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mardi 18 novembre 2025

Semaine des rues Perdues (2) - Charleroi







3653e jour - La rue Perdue de Charleroi, dans le nord-ouest de la ville, n’est pas une rue mais une impasse, une voie sans issue. Ça ne l’empêche pas d’être remarquable à mes yeux.

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jeudi 26 septembre 2019

Parc Reine Astrid - Charleroi





2440e jour - Et puis parfois ne pas voir quoi faire d’autre que de se poser là, écouter sans écouter, observer, faute de mieux, la course des nuages..

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mercredi 25 septembre 2019

Le grutier vous a vu… - Charleroi






2439e jour - Charleroi. Promenade du matin. Voir la ville dans ce qu’elle a de romanesque (à mes yeux). S’interroger, plusieurs heures durant, sur le sens à donner à un panneau – Le grutier vous a vu, veuillez attendre l’autorisation de passage – aperçu au bord d’un canal (loin de toute grue).

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mardi 24 septembre 2019

Maison américaine - Charleroi


2438e jour - Il a dû y avoir un temps où c’était chic de venir ici pour s’habiller.
Les images datent de 2009.
Le bâtiment a tenu encore une dizaine d’années avant d’être détruit. C’était en mai de cette année. La Google Car n’est pas repassée depuis pour montrer à quoi, maintenant, ressemblent les lieux.

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lundi 23 septembre 2019

Du haut du terril - Charleroi



2437e jour - Parfois le dimanche mon grand-père m’emmenait en promenade. Nous partions à deux, dans sa 504 pétrole – j’étais fier de pouvoir m’assoir à l’avant, à ses côtés. Il voulait me montrer ce qui avait constitué l’essentiel de sa vie une quarantaine d’années durant. Il se garait toujours au même endroit : sur un petit parking qui donnait sur la rue du Chemin de Fer. Il s’agissait ensuite d’emprunter un sentier à une dizaine de mètres de là à l’entrée duquel était planté un panneau “Défense de circuler” qui donnait un semblant de piquant à notre escapade.
Une dizaine de minutes de marche suffisait pour atteindre le “panorama” au sommet. Là, face au paysage, mon grand-père tenait à expliquer. Du flot de ses propos me reviennent des mots en vrac – fosse Parent, puit des Piges, puit Saint-Charles – dont je suis incapable aujourd’hui de dire la réalité qu’ils recouvrent.

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samedi 7 janvier 2012

L'autre maison de l’horreur - Sars-la-Buissière



558e jour - Il n'y avait pas que la maison de l'avenue de Philippeville. Marc Dutroux possédait une seconde propriété située dans le centre de Sars-la-Buissière sur la commune de Lobbes à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Charleroi. C'est dans le jardin de celle-ci qu'ont été retrouvés les corps de Julie Lejeune et Mélissa Russo (les deux fillettes avaient à peine 8 ans lors leur disparition).
Cette maison devrait être, elle aussi, bientôt détruite. Il n'existe pas encore de plan ou de dessin, mais l'idée est d'aménager l'endroit où les petites filles ont été découvertes, d'y planter des chênes en rappelant sobrement ce qui s'est passé là, explique le bourgmestre de Lobbes au journal le Soir en août 2011.


Voilà. Sinon, triste ironie, à quelques pas de la maison se trouve un café qui s'appelle l’Embuscade.

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vendredi 6 janvier 2012

Jamais, jusque-là, une fresque ne m'avait ému - Charleroi

557e jour - Un reflet sur les vitres d'un train qui file – les voies sont tout à côté de l'avenue de Philippeville, elles la bordent.


Avenue de Philippeville 128, quartier de Marcinelle, ville de Charleroi, Belgique. L'adresse est connue. Et l'enfant au cerf-volant n'est pas là par hasard. C'est ici, qu'en août 1996, Sabine et Lætitia ont été délivrées. C'est là que quatre autres victimes, An, Eefje, Julie et Mélissa ont également été séquestrées.
Derrière la bâche, en fait, se cache la maison de l'horreur ; la maison de Marc Dutroux, pédophile, tueur d'enfants.
C'était il y a plus de quinze ans déjà…


La maison a fait l'objet d'une procédure judiciaire d'expropriation. Elle devrait être rasée dans les mois qui viennent pour faire place à une “plaine du souvenir”. L'idée retenue par la commune est d'aménager un parc – avec des fleurs blanches.
La fresque bleue aujourd'hui tendue sur la façade devrait être préservée et installée au fond du parc du souvenir.

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jeudi 5 janvier 2012

Retour à Charleroi

556e jour - Retour à Charleroi donc. On pourrait vouloir emprunter le métro aérien.
Mais dans certains quartiers mieux vaut suivre à pied les circonvolutions du serpent
de béton : la structure certes existe mais aucun train ne circule. Les travaux commencés n'ont jamais été achevés.

Les portes d'accès sont condamnées et certaines des stations sont, paraît-il, des squats.
Les raisons d'un pareil naufrage ne sont pas très claires. Disons que se mèlent, comme bien souvent dans ces cas-là, incuries et malversations. Le tout sur fond de crise.

Le tracé, vu du ciel, fait l'effet d'une cicatrice – une de plus – sur le corps de la ville. Du sol, c'est guère mieux. Mais il faut croire que pour vivre ici il faut être du genre fataliste.

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lundi 19 décembre 2011

Photo souvenir - Charleroi

539e jour - Excepté le visage systématiquement flouté, ce pourrait être un lot de photos de famille : cadre plutôt bof, bof mais charge incontestable de l'émotion.
C'est dans la rue du Clicotia qu'ont été prises ces images, à l'ouest de la ville.

Sur le mur de brique qui se prolonge, à droite, est dessinée, peinture blanche, une cage que je suppose de foot (même si elle fait en réalité plutôt la taille d'une cage de hand) avec GOOL !, lettres capitales, inscrit au centre.

Un peu plus loin encore, alors que la rue vient de faire un coude, il y a ce tag dans lequel on déchiffre les mots Thug LA Life (dictionnaire du rap : Thug Life : Groupe de Rap dont Tupac Shakur faisait partie avec Mopreme et Big Syke. Signifie aussi 'La vie de la rue'. Beaucoup de rappeurs disent toujours qu'ils ont connu la 'Thug Life', c'est une manière d' affirmer qu'ils sont des 'durs', des forts, et qu'ils sont sans scrupules.).


Les draps blancs à motifs rouges, quant à eux, sont suspendus à l'autre extrémité (ou presque) de la rue.

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dimanche 18 décembre 2011

Charleroi mon amour



538e jour - En mars 2004, un sondage initié par le quotidien hollandais De Volkskrant auprès de ses lecteurs hissait Charleroi au rang de ville la plus laide du monde.
Bien sûr, le chômage, dans le coin, atteint des taux incroyablement élevés (24,5 %). Bien sûr, les risques de maladies respiratoires – entre autres – à cause des rejets de l'industrie sont démultipliés et l'espérance de vie dans certains quartiers (la Docherie, Dampremy, Marchienne État) est de 68 ans à peine (ce qui correspond à la moyenne belge de 1960 !). Bien sûr, Charleroi est envahie de friches, d'usines vieillissantes ou condamnées, ou même abandonnées…





Il n'empêche. Il y a de la beauté ici. Et une noblesse dans la façon qu’a cette ville d'être malgré tous les coups du sort encore vivante.
Et n'en déplaise à ceux qui préfèrent les villes liftées à grands coups de baies vitrées et de marbre, ne respirant que l'air stérile d'un tertiaire devenu inhumain, mieux vaut la beauté perdue de ce qui a été que la laideur d'une médiocre et détestable réalité.
Et je préfère cent fois l'humilité d'une femme en blouse ou d'un homme en bleu à l'arrogance des cols blancs perclus de certitudes, baignant dans les ressources humaines, les stock-options ou la ferveur marketing. Voilà. C'est dit !





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samedi 17 décembre 2011

Champ-contrechamp - Charleroi

537e jour - D’un côté de la rue – la rue, c'est la rue Vital Françoisse – des habitations. De la brique mais pas que. Des rideaux aux fenêtres. Des jardinières parfois. Un facteur saisi en pleine tournée. De l'autre, des tourets, jouets de géants alignés derrière une palissade, jaunes, blancs ou bleus.
À Charleroi, pareilles proximités ne sont pas rares. Quand ce ne sont pas des tourets, ce sont des hangars, monumentaux, rouillés, ou des tuyaux aériens, des pipelines, ou des châteaux d'eau, des voies de chemins de fer, des cheminées d'usines… Vie quotidienne et industrie, ici, ne font qu’un.

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