jeudi 11 décembre 2014

Une journée particulière - Dudelange

1463e jour - Il a bien fallu qu’il y ait un dernier client. Peut-être celui-ci n’a-t-il pas payé. Ça doit être un drôle de truc, au niveau de l’émotion, de se dire que l’on va définitivement tirer les rideaux.
Dernièrement, je me suis promené dans Saint-Quentin, dans l’Aisne. Rideaux de fer baissés, vitres passées au blanc, vitrines couvertes d’affichages sauvages… Une boutique sur deux était fermée. Et c’est pareil à peu près partout dans nos régions. On s’habitue d’une certaine façon, comme devant la masse des SDF dans Paris. On finit par oublier, c’est crétin, qu’à chaque fois (ou presque) se jouent de petites tragédies humaines.

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mercredi 10 décembre 2014

Faux-semblants - Dudelange



1462e jour - Au premier regard, on pourrait se croire à New York. Broadway ou Upper East Side, un reflet dans une vitrine… Mais il suffit de dézoomer pour apercevoir le décor tout autour et découvrir un autre ailleurs.
Voilà. C’est ainsi que je fais mes premiers pas à Dudelange, Grand-Duché du Luxembourg.
Ci-dessous, le contrechamp “réel” (l’autre côté du miroir en quelque sorte).



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mardi 9 décembre 2014

Le visage d’un enfant - Belfast

1461e jour - S’il fallait aujourd'hui que je prenne l’avion comme ça, sur un coup de tête, je choisirais Belfast pour destination juste pour le plaisir, quelques secondes durant, de survoler ce portrait qu’on ne peut voir que d’en haut.

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lundi 8 décembre 2014

On recommence quand tu veux - Rio, Volta Redonda…

Stephan Zaubitzer, photographe, est parti au Brésil pour y poursuivre son grand inventaire des salles de cinéma remarquables. Et moi, je me suis engagé à explorer en parallèle, dans Street View, les lieux qu’il s’apprêtait à visiter. 
Chacun de notre côté, jusqu’à aujourd’hui, nous avons posté régulièrement nos impressions de voyage…

1460e jour - Voilà. Stephan est dans l’avion du retour. Je pourrais poursuivre pour ma part mon périple (il y a quelques adresses qu’il m’a fournies et que je n’ai pas encore explorées) mais, c’est bête, j’ai l’impression que ça aurait moins de sens sans le savoir sur le terrain. Alors, je regarde mes albums d’images – avec un brin de nostalgie déjà.
Message personnel (une fois n’est pas coutume) : Stephan, on recommence quand tu veux !
















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 Et sinon, vous pouvez suivre ici les pérégrinations dans le réel de Stephan Zaubitzer.

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dimanche 7 décembre 2014

Un autre plaisir simple - Volta Redonda

Stephan Zaubitzer, photographe, vient de partir au Brésil pour y poursuivre son grand inventaire des salles de cinéma remarquables. Et moi, je me suis engagé à explorer en parallèle, dans Street View, les lieux qu’il s’apprête à visiter. 
Chacun de notre côté, nous posterons régulièrement nos impressions de voyage…

1459e jour - Il y a quatre jours, je revendiquais ici le goût des plaisirs simples – il s’agissait alors d’imaginer pourquoi une femme s’était arrêtée pour photographier, à l’aide de son téléphone, une salle de cinéma.
Je confirme aujourd'hui plus que jamais ce goût. Mais le plaisir, cette fois, consiste à se parachuter dans le cadre exact d’une photo prise par un autre (c’est toujours troublant de voir le même lieu à deux époques, de voir les traces du temps qui passe). J’ai déjà joué à cela sur des paysages de Stephen Shore par exemple (ici, ici ou ici).



Tout à l’heure, je viens de m’amuser à retrouver les lieux d’une image prise par Stephan Zaubitzer lors de son périple brésilien (photo du haut, prise à Volta Redonda, état de Rio, en bordure d’un complexe sidérurgique aux dimensions impressionnantes).
Mais mon voyage étant un voyage dans le temps autant que dans l’espace, le plus étonnant est peut-être que mon image – prise après celle de Stephan – est paradoxalement plus ancienne que la sienne. Elle est datée, pour être précis, de janvier 2012.

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samedi 6 décembre 2014

La fille qui pianote - Rio

Stephan Zaubitzer, photographe, vient de partir au Brésil pour y poursuivre son grand inventaire des salles de cinéma remarquables. Et moi, je me suis engagé à explorer en parallèle, dans Street View, les lieux qu’il s’apprête à visiter. 
Chacun de notre côté, nous posterons régulièrement nos impressions de voyage…



1458e jour - À Paris, il y a peut-être un mois, j’ai longuement observé une femme qui ressemblait étrangement à cette inconnue de Rio. De la même façon, elle pianotait sur son téléphone… attendait une réponse… pianotait à nouveau.
En fait, je m’en rappelle, c’était le 1er novembre. Il faisait étonnamment doux et je m’étais installé à la terrasse d’un café sur le trottoir d’en face. Je n’avais guère mieux à faire que l’observer.
Elle ne bougeait pas – je veux dire, elle restait sur place, au bord de la chaussée, près d’un feu – comme s’il s’était agit là d’un lieu commun (normal) de rendez-vous. Oui, à rester ainsi sur place, on aurait pu imaginer qu’elle attendait quelqu’un.
Mais ce jour-là, personne ne vint. À un moment, alors que rien ne pouvait laisser supposer que cela allait arriver, elle mima le geste de jeter violemment son téléphone sur le bitume – elle mima seulement mais l’espace d’un instant, je crus qu’elle l’avait fait vraiment.
Qu’adviendra-t-il, ici à Rio ?…

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vendredi 5 décembre 2014

Je cherche - Rio

Stephan Zaubitzer, photographe, vient de partir au Brésil pour y poursuivre son grand inventaire des salles de cinéma remarquables. Et moi, je me suis engagé à explorer en parallèle, dans Street View, les lieux qu’il s’apprête à visiter. 
Chacun de notre côté, nous posterons régulièrement nos impressions de voyage…



1457e jour - Finalement, j’ai bien l’impression que les adresses de cinémas ne sont que des prétextes ; disons l’occasion d’un jeu. Souvent quand je pointe où Stephan me dit de pointer je ne trouve même pas de salle. C’est le cas à l’adresse du jour :
Alameda São Boaventura, 605 - Fonseca
Je me promène quand même ; ce n’est pas grave. Pour voir.



Peut-être Stephan se joue-t-il de moi. Peut-être, les yeux bien fermés, pose-t-il son doigt au hasard sur la carte. Peut-être attend-il de moi que dans un geste médiumnique je mette la main sur une salle virtuelle, seulement présente dans ce monde parallèle que je traverse – une salle invisible…
L’idée me plaît.
Pour l’instant, je ne tombe que sur des voies sans issues. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot. Je cherche.

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jeudi 4 décembre 2014

Le courage de compter - Barra do Piraí

Stephan Zaubitzer, photographe, vient de partir au Brésil pour y poursuivre son grand inventaire des salles de cinéma remarquables. Et moi, je me suis engagé à explorer en parallèle, dans Street View, les lieux qu’il s’apprête à visiter. 
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1456e jour - Stephan m’a fait sortir de Rio. À Barra do Piraí, dans ce qui tient lieu de rue principale (la Rua Gov. Portela), il y a un cinéma qu’il a photographié (ou, tout au moins, dont il m’a donné les coordonnées). Le cinéma, pour changer, est devenu une église. Je l’ai dépassé sans même vraiment m’arrêter. Plus loin, j’ai photographié des gens qui s’embrassaient – c’était au-dessus du Rio Paraíba do Sul.




Et puis, j’ai pris des petites rues qui très vite sont devenues des voies de terre. Je suis sorti de la ville. Dix minutes ont suffit pour que je me retrouve en pleine campagne. Là, au milieu de nulle part, je suis tombé sur un terrain de foot improvisé – j’ai rêvé d’y voir un match.



J’ai poursuivi mon chemin – celui-ci faisant une boucle, je suis revenu vers la ville. À l’orée de celle-ci, je me suis arrêté devant un mur de pierre. Je me suis demandé combien elles étaient, ces pierres (le mur fait une centaine de mètres de long). Mais je n’ai pas eu le courage de compter.

