vendredi 16 janvier 2015

Les projets insensés - Novomikhaylovskiy

1495e jour - Enfant, sans doute que je lui ressemblais à ce garçon qui tente de déplacer des pierres trop grosses pour lui. Pareillement, je pouvais m’échiner à construire un muret ou une digue inutile.
Il m’arrive encore aujourd’hui d’avoir l’impression, souvent, de me lancer dans des projets tout aussi insensés. Mais, pour avancer, j’essaye de ne pas trop y penser.

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jeudi 15 janvier 2015

Sous d’autres cieux (8) - Mount-Vernont

1494e jour - Le voyage du jour est délocalisé. C’est ici, si ça vous chante, que vous pouvez le retrouver : Unidivers, le webzine culturel de Rennes.

Rappel : depuis septembre dernier, tous les quinze jours, mon périple prend la forme d’une chronique sur Unidivers le long d’un fil (presque) imaginaire : le 48e parallèle Nord (j’ai déjà visité Rajka en Hongrie, Esquibien, Finistère ou Makarov sur l’île de Sakhaline ; difficile de dire où je serai demain)…

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mercredi 14 janvier 2015

Le chien de l’aéroport de Vorkouta

1493e jour - J’ai reçu un mail. Ce mail dit :
Tiens, pour ta punition, je t’envoie un cliché que je vais porter au journal (je te suis comme ton ombre) (c’est l’aéroport de Vorkouta – j’aime ce chien…)
À bientôt cette année un café quand même (tous mes vœux) (quand même)
(salut et fraternité)
P.
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Je dois avouer que ça m’a plu d’imaginer P. devant sa machine, se promenant à sont tour dans (le virtuel) Vorkouta.
Pour ma part, je m’apprêtais à quitter la ville (en fait, j’étais déjà loin) mais cet aéroport où durant mon “séjour” je ne m’étais pas promené m’a intrigué. Alors, j’ai fait un bond, je suis allé voir…








Je ne sais pas si P., dans sa déambulation, a vu ce que moi j’ai vu : le petit cabanon bleu au toit orangé sur fond d’immeuble de béton ; la cheminée rouge et blanche sur l’horizon (et son panache de vapeur) ; la famille (une mère, deux enfants) qui accompagne le chien. Et puis le chien lui-même, occupé à gambader sur toute l’esplanade (l’aéroport de Vorkouta ne semble pas briller par son trafic), heureux et libre.

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mardi 13 janvier 2015

Dissémination - Vorkouta



1492e jour - Combien de ceux qui grandissent ici restent dans la région ? Combien se réfugient dans un ailleurs ? Saint-Petersbourg, Moscou, plus loin encore…
J’aimerais disposer d’une carte de la dissémination des enfants de Vorkouta. Y en a-t-il à Paris ? New York ? Los Angeles ? Et, si oui, combien ?…

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lundi 12 janvier 2015

J’ai photographié - Vorkouta







1491e jour - À Vorkouta, j’ai photographié des reflets dans l’eau du dégel, j’ai photographié des voitures semblant condamnées à devenir des épaves.

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dimanche 11 janvier 2015

Ce qui me déroute - Vorkouta






1490e jour - Ce qui me déroute quand je me promène en ces contrées inhospitalières et lointaines (lointaines pour moi ; tout est relatif), c’est à quel point les gens semblent mener des vies normales (il faudrait, ici, que je surligne de guillemets de principe), à quel point eux-même paraissent être des personnes comme vous et moi, en aucune façon des super-héros.

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samedi 10 janvier 2015

Vorkoutlag - Vorkouta



1489e jour - Wikipédia, je lis :
Le Vorkoutlag est un complexe de camps du Goulag situé près de la ville minière de Vorkouta. Aménagé à partir des années 1930, il fut l'un des camps du Goulag les plus durs. Le complexe rassemblait plusieurs milliers de détenus qui exploitaient le charbon. 

Le Vorkoutlag produisit en 1938 plus de 188 000 tonnes de charbon et employait 15 000 détenus. 
[…]
Les camps autour de Vorkouta étaient les plus peuplés de toute la partie européenne de l'Union soviétique et servaient de plus à gérer d'autres camps plus petits comme ceux de Kotlas, Pétchora et Ijma (appelée maintenant Sosnogorsk). 

Après la mort de Staline, en 1953, les détenus se révoltèrent contre leurs conditions de détention (les températures pouvant en hiver atteindre −60 °C) et se mirent en grève le 25 juillet, avant d'être implacablement réprimés par l'Armée rouge, qui ouvrit le feu le 1er août, puis par le NKVD. Jan Mendriks fait partie de ceux qui furent tués. La plupart des camps du Goulag cessèrent leur activité dans les années 1950. Cependant, certains assurent que des camps continuèrent de fonctionner dans la région de Vorkouta jusque dans les années 1980. 

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vendredi 9 janvier 2015

Le pays où la neige est noire - Vorkouta







1488e jour - Mi-mai dans l’extrême nord de la Russie. Le dégel a commencé, c’est sûr : partout des flaques profondes en lieu et place des ornières. Partout des congères, parfois plus hautes qu’un homme, noires de suif et de poussière. J’imagine que pour les gens d’ici, ces paysages d’apocalypse sont une forme de soulagement après les rigueurs de l’hiver (il n’est pas rare en janvier, en février, que les températures atteignent les - 60°C).

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jeudi 8 janvier 2015

Climax, Géorgie

1487e jour - Climax /kli.maks/ masculin invariable
Étymologie
Du grec klimaxis = petite échelle, escabeau ( voir l'échelle de St Jean Climaque)

1. (Rhétorique) Point culminant d’une énumération progressive, d’une gradation ascendante ou descendante. La continuation doit non seulement poursuivre l’exposé des idées de façon cohérente mais également croître en intensité. Cette évolution contribue à l’élan et à la direction. Le climax est l’aboutissement de cet élan.

2. (Écologie) État final d’une succession de végétations au même endroit, dans le temps, et l’état le plus stable dans les conditions de sol et de climat existantes.

3. (Spectacle) Temps final particulièrement surprenant d’un tour de prestidigitation. Pour le climax, retournez ostensiblement une allumette pour montrer deux faces identiques(vierges ou marquées). Puis exécutez le mouvement, vous montrerez ainsi que le dos des allumettes est identique à leur face. — (Notice du tour de L’Allumette voyageuse)










Wikipédia : Climax est [également] une compilation d'Alain Bashung, parue le 24 août 1999 chez Barclay Records. L'album contient des versions inédites de certains titres, en collaboration avec d'autres artistes de la scène francophone (Noir Désir, Rodolphe Burger, Rachid Taha ou Matthieu Chedid). Il comporte aussi deux reprises : une de Christophe (Les Mots bleus) et une de Jacques Brel (Le Tango funèbre).
Et puis, Climax est un bourg paisible de Géorgie, pas suffisamment grand pour avoir sa page Wikipédia en français. Climax, 297 habitants, 78 familles et, le samedi suivant Thanksgiving, un festival au cours duquel se tient, entre autres, des courses de cochons ou de bébés rampants.

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mercredi 7 janvier 2015

Prendre la ligne 11 - Paris













1486e jour - Tous les jours ou presque je prends la 11. C’est une des rares lignes dont je connaisse le nom de chacune des stations, dans l’ordre d’avancée, de Châtelet à Mairie des Lilas. C’est une des rares lignes dont je connaisse, à chaque halte, les extérieurs. Partout, ici, j’ai des souvenirs, par dizaines. Exemples : Châtelet, un spectacle de Bob Wilson ; Hôtel de ville, un tour de manège un dimanche en fin d’après-midi ; Rambuteau, le badminton le vendredi soir ; Arts et Métiers, du lait de jument acheté chez Naturalia ; République, les manifs contre la loi Devaquet ; Goncourt, le kiosque à journaux ; Belleville, des rendez-vous aux Folies ; Pyrénées, la poste de la rue Clavel ; Jourdain, là où j’habitais ; Place des Fêtes, une de mes premières sorties nocturnes à Paris ; Porte des Lilas, une nuit à l’hôpital Robert Debré ; Mairie des Lilas, une naissance un 1er mai…

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