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mardi 27 juin 2017
L'éblouissement des bords de route - Las Vegas
1992e jour - Pour le plaisir, relire L’éblouissement des bords de route de Bruce Bégout, éditions Verticales. Page 41, par exemple :
De retour au Motel 6, je garai ma voiture de location sur la place de parking dont le numéro correspondait à celui de ma chambre. Je rangeai mon trépied dans le coffre, actionnai le plip de fermeture des portes, et me dirigeai vers l’entrée illuminée du corridor central. […]
Arrivé devant la porte de ma chambre, je farfouillai dans la poche droite de mon pantalon à la recherche de ma clef, tout en m’appuyant machinalement à la poignée. Celle-ci s’abaissa doucement et la porte s’ouvrit. Un éclat de lumière provenant de l’intérieur vint frôler mes souliers.
Par jeu, aller voir…
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mardi 31 mai 2011
Dreamcatcher - Holbrook
348e jour - Venant de quitter Barstow, j’ai l’idée de gagner la côte (San Diego ? Santa Barbara ? Los Angeles ? je ne sais pas encore). Mais avant toute chose, je file à l’est – un sacré détour – vers Holbrook. Pour y voir le Wigwam Motel – parce que Bruce Bégout l’évoque en ouverture de L’éblouissement des bords de route (éditions Verticales). Et parce que ce qu’il écrit donne foutrement envie d’aller voir.
Bruce Bégout : Clignotant droit, lente décélération. Je me place sur la file de droite, prêt à me ranger dès le Graal hôtelier en vue. 25 miles à l’heure. Wigwam Motel. Panneau de bois peint, 6 x 8. En dessous, une autre indication, plus petite, précise les choses :
Bruce Bégout toujours : Cônes uniformément blancs qui s’élèvent au-dessus d’un sol en terre battue, les tepees attendent patiemment sous un soleil inflexible le retour des guerriers. Une ligne brisée ceint chaque construction et signale sobrement l’indianité du lieu. Un panneau bicolore planté un peu plus loin, juste au bord de la route 66, interroge sans détour l’automobiliste : “Avez-vous récemment dormi dans un tepee ?”
Voilà. Abordant le Wigwam Motel, je suis surpris, pour ma part, par la concentration en voitures anciennes garées devant les tepees (sans doute un rassemblement). C’est impressionnant. J’éprouve une sensation étrange – un peu comme si j’étais en train de faire un voyage dans le temps.
• L’éblouissement des bords de route, Bruce Bégout, éditions Verticales.
• les autres posts de Dreamlands où il est fait mention des écrits de Bruce Bégout.
AME ICAN OWN D
CLEA COM ORT
ABLE TV & PO L
CLEA COM ORT
ABLE TV & PO L
• L’éblouissement des bords de route, Bruce Bégout, éditions Verticales.
• les autres posts de Dreamlands où il est fait mention des écrits de Bruce Bégout.
lundi 23 mai 2011
Motels - Barstow
340e jour - Barstow, Californie, le long de ce qui fut la glorieuse Route 66 subsistent/survivent tout un lot de motels – je veux dire de motels archétypaux, de ceux qu'aurait pu photographier Stephen Shore dans les années soixante (de parfaits décors pour films de série B).
Ce sont mes premiers motels. Après presque un an de voyage. Et j'avoue ressentir une joie puérile à les recenser. Il y a le Brant's, le Sands, le Cactus Motel…
Bruce Bégout dans Lieu Commun (éditions Allia) parlant des enseignes de motels : Comme une fleur du désert, aux couleurs et aux formes insolites, elle s'épanouit dans le contraste avec un environnement uniforme. Çà et là, la mer de béton laisse poindre des îlots d'abondance visuelle. Par compensation, ce qui est refoulé dans le bâtiment se trouve exaucé dans l'effigie.
Bruce Bégout toujours : Parfois une flèche géante dirigée vers le motel renforce l'injonction visuelle et semble affirmer dans sa langue fruste mais non moins persuasive : “tu dois t'arrêter”.
dimanche 20 juin 2010
En marge - Une phrase de Bruce Begout
L’éblouissement des bords de route, Bruce Bégout, page 49, extrait :
Celui qui prend le temps d’examiner de quoi son existence quotidienne est concrètement faite en conclut inévitablement que les parkings y occupent une place considérable. Souterrains ou à étages, en épi ou perpendiculaires, ils envahissent chaque vie devenue automobile et répondent à sa propension irrésistible à plébisciter l’identité répétitive par des rectangles bien dessinés où parquer son ennui. Quel que soit l’endroit où l’on se rend, on doit nécessairement passer par un parking. Il forme à présent l’antichambre de toute action urbaine, le passage obligé des déplacements et des entrées.
Pour information, la photo satellite qui figure ci-dessus a été prise dans le centre de Baltimore.
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