jeudi 12 février 2015

Reine et sereine - Aurec

1522e jour - C’était en juillet 2012. L’article de Paris Match commençait ainsi :
Le vaisseau TF1 semble à l’épreuve des pires tsunamis. Mais la chaîne pâtit aussi de la situation économique. Les stars du JT et les animateurs vedettes parviennent, dans ces conditions difficiles, à conserver des audiences records. Pourtant, comme toujours dans les moments délicats, la rumeur veut que Claire Chazal, jusque-là si calmement souveraine à la barre de ses journaux du week-end, soit contestée. Et qu’elle en souffre… Plausible, après tout : elle n’a jamais caché que ses blonds dehors d’altesse sérénissime du petit écran dissimulaient un réseau complexe de craintes et de tensions. Vingt et un ans d’antenne et vingt et un ans qu’elle se remet en question, tout spécialement pendant les vacances, lorsqu’elle va prendre le soleil loin de TF1.

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mercredi 11 février 2015

L’enseigne - Aurec

1521e jour - Aujourd'hui, parce que l’esprit est accaparé ailleurs, juste une image.

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mardi 10 février 2015

Jeunesse d’Aurec (le scénario)

1520e jour - Elle m’attendait là où aujourd'hui se tient la femme. Dans la même position ou presque. À l’époque, je travaillais l’été dans la superette de mon oncle. Je faisais la fermeture. Je baissais le rideau de fer. Je marchais d’un bon pas. J’étais pressé de la rejoindre.
Ensuite, nous marchions dans Aurec, aux alentours. C'était souvent elle qui prenait la parole en premier. Elle avait eu une idée dans la nuit. Elle me la soumettait.
Nous nous étions mis en tête d’écrire un scénario. Oui, c’est à cela qu’on s’attelait : définir des personnages ou une intrigue, des dialogues. Il arrivait que nous imaginions des acteurs ou des actrices pour incarner nos mots : Patrick Dewaere, Bouchitey, Clémentine Célarié…
Un des amis de son père travaillait à la Gaumont. Nous espérions qu’il allait nous aider. Nous rêvions de succès.
Rien de cela n’est survenu. Je suis tombé dernièrement sur les quelques feuillets de ce qui avait été, un jour, notre scénario terminé. Et la seule chose que je puisse en dire, c’est que c’est incroyablement mauvais.

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lundi 9 février 2015

Jeunesse d’Aurec (le tag)

1519e jour - Sa fille vient de rentrer au lycée, son fils est en quatrième. Il a toujours vécu ici. Il tient la droguerie du centre du village – celle où l’on vient, dans l’urgence, s’approvisionner en produit antigel ou en charbon pour le barbecue.
Debout derrière son comptoir, il évoque un temps maintenant révolu. Il dit : À l’époque, j’avais un groupe. On faisait du rock. C’était moi le chanteur. On répétait beaucoup. On y croyait. On taguait aussi. Ça faisait chier les gens. Y en a même qui parlaient de porter plainte. Sur l’usine en bas par exemple, en lettres plus hautes que nous, on avait inscrit : PUNK IS DAD. Pendant deux, trois ans, le tag est resté-là, gigantesque face au village.
Un temps s’écoule avant qu’il ne rajoute : Je me demande bien ce que les gens du coin pouvaient comprendre avec un pareil message.

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dimanche 8 février 2015

Jeunesse d’Aurec (Tarzan)

1518e jour - On l’a coincé dans les branches une nuit de juillet. un bon délire. On l’avait baptisé Tarzan, c’était normal qu’il finisse dans un arbre… On l’avait piqué un peu plus tôt dans la soirée, dans un jardin à l’entrée du village. Connerie de beuverie. Rien de bien méchant.
Ensuite, quand je passais dans le coin, je faisais le détour pour voir s’il était toujours là. À l’automne ou sous la neige l’hiver. J’aurais dû faire des photos…
En mars, je suis passé en revenant de Vorey. Il avait disparu ! Alors, j’ai poussé jusqu’au jardin où on l’avait chipé : il trônait de nouveau au milieu des pieds d’azalées.
J’ai prévenu les copains. Le samedi suivant, nous nous sommes retrouvés à la Bascule pour fomenter notre plan de sauvetage du nain (maintenant, on disait “notre nain”). On ne voyait pas autre chose à faire que de le remettre dans ses branchages, quitte à ce que cela ne dure pas.
Ça a été un jeu d’enfant de le voler à nouveau. À sa place, sous un caillou, nous avons glissé un mot. Il était écrit : “JE NE VEUX PLUS VIVRE AVEC VOUS. NE CHERCHEZ PLUS À ENTRER EN CONTACT. C’EST MIEUX COMME ÇA, POUR VOUS COMME POUR MOI. SIGNÉ TARZAN.”
Aux dernières nouvelles, Tarzan n’a pas bougé.

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samedi 7 février 2015

Je me suis souvenu - Chittagong

 1517e jour - À Chittagong, à cause de cette tache sur un panneau publicitaire qui fait l’effet d’un œil au beurre noir, je me suis souvenu des portraits en couverture de  
Télé 7 Jours ou de Télé Poche qu’enfant je me plaisais à amender au stylo à bille de tout un lot de détails que je jugeais cocasses : fausses cicatrices, grains de beauté, araignées suspendues aux narines, sourcils bien trop épais, filets de morve, dents manquantes (il suffisait d’un aplat noir, au cœur d’un sourire pour rendre la personne édentée). Je pouvais jouer à cela des heures entières…

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vendredi 6 février 2015

L’échelle du globe - Chittagong


1516e jour - Chittagong, porte d’entrée (de sortie !) bangladaise pour les marchandises. Des containers amassés dans le port, prêts à répandre sur le globe les produits plus ou moins manufacturés. Mais aussi : Chittagong, ville où est né la microfinance, dans les années 70, lancée par Muhammad Yunus, universitaire, créateur de la Grameen Bank.

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jeudi 5 février 2015

Choses que j’aime - Chittagong

1515e jour - Sur les rives du Golfe du Bengale, à l'embouchure de la Karnaphulî – dans le port de Chittagong pour être précis (port qui a la réputation d’être l’un des plus dangereux au monde en matière de piraterie), j’ai réalisé que j’aimais vraiment les tankers et les porte-containers sur l’horizon, les arbres soufflés en bord de mer, les embarcations comme échouées à marée basse, les tas (de sable en particulier)…






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mercredi 4 février 2015

Regarder le jeu - Dacca


1514e jour - Je ne suis pas sûr que je puisse affirmer comprendre tout des règles du jeu mais ce n’est pas très grave. Observer des parties en cours est une de mes activités favorites à Dacca.
Les joueurs manifestent généralement un brin de surprise quand ils m’aperçoivent, moi qui m’arrête pour les observer. Mais cela ne dure pas. Très vite, ils s’absorbent à nouveau dans le jeu.
Alors, positionné légèrement en retrait, j’admire les gestes, les attitudes. Je me fie aux sourires et aux grimaces pour estimer l’avancée du jeu.

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mardi 3 février 2015

Le fantôme de Dacca










1513e jour - Cela fait quatre jours maintenant qu’à ma façon j’erre dans Dacca. Je traverse les paysages. Je ne parle à personne. Je me contente de regarder.
Souvent, quand j’évoque l’aventure Dreamlands, j’explique qu’en réalité je fais face aux traces révolues d’un passé (les images dans lesquelles je me déplace ont quelques mois ou quelques années ; elles ne sont qu’un vestige de présent…).
J’explique que je fais face à des fantômes. Ça me semble fondamental. J’aime l’idée d’un voyage dans le temps.
Aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi (peut-être est-ce lié à cette ville qui m’est si incroyablement étrangère), j’ai l’impression que la proposition s’inverse, contrairement à ce que je pensais, en vérité, le fantôme c’est moi !

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lundi 2 février 2015

J’adore - Dacca


1512e jour - J’adore quand un mauvais réglage de l’appareillage raccorde de façon insensée deux portions d’un même visage. J’adore les faces étranges qui se matérialisent alors sous mes yeux.

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dimanche 1 février 2015

L’apparence des femmes - Dacca







1511e jour - Une des choses que l’on constate déambulant dans Dacca, c’est l’étonnant décalage d’apparence entre les femmes que l’on peut croiser dans la rue (essentiellement couvertes d’un voile, parfois intégralement) et celles qui s’affichent – large sourire, cheveux aux vents – sur les panneaux publicitaires.

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