mardi 13 avril 2021

Visages de l’Amérique - Duryea


2719e jour - Se parachuter à Duryea, Pennsylvanie, tomber sur un bâtiment à la façade pour le moins patriotique. Tourner sur soi-même à 180° et se retrouver cette fois face à un tableau digne d’une photo de Stephen Shore. Se dire que c’est ça, sans doute, qu’on aime en Amérique.

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lundi 12 avril 2021

Trois époques - Londres



2718e jour - Streatham High Road dans le sud-ouest de Londres… Trois images, trois époques : les années cinquante, l’an 2000 et 2020. Sur la première image, on relève la foule dans la rue, les voies du tram, les noms des enseignes : Tyrrells, The Fifth Shop…. Sur la deuxième, on remarque la cabine téléphonique, ou alors des paraboles sur une façade, ou l’apparition d’un panneau de sens interdit dans la gauche de la photo. Mais c’est surtout la foule disparue qui surprend. Et l’on se dit que ce qui a été la vie, dans ce quartier-là, a dû beaucoup changer. Ce que l’on retient de l’image contemporaine, c’est finalement que les bâtiments n’ont guère bougé au fil du temps. Et pourtant. On se demande comment une personne débarquant tout droit de l’époque de la première image percevrait l’espace. Reconnaîtrait-elle les lieux ?

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vendredi 9 avril 2021

Le vieux puits - Londres


2717e jour - The Old Well, à l’angle de Philip Lane et de High Road dans Tottenham. La photo en noir et blanc date de 1989. À l'époque, les bâtiments étaient en sale état. Il y avait un banc là où maintenant est planté un portail (la courbe du mur ayant été modifiée). 

The Old Well fut creusé en 1791 à l’instigation de Thomas Smith, Lord of the Manor of Tottenham. Le toit de tuile fut ajouté en 1859. Le puits approvisionnait la majeure partie du district en eau. Il ferma en 1883 lorsque il se trouva pollué par les eaux usées produites par la population croissante de la région.

À quelques mètres du puit, dans High Road, il y avait encore une cabine téléphonique en juillet 2012. Comme beaucoup d’autres en Angleterre comme en France, elle a depuis disparu.




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jeudi 8 avril 2021

L’éphémère des choses - Londres



2716e jour - Tomber sur la photo d’une boucherie prise à Tottenham, dans le Grand Londres, en 1991. Aller voir à quoi ressemblent les lieux aujourd’hui. Les reconnaître sans les reconnaître. Décider de remonter le temps pour voir : 2020, 2017, 2016, 2015, 2012… Et découvrir qu’à chaque passage de la Google Car ou presque l’enseigne change – et avec elle ce que l’on trouve dans la boutique…






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mercredi 7 avril 2021

Après la pluie - Rome






2715e jour - Un quartier de ferrailleurs et de casses automobiles dans le sud de Rome, coincé entre voies ferrées et voies rapides. Le Tibre n’est pas loin. Il vient de pleuvoir et je me dis que décidément j’aime la ville quand l’averse vient de passer – j’aime la lumière, j’aime les odeurs des terres et des bitumes humides après avoir été longtemps secs…

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mardi 6 avril 2021

La chasse aux Invaders - Paris





2714e jour - Ce matin, j’ai réalisé qu’en plus de dix ans d’explorations je n’avais encore jamais fait de posts sur les mosaïques d’Invader (mosaïques que nous aimons pourtant chasser en famille dans la vie “réelle”). Ça m’a donné envie de m’y mettre…

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vendredi 2 avril 2021

LaMoure, toujours LaMoure







2713e jour - LaMoure, Dakota du Nord. Juste pour le plaisir du paysage américain…

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jeudi 1 avril 2021

Multiplier les points de vue - Horace








2712e jour - Ce matin, je me suis promené à Horace, North Dakota, en cherchant tous les points de la ville d’où l’on aperçoit le château d’eau presque central. J’ai réalisé que ce serait chouette de disposer d’une carte les indiquant. Si j’avais plusieurs vies, je crois que je me lancerais dans la conception de ce genre de projets. Partout dans le monde, je m’attellerais à la tâche… En France, à Paris par exemple, ça pourrait être une carte des endroits d’où l’on voit la tour Eiffel, ou la tour Montparnasse, ou le Sacré-Cœur…

