jeudi 10 juin 2010
Premier contact - Calgary
Une zone résidentielle, des kiosques automatiques à journaux.
C’est quelque part à la périphérie de Calgary (Canada). À proximité serpentent les parcours d’un golf.
Les courbes des greens, bientôt, feront place au tracé rectiligne des pistes du Calgary International Airport.
mercredi 9 juin 2010
mardi 8 juin 2010
Les lieux de la Clôture - Paris
“La première nuit où je pars à la recherche de la rue de la Clôture, je suis avec Lancien, dans la 405 blanche – blanche mais crade – qu’il possède à l’époque.
[…] nous franchissons le canal, nous remarquons sur la droite, entre la devanture d’une boucherie halal neuve et celle d’une boucherie Loubavitch en déshérence, l’enseigne lumineuse d’un night-club, le Zeralda, dont les lettres vertes, entourées d’un liseré de néon rouge, sont toujours en panne pour au moins deux ou trois d’entre elles.
Dans le pilier qui soutient le périphérique intérieur, une haute porte métallique entrouverte laisse filtrer un rai de lumière au moment où la 405 blanche passe à sa hauteur. Ce rai de lumière trahit la présence, à l’intérieur du pilier, de Gérard Cerbère […]
Puis la 405 blanche s’engage dans la côte que gravit la rue de la Clôture sur les cent cinquante derniers mètres de sa trajectoire. Sur la gauche, un peu en retrait, se dresse pour quelques mois encore le chapiteau de l’école du cirque.
Sur la droite, un talus planté d’herbe réunit le trottoir de la rue de la Clôture et le vaste territoire ferroviaire situé en contrebas. C’est sur ce talus que le 22 novembre 1999, dans la matinée, on a retrouvé le corps de Ginka Trifonova percé d’une vingtaine de coups de couteau.”
La Clôture, Jean Rolin, POL éditeur, 2002
[…] nous franchissons le canal, nous remarquons sur la droite, entre la devanture d’une boucherie halal neuve et celle d’une boucherie Loubavitch en déshérence, l’enseigne lumineuse d’un night-club, le Zeralda, dont les lettres vertes, entourées d’un liseré de néon rouge, sont toujours en panne pour au moins deux ou trois d’entre elles.
Dans le pilier qui soutient le périphérique intérieur, une haute porte métallique entrouverte laisse filtrer un rai de lumière au moment où la 405 blanche passe à sa hauteur. Ce rai de lumière trahit la présence, à l’intérieur du pilier, de Gérard Cerbère […]
Puis la 405 blanche s’engage dans la côte que gravit la rue de la Clôture sur les cent cinquante derniers mètres de sa trajectoire. Sur la gauche, un peu en retrait, se dresse pour quelques mois encore le chapiteau de l’école du cirque.
Sur la droite, un talus planté d’herbe réunit le trottoir de la rue de la Clôture et le vaste territoire ferroviaire situé en contrebas. C’est sur ce talus que le 22 novembre 1999, dans la matinée, on a retrouvé le corps de Ginka Trifonova percé d’une vingtaine de coups de couteau.”
La Clôture, Jean Rolin, POL éditeur, 2002
lundi 7 juin 2010
Portugal Street - Manchester
Une rue étroite, presque une ruelle (deux véhicules auraient du mal à s’y croiser).
Un chantier : une dizaine de personnes (des ouvriers, des géomètres) habillées de fluo, des engins ; le tout sur un carré de terre duquel émerge un dédale de fondations anciennes qui font penser à des fouilles archéologiques.
Des barbelés un peu partout : sur le haut des murets ou au sommet de grilles sommairement disposées en rectangle pour matérialiser l’espace d’un parking. La plupart des bâtiments paraissent inoccupés.
Un ado, survêtement noir et cheveux ras, traîne un ballon de foot à ses pieds.
Un camion-benne trimballe à ciel ouvert tout un vrac de fauteuils de bureau essentiellement bleus.
Et puis, je ne l’avais d’abord pas remarqué, il y a ce type au-delà du camion-benne, posé dans un carré de friche entièrement clos (des murs, des palissades ou des grillages de tous côtés).
Il tient dans l’une de ses mains un journal et dans l’autre un téléphone qu’il a porté devant sa bouche à la façon d’un talkie-walkie.
Je l’observe longuement. Je me demande comment il est arrivé là – je veux dire dans cet espace clos – jusqu’à ce que je découvre un coin de grillage relevé. Sans doute est-ce par là qu’il est passé.
Je reprend finalement ma route.
D’autres parkings de fortune, des pneus entassés à l’abri d’une cour.
