e jour - J’aime quand sur une photo l’eau semble résine, solide, dense, éclatante.
J’aime quand cette eau semble rayonner parce qu’éclairée de l’intérieur.
J’aime, observant cette eau figée, découvrir une multitude de bleus, de verts, de gris, et mille autres teintes encore.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

vendredi 15 juin 2018

Le couple des rochers - Cap d’Ail



2206e jour - Pas un chat dans les parages. Il n’y a qu’eux, et moi qui les observe…

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

jeudi 14 juin 2018

10 fois 5 rue Pierre Sémard - Paris et ailleurs











2205e jour - Parce que j’habite un 5, rue Pierre Sémard, je rêve d’explorer, de façon systématique, tous les 5 rue Pierre Sémard de France et d’ailleurs (il y en a plus d’une centaine).
Parce qu’elles honorent un syndicaliste (secrétaire général de la Fédération des cheminots CGT), dirigeant du Parti communiste français fusillé par les allemands en 1942, les rues Pierre Sémard sont souvent situées au cœur de communes ayant un passé de gauche. Elles ont dû connaître des époques heureuses mais aujourd’hui, les traversant, on croise plus souvent l’abandon, la ruine, que l’activité florissante. Ces rues Pierre Sémard disent quelque chose, me semble-t-il, d’une France des régions et des banlieues particulièrement secouées par la/les crise(s).
Images prises, dans l’ordre à Paris, Grenoble, Le Blanc-Mesnil, Nîmes, Oullins, Alfortville, La Voulte-sur-Rhône, Périlleux, Évreux et Bègles.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

mercredi 13 juin 2018

Vertigineux - Jeongdongjin Beach




2204e jour - De là-haut, la ville semble être un jouet, un circuit de train miniature. Les maisons, les voitures, on voudrait les saisir délicatement, entre deux doigts, pour les déplacer. Quant aux gens, c’est simple, on pourrait les croire pucerons fragiles, à la merci du moindre élan malveillant.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

mardi 12 juin 2018

Seul - Jeongdongjin Beach


2203e jour - Au départ, c’est elle qui avait eu l’idée : allez voir la mer. Hors saison. “T’imagines ? La plage rien que pour nous !”. Moi, je n’étais pas très chaud mais pour elle j’étais prêt à tout… Finalement, alors que je venais de poser mes jours, elle a appelé : la grosse tuile, obligée de remettre, un déplacement à Daegu, un gros contrat, son patron hospitalisé, pas le choix.
Je suis seul face à la mer. Mes vêtements ne sont pas assez chaud (la météo annonçait une quinzaine de degrés, il en fait cinq ou six de moins). J’aimerais que le téléphone sonne et que ce soit elle. Je lui chuchoterais que je l’aime mais elle aurait du mal à comprendre à cause des vagues. Elle me demanderait de répéter. Je lui dirais : “attends ! Je t’envoies une image !”. Alors, dans le sable, je dessinerais un cœur. Je reculerais de quelques pas au risque de me mouiller, pour le photographier.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

lundi 11 juin 2018

Le bateau suspendu - Jeongdongjin Beach






2202e jour - Corée. Le Sun Cruise Resort & Yacht n’a jamais connu la mer. Et pour
cause : construit directement sur une falaise donnant sur la mer du Japon, ce navire de croisière n’en est pas un. C’est un faux : un simple hôtel construit “à la manière de”.
L’apercevant, la première fois (et pensant que c’était réellement un navire), je me suis demandé comment on avait bien pu le hisser à une telle hauteur (et j’ai eu une pensée pour Fitzcarraldo, Herzog et Kinski père). Il va sans dire que j’ai été un peu déçu de découvrir sa véritable histoire.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

vendredi 8 juin 2018

L’accompagnatrice - Sacramento







2201e jour - Elle attend, parfois à distance du photographe, elle marche, boit un café, disparaît à l’intérieur d’une boutique, réapparaît, attend encore…
Est-elle mandatée par le centre commercial pour vérifier que tout sera fait dans les normes, qu’il n’y aura pas d’oubli ou alors est-elle l’amie – Allez quoi, viens avec moi, histoire que je me sente moins seul. Après, promis, on se fait un restaurant – de celui qui tient l’appareil ?

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

jeudi 7 juin 2018

Des airs d’ogres - Sacramento




2200e jour - Saisis en contre-plongée, ils ont l’air d’ogres. Mais peut-être, après tout, en sont-ils…
Consommateurs attablés à la Cheesecake Factory du centre commercial Arden Fair, au nord-est de Sacramento.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

mercredi 6 juin 2018

Cinq pavés sur la chaussée - Paris


2199e jour - C’est au débouché de la rue de la Croix Faubin, à son intersection avec la rue de la Roquette que l’on devine sur la chaussée cinq pavés longilignes incrustés dans le bitume (sur l’image ci-dessus, l’un des pavés est masqué par un des véhicules garés).



Ces cinq pavés à peine perceptibles restent l’ultime témoignage de la présence de la guillotine à cet endroit. Celle ci se trouvait face à l’entrée des prisons de la Roquette (la Petite, la Grande) définitivement démolies en 1974. Les dalles servaient à caler l’échafaud pour assurer une glisse parfaite de la lame jusqu’à la nuque du condamné. Descellées après la fermeture des prisons, on tenta de les vendre au Musée Carnavalet qui les refusa. Elles furent donc remises en place en suivant leurs positionnements originels épousant la forme d’une croix de Saint André.
Entre 1851 et 1899, plus de 200 condamnés perdirent la tête à cet endroit précis.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci

mardi 5 juin 2018

La Tric - Gambais



2198e jour - La maison de l’horreur, article publié dans le numéro 82 de Society (31 mai - 13 juin) :
“Maison au passé historique. Belle allure générale.” Prix de vente : 450 000 euros. Ces dernières semaines, à Gambais, dans les Yvelines, la maison d’Henri Désiré Landru, “premier tueur en série français” était à vendre. 
[…]
C’est ici, dans la villa Tric avec son toit en ardoise et ses allures de veille demeure bourgeoise, qu’en août 1915 Landru s’installa sous le faux nom de Freymet.
Sept de ses onze victimes furent assassinées ici, à l’intérieur de sa villa de 180 mètres carrés, entre 1915 et 1919.
Ces sept victimes se sont :
Berthe-Anna Héon veuve de 55 ans, femme de ménage ;
Anna Collomb, veuve de 44 ans, secrétaire dans une compagnie d’assurance ;
Andrée Babelay, 19 ans, domestique chez une cartomancienne ;
Célestine Buisson, veuve de 44 ans, femme de ménage ;
Louise Jaume, âgée de 35 ans, séparée de son mari, en instance de divorce ;
Anne Marie Pascal, divorcée âgée de 36 ans couturière ;
Marie Thérèse Marchadier, 38 ans, ancienne prostituée, tenancière d’une maison de passe à Paris.
En 1918, plusieurs parentes des femmes disparues s’inquiètent et écrivent au maire de Gambais. La gendarmerie est alertée? Landru, qui se cachait sous divers faux noms est arrêté le 12 avril 1919 à son domicile parisien, rue Rochechouart. Condamné à la peine de mort, il est guillotiné le 25 février 1922. La maison, elle, est restée.
Tour à tour, La Tric aurait été une maison de passe puis un restaurant, avant de redevenir une habitation.
Finalement, la maison vient d’être vendue. Bientôt s’y installeront de nouveaux propriétaires. Souhaitons-leur de vivre là des instants heureux.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci