lundi 24 janvier 2011

L’empire des signes - Taipei














223e jour - On arrive à Taipei et voilà ce qu’on découvre : partout où c’est possible d’en caser – sur les bords des routes, dans les tunnels, sur la moindre façade… – des affiches, des enseignes, des calicots, des kakemonos…
Visuellement/graphiquement, on est quelque part entre Chine et Japon. Et c’est, du reste, justement là où se trouve sur le globe l’île de Taïwan et Taipei, sa capitale (l’île, dans le passé, a appartenu à l’un et l’autre des deux pays).

dimanche 23 janvier 2011

Dévotion - Mexico


222e jour - J’aime la couleur. J’aime les fleurs qui me font penser aux corsos fleuris de mon enfance, aux carnavals. J’aime les mots : Bendicenos Virgencita (Bénissez-nous, Petite Vierge).
J’aime que pareil espace de dévotion puisse, au Mexique, se trouver à chaque coin de rue (l’image est prise à Mexico, au 171 Jumil).

• les autres posts sur mexico.

samedi 22 janvier 2011

Souvenirs d’enfance - Dartford




221e jour - Life de Keith Richards, éditions Robert Laffont.
Page 42 : Après un temps, le conseil municipal nous a accordé un appartement au-dessus d’un marchand de légumes dans Chastilian Road, une petite rue commerçante. Deux chambres et un salon. La maison est toujours debout.
[…]
Il n’y a pas longtemps, je suis revenu renifler l’air de Dartford. Chastilian Road n’a pas vraiment changé, sinon que la boutique de primeurs est devenue un fleuriste à l’enseigne des Darlings Buds of Kent. J’avais à peine mis les pieds sur le trottoir que le propriétaire est sorti avec une photo encadrée qu’il m’a demandé de lui dédicacer. On aurait cru qu’il m’attendait avec cette photo à la main comme si je passais là toutes les semaines, alors qu’on ne m’avait pas vu dans le coin depuis trente-cinq ans. Lorsque je suis monté dans notre ancien chez-nous, je savais exactement combien de marches il fallait gravir.




Page 44 : Soudain, alors qu’on était sur le trottoir de Chastilian Road, devant un salon de coiffure unisexe appelé Hi-Lites qui avait l’air de pouvoir accueillir cinq clients au maximum, une horde d’une quinzaine de jeunes shampooineuses d’un genre que je connaissais bien s’est précipitée sur nous. Ça aurait été super, si ça avait existé de mon temps… “Salon Unisexe”, je me demande ce que le marchand de primeurs en aurait pensé.

Life, Keith Richards, éditions Robert Laffont.

vendredi 21 janvier 2011

Installation - Ossett


220e jour - Bon je sais : ce sont de toute évidence des vêtements collectés, compactés. Il n’empêche. Ça m’amuse d’imaginer qu’il s'agit plutôt d’une œuvre – de Christian Boltanski par exemple (ce serait après tout possible) – égarée au plein cœur de |’Angleterre, à Ossett, pour être précis, dans le Yorkshire, pas très loin de Leeds.

Ossett, pour ceux que cela intéresse, apparaît également dans le post du 8 décembre 2010 qui portait sur un extrait de 1974 de David Peace.

jeudi 20 janvier 2011

Le goût de l’aventure - Inuvik


219e jour - Sur l’aéroport d’Inuvik, Territoires du Nord-Ouest au Canada, là où un incendie a ravagé un hangar en novembre dernier (voir post).

J’imagine un décollage quand on est si proche de l’océan Arctique (à peine une centaine de kilomètres). J’imagine les moteurs qui vrombissent dans un vent glacial – des bourrasques.
J’imagine la nuit Arctique. Il y a du brouillard.
Les températures affichent des valeurs qui se comptent en dizaines de degrés sous le zéro.
Des lumières clignotent au bout des ailes comme seuls repères.
Et les questions s’amoncellent : ma ceinture est-elle bien attachée, d’abord ? Et puis la manœuvre va-t-elle bien se passer, l’avion va-t-il réussir à s’élever ? Et le voyage ensuite, à quoi ressemblera-t-il ?
Même genre d’angoisses pour l’atterrissage... Facile à imaginer : on ne voit longtemps rien et puis – boum, un contact – les roues viennent de rencontrer un sol en partie verglacé. L’avion file, file. On se demande s’il va s’arrêter.

Les autres posts sur Inuvik.

mercredi 19 janvier 2011

Ao Ba - Un clin d’œil à Bertrand Desprez




218e jour - À chaque fois que je tombe sur un rectangle azur de plastique, je pense à Bertrand Desprez. Et généralement, je fais une image sur le champ.




Bertrand Desprez est photographe. Il y a quelques années, grâce à un prix Villa Medicis hors les murs, il s’est adonné à un recensement empreint d’une douce poésie : celui des bâches bleues que l’on retrouve partout dans l’archipel nippon.