Me vient une idée : aller jeter un œil à l’envers du décors – aller voir ce que cachent les palissades plantées derrière le type assis.
Je débouche sur Oldham Road. Une artère passante, quatre voies et des boutiques essentiellement tenues par des asiatiques. Au revers de la friche, un panneau publicitaire grand format, une affiche : Sky+ makes it all about quality not quantity.
J’aimerais me rapprocher, trouver un interstice où glisser mon œil pour voir au-delà du panneau, des planches. J’aimerais savoir s’il est toujours là, le type assis, ce qu’il fait maintenant, ce qu’il devient.
Un chantier : une dizaine de personnes (des ouvriers, des géomètres) habillées de fluo, des engins ; le tout sur un carré de terre duquel émerge un dédale de fondations anciennes qui font penser à des fouilles archéologiques.
Des barbelés un peu partout : sur le haut des murets ou au sommet de grilles sommairement disposées en rectangle pour matérialiser l’espace d’un parking. La plupart des bâtiments paraissent inoccupés.
Un ado, survêtement noir et cheveux ras, traîne un ballon de foot à ses pieds.
Un camion-benne trimballe à ciel ouvert tout un vrac de fauteuils de bureau essentiellement bleus.
Et puis, je ne l’avais d’abord pas remarqué, il y a ce type au-delà du camion-benne, posé dans un carré de friche entièrement clos (des murs, des palissades ou des grillages de tous côtés).
Il tient dans l’une de ses mains un journal et dans l’autre un téléphone qu’il a porté devant sa bouche à la façon d’un talkie-walkie.
Je l’observe longuement. Je me demande comment il est arrivé là – je veux dire dans cet espace clos – jusqu’à ce que je découvre un coin de grillage relevé. Sans doute est-ce par là qu’il est passé.
Je reprend finalement ma route.
D’autres parkings de fortune, des pneus entassés à l’abri d’une cour.
Me vient une idée : aller jeter un œil à l’envers du décors – aller voir ce que cachent les palissades plantées derrière le type assis.
Je débouche sur Oldham Road. Une artère passante, quatre voies et des boutiques essentiellement tenues par des asiatiques. Au revers de la friche, un panneau publicitaire grand format, une affiche : Sky+ makes it all about quality not quantity.
J’aimerais me rapprocher, trouver un interstice où glisser mon œil pour voir au-delà du panneau, des planches. J’aimerais savoir s’il est toujours là, le type assis, ce qu’il fait maintenant, ce qu’il devient.
dimanche 6 juin 2010
En marge - Driving in Manchester
Au départ, je cherchais des webcams pour comparer avec les images de Street View. Et puis, de pas en pas, de page en page, je suis tombé sur les vidéos de DraconianGothic. C’était sur Youtube.
Comme tout grand succès cinématographique, Driving in Manchester se décline en plusieurs opus. On en est, à ce jour, à Driving in Manchester 5.
Une caméra embarquée à bord, fixe. Les rues, les avenues qui défilent. Le travelling s’arrête parfois le temps d’un feu rouge.
Ça me fait penser à Ten d’Abbas Kiarostami, tourné entièrement de l’intérieur d’un taxi avec, à l’arrière-plan, Téhéran qui défile. Ça me fait penser à Journal Intime de Nanni Moretti et à la scène en scooter jusqu’à la stèle, là où Pasolini a été assassiné.
Comme tout grand succès cinématographique, Driving in Manchester se décline en plusieurs opus. On en est, à ce jour, à Driving in Manchester 5.
Une caméra embarquée à bord, fixe. Les rues, les avenues qui défilent. Le travelling s’arrête parfois le temps d’un feu rouge.
Ça me fait penser à Ten d’Abbas Kiarostami, tourné entièrement de l’intérieur d’un taxi avec, à l’arrière-plan, Téhéran qui défile. Ça me fait penser à Journal Intime de Nanni Moretti et à la scène en scooter jusqu’à la stèle, là où Pasolini a été assassiné.
samedi 5 juin 2010
Erratum
Un mail reçu suite au texte Des carlingues sur les voies de mercredi 2 juin.
Alors là, je viens de faire un bond. J’ai failli me cogner au plafond, comment une telle hérésie peut elle être possible, ne pas reconnaitre une Porsche Boxster et comparer ce cabriolet rouge à une Alfa Roméo. Ferdinand doit se retourner dans sa tombe !
Je ne sais pas qui a fait les commentaires mais effectivement comme il est dit plus haut dans le texte le narrateur n’y connait rien en voiture.
Le mail est signé Pascal H, un lecteur attentif et de toute évidence passionné.
