1816e jour - J’aime la façon dont le soleil embrase les paysages au levant, j’aime les lueurs du couchant. J’aime l’éclat des panneaux saisis dans les phares des voitures. Et j’aime aussi que les ombres projetées des corps donnent aux silhouettes des airs de Giacometti…
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mardi 11 octobre 2016
lundi 10 octobre 2016
Proximités - Nottingham
1815e jour - Des perspectives qui, sans être parfaitement similaires, pointent tout de même une identique direction. Les couleurs qui s’harmonisent – les verts d’eau, les oranges, les anthracites qui se répondent…
En l’espace d’une minute, j’ai pris ces deux images. C’était il y a quelques jours dans le sud de Nottingham. Et aujourd’hui, alors que je les dérushe, je m’enthousiasme de découvrir pareilles proximités. Certes, ce n’est pas grand chose mais c’est suffisant, une poignée de secondes durant, pour faire mon bonheur.
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vendredi 7 octobre 2016
611 Skyline Trail - Topanga Canyon
1814e jour - Lecture d’un papier sur la conception d’After the Gold Rush par Neil Young. L’article est signé Bruno Juffin (Les 100 meilleurs albums américains, hors-série des Inrocks) :
Au 611 Skyline Trail, Neil a fait l’acquisition d’une maison nichée à l’extrême sommet d’un raidillon – ainsi qu’il le découvrira par la suite au volant de sa Mini Cooper, prendre un virage trop large expose ici à finir en contrebas, sur le toit d’un voisin. Bâti tout en hauteur et étroit à l’extrême, l’édifice évoque une boîte de chaussures posée à la
verticale ; dans son sous-sol, lambrissé de planches de pin, vont s’enregistrer à partir de l’automne 1969 des chansons aussi mystérieuses et boisées que le sont les pentes environnantes.
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jeudi 6 octobre 2016
Plonger dans une image - Pantelleria
1813e jour - On est au début des années quatre-vingt et je sors de l’adolescence. J’ai des velléités d’écriture. J’aime Perec plus que tout. Je rêve d’écrire un jour moi aussi La Vie Mode d’Emploi ou Un Cabinet d’Amateur. Un des premiers textes dans lequel je me lance est une plongée dans une image : celle que donne à voir l’intérieur d’une micro-visionneuse sensée avoir été dénichée chez un brocanteur (boutique sombre au cœur d’un de ces passages que l’on trouve du côté des grands boulevards).
La vue de la visionneuse est une scène d’intérieur pas plus exceptionnelle que ça au premier abord : deux personnages assis, avec un cadre photographique accroché derrière eux. Mais quelque chose m’intrigue. Il me faut une petite minute pour comprendre : le détail de la photo d’arrière-plan est incroyablement net. Chacun des éléments qui la composent – un cadre posé sur un guéridon, un reflet sur un objet de verre, le ciel au travers d’une fenêtre d’arrière-plan… – devient l’occasion d’une plongée quasi-infini dans un nouvel univers.
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La vue de la visionneuse est une scène d’intérieur pas plus exceptionnelle que ça au premier abord : deux personnages assis, avec un cadre photographique accroché derrière eux. Mais quelque chose m’intrigue. Il me faut une petite minute pour comprendre : le détail de la photo d’arrière-plan est incroyablement net. Chacun des éléments qui la composent – un cadre posé sur un guéridon, un reflet sur un objet de verre, le ciel au travers d’une fenêtre d’arrière-plan… – devient l’occasion d’une plongée quasi-infini dans un nouvel univers.
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J’éprouve une impression quasi-similaire à Pantelleria. C’est aux abord d’une crique au nord de l’île. Depuis trois jours déjà, je zoome de tous côtés dans le même panoramique (mes posts d’hier et d’avant-hier étaient également des plongées dans cette même image). De tous côtés, j’ai l’impression de découvrir mille vies dont j’aimerais tirer les fils. /////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci
mercredi 5 octobre 2016
Leurs corps - Pantelleria
1812e jour - Deux questions qui s’enchaînent dans mon esprit :
1. Est-ce que j’aimerais, moi, ainsi apparaître dans Street View à moitié nu ?
2. N’existe-t-il pas après tout, sans que je le sache, des images sur lesquelles j’apparais et que je préférerais ne pas voir étalées au regard du monde ?
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mardi 4 octobre 2016
Une idée du paradis - Pantelleria
1811e jour - Pantelleria, un ilot italien perdu au large des côtes tunisiennes réputé pour sa production de câpres ou de vin. Des côtes rocheuses (l’île est la partie émergée d’un complexe volcanique), des cuvettes d’eau claire à l’abri des vagues et des courants.
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Wikipédia : Ces dernières années, la rusticité de Pantelleria a attiré une clientèle haut de gamme. Des personnalités de la musique et du cinéma y effectuent des séjours réguliers. C'est le cas de Madonna, de Sting mais également de Giorgio Armani qui y possède une villa ou de Carole Bouquet et Gérard Depardieu qui sont même devenus propriétaires de terres vinicoles./////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci
lundi 3 octobre 2016
Choses vues - Blackpool
1810e jour - Un homme en fauteuil qui tient une bassine sur ses genoux / Des punks, une mouette / Le tee-shirt d’une femme, avec un tigre débonnaire dans le dos, énorme / Des façades de lieux qui se veulent attractifs, un grand-huit / Un couvreur sur son toit à contre-jour / Un homme au téléphone, de dos ; un autre sur la jetée en train de pianoter / Des mots au-dessus d’une rue : Welcome to Charnley Road
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vendredi 30 septembre 2016
Ne pas bouger - Blackpool
1809e jour - Homme statue… Imaginer les jours de grosses chaleurs (même à Blackpool, il y en a). Imaginer les jours de pluie. Et le vent en rafale. Imaginer les enfants relous et les gars avinés, les punks de passage. Imaginer les heures qui passent sans même que personne ne s’arrête.
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jeudi 29 septembre 2016
Secrets - Blackpool
1808e jour - La façade n’a rien d’exceptionnel et le quartier n’est en rien folichon mais le mot – Secrets ! –, interpelle. Il donne envie de savoir ce qui se trame derrière vitres et rideaux. Un site internet (secretsofblackpool.com) est là pour donner un semblant de réponse. On y trouve des photos d’un salon : murs rouges, miroirs, colonne capitonnée, canapé de cuir et fauteuils – et même une télé, écran plat, face au canapé, s’il s’agit de patienter.
Sur le site, il y a aussi deux photos d’une salle de bain entièrement carrelée – une baignoire sans intérêt, un lavabo des plus simples. Et l’on se demande si ces photos d’une salle de bain plutôt insignifiante sont là pour dire l’hygiène possible ou bien la possibilité de jeux sexuels spécifiques.
Il y a des photos de chambres, deux – rose, rouge, fanfreluches, coussins tout en peluche. Sur l’un des lits photographiés sont posés des escarpins, talons pointus.
Ailleurs sur le site, rubrique “Our Girls” (No booking required, just come along straight to our place on Cookson Street, Blackpool!), on découvre des “portraits” succincts, associées à des séries de photos en dessous sur lesquelles jamais les visages ne se voient :
AGNES / Age: 29 / Dress size: 12 / Bust: 38 D / Profile: Young and Beautiful
Ou alors :
KAYA / Age: 25 / Dress size: 8 / Bust: 36 C / Profile: Young and Beautiful
Sachant cela, on se dit qu’on n’est guère plus avancé. Difficile de concevoir les mystères de vies passées dans pareils espaces.
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mercredi 28 septembre 2016
Revenir - Blackpool
1807e jour - Même si elles éveillent chez moi un semblant de nostalgie, j’aime – c’est plus fort que moi – voir les traces du temps qui passe. J’aime retrouver les lieux après que des années se soient écoulées.
Aujourd’hui,
c’est à Blackpool que je suis retourné – je m’y étais promené en avril
2012. À l’époque, j’avais été intrigué par une série de portraits sur
une palissade, et notamment celui d’une femme dont je me demandais ce
qu’elle avait bien pu faire pour être ainsi exposée. Je n’ai jamais eu
la réponse et la palissade depuis a perdu ses couleurs (au-delà, le
chantier lui ne semble pas avoir avancé).
À
l’époque, je m’étais également intéressé à une cabine de voyance sur la
promenade – celle de Gipsy Lee/Sarah Petulengros. À la place,
maintenant, il n’y a plus qu’un grand vide. La voyante a déménagé côté
plage, dans une cahute pleine de baies vitrées (j’ai retrouvé sa trace
grâce à la presse locale). Aux dernières nouvelles, elle va bien.
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mardi 27 septembre 2016
Où est l’image ? - Newark
1806e jour - Expérience du jour : photographier un appareil factice dans un monde virtuel. Se demander, ce faisant, si l’on est photographe.
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lundi 26 septembre 2016
Le début d’une histoire - Newark
1805e jour - les images sont pour moi des déclencheurs. Il suffit, dans un appart’hôtel, que je tombe sur un fauteuil tournée vers une baie vitrée pour que j’imagine aussitôt un homme qui attend une femme. Il vient de l’avoir au téléphone. Il lui a demandé de venir le rejoindre. Elle a accepté – le temps de passer chez elle se changer, de prendre une douche (elle sort du boulot)…
Il attend. Fébrilités, impatiences. Pour l’instant, il n’ont échangé que par mail, par téléphone. Ils ont skypé aussi un peu. Il se demande s’ils vont coucher ensemble. Il ne sait rien ou presque de son corps. Il rêve de caresses, de contacts. Il attend de voir sa voiture arriver, il sait que c’est un Cruiser rouge.
Les minutes défilent puis les heures.
À partir de là, l’univers des possibles est des plus vastes.
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Il attend. Fébrilités, impatiences. Pour l’instant, il n’ont échangé que par mail, par téléphone. Ils ont skypé aussi un peu. Il se demande s’ils vont coucher ensemble. Il ne sait rien ou presque de son corps. Il rêve de caresses, de contacts. Il attend de voir sa voiture arriver, il sait que c’est un Cruiser rouge.
Les minutes défilent puis les heures.
À partir de là, l’univers des possibles est des plus vastes.
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