Claire Deroin dans un article sur les photos de Bertrand Desprez (Geo n°245,
juillet 1999) : “Les Japonais l’appellent Ao Ba, la «feuille bleue». un bien joli nom pour une simple bâche, carré de plastique fabriqué en série qui a pour modeste mais néanmoins très utile fonction de protéger et d’isoler surfaces et objets dans un pays où les typhons et les tremblements de terre sont aussi fréquents que les averses de grêle. Clouée, encordée, arrimée, flottante ou encollée, partout, à la ville comme à la campagne, sa belle couleur azur émaille les paysages du Japon”.




Les japonais plient l’Ao Ba avec minutie, ils en font un quasi-origami. On est certes loin de cette subtile expression de l’âme japonaise dans la plupart des images montrées ci-dessus. Il n’empêche... Il me plait d’imaginer qu’il y a, dans ces acoquinements de circonstance, tout à la fois un clin d’œil à une tradition japonaise et au travail d’un photographe...

De nombreuses photos des bâches bleues "originelles" de Bertrand Desprez sont visibles sur son site.
Ao Ba est également un (très) beau livre du photographe paru aux éditions Filigrane.

Les images de ce post ont été prises, dans l'ordre, à :
Rio (Brésil)  /  Diamantina (Brésil)  /  Diamantina (Brésil)
Hamilton (Canada)  /  Hamilton (Canada)  / Detroit (E.U.)
Detroit (E.U.)  /  Detroit (E.U.)  /  Mexico (Mexique)
Philadelphie (E.U.)  /  Macao  /  Londres (Royaume-Uni)

mardi 18 janvier 2011

À sec - Wahiawa


217e jour - Personnellement, je trouve ça plutôt chouette qu’il puisse exister, sur Terre, des endroits où l’on gare sa vedette devant chez soi, serrée entre deux haies, juste à côté de la boîte aux lettres, des poubelles…

Je viens de prendre l'image lors d'une visite éclair à Hawaï, sur l’île d’Oahu – à Wahiawa pour être précis, dans Auwai Drive (et quelque chose me dit que je reviendrai).

lundi 17 janvier 2011

Un tour en Alaska - Anchorage

216e jour - Pour se détendre, parfois il suffit d’un petit voyage.
Hier soir, par exemple, j’ai fait un tour du côté d’Anchorage, Alaska. J’en ai ramené quelques images.

dimanche 16 janvier 2011

Attention, pétanqueurs ! - Vancouver


215e jour - S’il est un endroit sur Terre où l’on pourrait s’attendre à trouver pareil panneau, c’est bien plutôt Marseille – le personnage ressemble fichtrement à un joueur de pétanque ! Mais non, c’est à Vancouver, à l’angle de Trinity et Wall que j’ai pris cette image.
Alors quoi ? Cela signifierait-il qu’il y a, en Colombie-Britannique, un spot du jeu de
boules ? Je promets de mener l’enquête.

samedi 15 janvier 2011

De A à Z - Lenzburg


214e jour - Sur l’autoroute A1 près de Lenzburg en Suisse Alémanique. Un camion de la poste (PostLogistics - Die Post inscrit au cul du camion).

vendredi 14 janvier 2011

Lecture - Une phrase de Jonathan Safran Foer

213e jour - Lecture…



KFC
Désignant autrefois le Kentucky Fried Chicken, mais ne signifiant plus rien aujourd’hui, le KFC est sans doute la compagnie qui a augmenté plus que toute autre la somme totale des souffrances dans le monde. KFC achète près d’un milliard de poulets chaque année – si vous entassiez ensemble tous ces poulets, ils couvriraient Manhattan de l’Hudson à l’East River et déborderaient des derniers étages des gratte-ciel –, de sorte que ses pratiques ont, par ricochet, des conséquences dans tous les secteurs de l’industrie de la volaille. 
Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer, Éditions de l’Olivier



Les images ci-dessus ont été prises à :
Detroit  /  Philadelphie
Detroit  /  San Francisco

jeudi 13 janvier 2011

Une forme de vide - Dresde


212e jour - Fin de matinée à Dresde. On est en juin ou en juillet.
Cela fait une bonne dizaine de minutes que l’homme est accoudé à la rambarde. Il regarde sans regarder. Son esprit vagabonde. Le temps pour lui s’est, d’une certaine façon, arrêté.
Il ne se retourne pas. Il ne sait pas qu’il est photographié. Il ne le saura peut-être jamais.

Des voies en contrebas...
Aucun train, pour l’instant, ne s’est présenté. Difficile de dire quand passera le prochain.
Intérieurement, il se demande : Et maintenant, qu’adviendrait-il si je sautais ?