Alors là, je viens de faire un bond. J’ai failli me cogner au plafond, comment une telle hérésie peut elle être possible, ne pas reconnaitre une Porsche Boxster et comparer ce cabriolet rouge à une Alfa Roméo. Ferdinand doit se retourner dans sa tombe !
Je ne sais pas qui a fait les commentaires mais effectivement comme il est dit plus haut dans le texte le narrateur n’y connait rien en voiture.
Le mail est signé Pascal H, un lecteur attentif et de toute évidence passionné.
vendredi 4 juin 2010
Juste une image - Baltimore (5)
Les couleurs du camion, les colonnes à l’arrière-plan et la croix, le panneau de stop de guingois…
C’est à l’angle de W Lombard et de S Calhoun Street à Baltimore. Le logo, sur le camion, est celui de Herr’s, fabricant américain de pommes chips, tuiles, bretzels, tortillas, snacks, etc.
Quant au bâtiment à l’arrière-plan, c’est celui de The Full Gospel True Mission Church – une phrase sur le site de l’église auquel je vais jeter un œil : We are the Church that loves you, but God loves you best !
jeudi 3 juin 2010
mercredi 2 juin 2010
Des carlingues sur les rails - Seattle (2)
C’est d’abord des bâtonnets jaunes vus du ciel qui ont attiré mon attention, alignés en épi sur l’aplat gris d’un parking géant. J’ai pensé qu’il s’agissait de containers (on n’est pas très loin d’un port). Mais non. Ce sont des bus scolaires, je m’en rend compte me projetant au niveau du sol. On les aperçoit derrière une grille qui attendent de prendre du service.
La surprise véritable, cependant, je l’ai quand je pivote de 180° sur moi-même : je découvre, en enfilade, une série de carlingues posées sur des wagons. Je n’en crois pas mes yeux. Je mitraille.
Je remonte l’allée. L’avenue, devrais-je écrire, car c’est bien de cela qu’il s’agit (20th avenue W) – les américains sont des gens étranges : ils sont capables d’appeler “avenue” une voie sans marquage au sol, sans trottoirs et qui court dans une zone industrielle entre entrepôts et zone de frêt jusqu’à n’être plus qu’une voie sans issue.
Je finis par dépasser les carlingues.
Des hangars sur la gauche.
Des fauteuils alignés devant l’un d’eux, comme dans une salle de cinéma. Sans doute sont-ils à vendre.
Côté voies ferrées, est garé un coupé rouge. Je n’y connais rien en voitures mais je crois reconnaître les couleurs d’Alfa Roméo.
La voiture, sur fond de carlingues quand on se retourne, offre un spectacle des plus graphiques.
Voilà. Sinon, un camion garé plus loin attire le regard : jaune, couvert de symboles que je comprendrai bientôt être des logos. Nous arrivons à hauteur du siège d’une écurie de hors-bord ! L’un de ceux-ci, du reste, est sorti, couché sur le flanc devant le bâtiment.
Plus tard, j’irai voir sur internet. L’écurie se nomme U-37 et elle appartient à un certain Billy (“Billy the Kid”) Schumacher. Le site du team (http://www.u-37.com) vaut le coup d’œil.
À partir de là, la rue s’élève, se courbe jusqu’à atteindre bientôt un stop.
Je me retourne une dernière fois. J’embrasse de ce promontoire improvisé l’ensemble du paysage. Je trouve tout cela bien merveilleux.
mardi 1 juin 2010
Quelque part en Norvège
Pour arriver là, il faut prendre une petite route à partir d’Ulvik, longer le fjord, passer le Strand Fjordhotel, couper à travers la campagne avant de suivre le fjord à nouveau.
Le bourg d’Osa passé, on s’engage sur une voie plus étroite qui grimpe à travers les montagnes. Il n’y a plus guère de traces de l’existence de l’Homme si ce n’est la route mal goudronnée et, de temps à autre, une cabane ou un abri.
Bientôt la voie se fait plus escarpée encore, et vient une série longue de lacets. Il faut avoir le cœur bien accroché, d’autant plus que la route fait place maintenant à un chemin de caillasses et de terre battue.
On se demande jusqu’où pareille chemin peut mener… On finit par découvrir ce bout du monde.
lundi 31 mai 2010
Des Panneaux - Baltimore (4)
South Calhoun Street.
Coup sur coup, à quelques mètres de distances, deux panneaux : le premier (Senior Crossing) laisse supposer qu’une maison de retraite est située dans les parages ; le second (No Ball Playing) que des jeunes aussi fréquentent le quartier.
dimanche 30 mai 2010
En marge - une phrase de Georges Perec
Tentative d’épuisement d’un lieu parisien de Georges Perec, page 12, extrait :
[…] décrire le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.
[…] décrire le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.
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