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mercredi 31 mars 2021

Closed to thru traffic - Horace


2711e jour - Horace, North Dakota. Un panneau contourné malgré tout, des véhicules qui soulèvent de la poussière. Et des envies d’imaginer, sur le champ, toute une histoire…

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mardi 30 mars 2021

Un immeuble parmi d’autres - New York

2710e jour - Un immeuble new-yorkais que je découvre lisant La Femme du Voisin de Gay Talese, construit en 1907, orné de colonnes à chapiteaux, de fenêtres cintrées, le long d’une façade ornée d’écussons de métal, avec, au-dessus du deuxième étage, les initiales du “propriétaire millionnaire qui s’en était enorgueilli, EWB”. Edward West Browning, connu sous le nom de “Papa” Browning qui fit scandale en son temps en ayant une aventure avec une jouvencelle à peine âgée de quatorze ans.


Si Gay Talese, évoque cet immeuble c’est surtout parce qu’il a abrité les locaux de Screw, tabloïd pornographique qui fit scandale, à la fin des années soixante, au début des années soixante-dix, la gloire d’Al Goldstein, son fondateur, en abordant toute la diversité possible des élans sexuels. Le magazine est célèbre pour avoir été le premier à évoquer la sexualité de J. Edgar Hoover, avec un article courageux pour l’époque intitulé “Is J. Edgar Hoover a Fag?”


Ce qui est fascinant, ici, c’est d’imaginer ce qu’était il y a une cinquantaine d’années cet immeuble où le prix du mètre-carré doit être totalement délirant aujourd’hui. Le quartier – celui d’Union Square – était encore sinistre, sinistré, sombre, malfamé. Personne ne voulait s’installer dans le coin. Gay Talese : “vers 1970, les locaux des étages supérieurs étaient loués à des occupants qu’en d’autres temps on aurait qualifiés d’indésirables. En plus de Screw, qui occupait le onzième étage, il y avait au dixième le quartier général du parti communiste américain ; et le dernier étage abritait une communauté de jeunes homosexuels qui avaient aménagé en résidence les vieux bureaux de Browning.”


Gay Talese, toujours : “L’un des locataires était un artisan qui fabriquait des coups-de-poing américains en cuivre. Il y avait un groupe d’hommes entre deux âges qui se retrouvaient un soir par semaine pour jouer avec des trains électriques dont les circuits emplissaient une salle entière. Il y avait la rédaction d’un magazine d’horreur intitulé Monster Times et, à un autre étage, celle d’un périodique à scandales : Peeping Tom. Un homme du monde […] avait fait de son étage une retraite romantique et un atelier d’artiste. Là vivait aussi une dame rousse solitaire […] qui recevait la nuit la visite de sa sœur jumelle.” Et puis, un peu avant noël 1970, deux anciens propriétaires de chaînes de fast-food louèrent le neuvième étage pour y établir un salon de massage qui attira bientôt tout un lot de visiteurs en quête de massages spéciaux.

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lundi 29 mars 2021

Ce qu’il nous reste de Robert Service - Dawson City


2709e jour - Dawson City, pas très loin du Jack London Museum, se trouve la cabane de Robert Service, construite en 1898-1899, classée lieu historique national en 1967, restaurée en 1983… Le bâtiment a été désigné édifice classé parce que Robert Service l'a habité et qu'il est un spécimen rare des premières cabanes de prospecteur qui remontent à l'époque de la ruée vers l'or.

Des panneaux, le long de la cabane, sont là pour rappeler qui a été Robert Service. Sur un de ces panneaux sont retranscrites les premières strophes d’un de ses célèbres poèmes dont je ne résiste pas, ici, à mettre l’intégralité (sinon, vous pouvez toujours, sur Youtube, en trouver une sublime lecture faite par Johnny Cash)…

The Cremation of Sam McGee - Robert W. Service

There are strange things done in the midnight sun
By the men who moil for gold;
The Arctic trails have their secret tales
That would make your blood run cold;
The Northern Lights have seen queer sights,
But the queerest they ever did see
Was that night on the marge of Lake Lebarge
I cremated Sam McGee

Now Sam McGee was from Tennessee,
where the cotton blooms and blows
Why he left his home in the South to roam
'round the Pole, God only knows.
He was always cold but the land of gold
seemed to hold him like a spell;
Though he'd often say in his homely way
that he'd sooner live in Hell.

On a Christmas Day we were mushing our way
over the Dawson trail.
Talk of your cold! through the parka's fold
it stabbed like a driven nail.
If our eyes we'd close, then the lashes froze
till sometimes we couldn't see,
It wasn't much fun, but the only one
to whimper was Sam McGee.

And that very night, as we lay packed tight
in our robes beneath the snow,
And the dogs were fed, and the stars o'erhead
were dancing heel and toe,
He turned to me, and "Cap", says he
"I'll cash in this trip, I guess;
And if I do, I'm asking that you
won't refuse my last request."

Well, he seemed so low that I couldn't say no;
then he says with a sort of moan,
"It's the cursed cold, and it's got right hold
till I'm chilled clean through to the bone
Yet 'taint being dead-it's my awful dread
of the icy grave that pains;
So I want you to swear that, foul or fair,
you'll cremate my last remains.

A pal's last need is a thing to heed,
so I swore I would not fail;
And we started on at the streak of dawn
but God! he looked ghastly pale.
He crouched on the sleigh, and he raved all day
of his home in Tennessee;
And before nightfall a corpse was all
that was left of Sam McGee.

There wasn't a breath in that land of death,
and I hurried, horror-driven
With a corpse half hid that I couldn't get rid,
because of a promise given;
It was lashed to the sleigh, and it seemed to say.
"You may tax your brawn and brains,
But you promised true, and it's up to you
to cremate these last remains".

Now a promise made is a debt unpaid,
and the trail has its own stern code,
In the days to come, though my lips were dumb
in my heart how I cursed that load!
In the long, long night, by the lone firelight,
while the huskies, round in a ring,
Howled out their woes to the homeless snows--
Oh God, how I loathed the thing!

And every day that quiet clay
seemed to heavy and heavier grow;
And on I went, though the dogs were spent
and the grub was getting low.
The trail was bad, and I felt half mad,
but I swore I would not give in;
And I'd often sing to the hateful thing,
and it hearkened with a grin.

Till I came to the marge of Lake Lebarge,
and a derelict there lay;
It was jammed in the ice, but I saw in a trice
it was called the Alice May,
And I looked at it, and I thought a bit,
and I looked at my frozen chum;
Then "Here", said I, with a sudden cry, "is my
cre-ma-tor-eum"!

Some planks I tore from the cabin floor
and I lit the boiler fire;
Some coal I found that was lying around,
and I heaped the fuel higher;
The flames just soared, and the furnace roared
such a blaze you seldom see,
And I burrowed a hole in the glowing coal,
and I stuffed in Sam McGee.

Then I made a hike, for I didn't like
to hear him sizzle so;
And the heavens scowled, and the huskies howled,
and the wind began to blow,
It was icy cold, but the hot sweat rolled
down my cheeks, and I don't know why;
And the greasy smoke in an inky cloak
went streaking down the sky.

I do not know how long in the snow
I wrestled with grisly fear;
But the stars came out and they danced about
ere again I ventured near;
I was sick with dread, but I bravely said,
"I'll just take a peep inside.
I guess he's cooked, and it's time I looked".
Then the door I opened wide.

And there sat Sam, looking cool and calm,
in the heart of the furnace roar;
And he wore a smile you could see a mile,
and he said, "Please close that door.
It's fine in here, but I greatly fear
you'll let in the cold and storm--
Since I left Plumtree, down in Tennessee,
it's the first time I've been warm".

There are strange things done in the midnight sun
By the men who moil for gold;
The Arctic trails have their secret tales
That would make your blood run cold;
The Northern Lights have seen queer sights,
But the queerest they ever did see
Was that night on the marge of Lake Lebarge
I cremated Sam McGee.

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