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mercredi 3 décembre 2014

Plaisirs simples - Rio

Stephan Zaubitzer, photographe, vient de partir au Brésil pour y poursuivre son grand inventaire des salles de cinéma remarquables. Et moi, je me suis engagé à explorer en parallèle, dans Street View, les lieux qu’il s’apprête à visiter. 
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1455e jour - La première fois que je suis passé, le cinéma était fermé.
J'ai relevé les titres à l’affiche. J’ai été heureux, c’est bête, de découvrir qu’ici, loin du centre historique, dans l’un des films projetés, jouait un de mes voisins – cette joie un peu crétine m’a fait penser à celle que l’on éprouve quand, en voyage, on découvre une plaque d’immatriculation aux couleurs de son département (les provinciaux comprendront) ; ou alors quand dans une file d’attente, au MacDo par exemple, on entend parler sa propre langue. Bref, je ne suis resté que trois minutes aux abords du cinéma.



Plus tard, je suis revenu et le cinéma, cette fois, était ouvert mais je n’y suis pas entré pour autant. J'en ai fait le tour. Avec méthode.
Repartant, j’ai aperçu une femme qui le photographiait. Je me suis demandé si elle était du quartier ou d’ailleurs, si elle était en repérage… J’ai rêvé, l’espace d’un instant, qu’elle était là pour garder une trace des lieux de son premier baiser. J’ai tenté d’imaginer la scène, vingt ou trente ans en arrière. Parfois – bien souvent –, je me nourris de plaisirs simples.

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mardi 2 décembre 2014

Démonstration (aérienne) - Rio

Stephan Zaubitzer, photographe, vient de partir au Brésil pour y poursuivre son grand inventaire des salles de cinéma remarquables. Et moi, je me suis engagé à explorer en parallèle, dans Street View, les lieux qu’il s’apprête à visiter. 
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1454e jour - Botafogo. Aujourd’hui, j’aurais dû suivre Stephan dans sa tournée des cinémas (il m’avait indiqué des adresses dans les parages) mais tout le monde semblait se diriger vers la plage alors – ça a été plus fort que moi – j’ai suivi me mouvement. Pour voir.

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lundi 1 décembre 2014

Sous d’autres cieux (6)

1453e jourLe voyage du jour est délocalisé. C’est ici, si ça vous chante, que vous pouvez le retrouver : Unidivers, le webzine culturel de Rennes.


Rappel : depuis la rentrée, tous les quinze jours, mon périple prend la forme d’une chronique sur Unidivers le long d’un fil (presque) imaginaire : le 48e parallèle Nord (j’ai déjà visité Rajka en Hongrie, Esquibien, Finistère ou Makarov sur l’île de Sakhaline ; difficile de dire où je serai demain)…

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dimanche 30 novembre 2014

Point de chute - Rio

Stephan Zaubitzer, photographe, vient de partir au Brésil pour y poursuivre son grand inventaire des salles de cinéma remarquables. Et moi, je me suis engagé à explorer en parallèle, dans Street View, les lieux qu’il s’apprête à visiter. 
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1452e jour - Si j’ai bien compris, le pointage des lieux repérés à partir du téléphone de Stephan n’est pas une science exacte. C’est comme ça, par exemple, que je me suis retrouvé à remonter toute la Rua Senador Dantes dans l’espoir vain d’y dénicher un cinéma.
Je ne regrette pas la balade. Ça m’a permis de saisir tout un tas d’images à côté desquelles sinon je serais passé (une femme dans le reflet de la vitre d’un bus, des flics en faction, voiture garée sur le trottoir…).





Bref, ayant fini par renoncer à chercher mon cinéma, j’ai continué d’avancer sans trop de but. Et là, bien sûr, je suis tombé sur une salle (je ne sais pas si celle-là Stephan la connaît). C’était dans la Rua Alvaro Alvim, une voie étroite qui ne doit pas voir le soleil bien souvent. Le Ciné Rex est spécialisé dans le porno – c’est quand même le deuxième en deux jours ! – mais est beaucoup moins charmant, a priori, que l’Iris d’hier.
J’aurais pu m’arrêter là, content de ma trouvaille, mais j’ai poursuivi mon chemin. Et je crois bien que sans le vouloir je suis tombé sur la salle que Stephan avait tenté de m’indiquer : le majestueux Odéon.
Les rideaux de fer étaient baissés. Il y avait un type, devant l’entrée, qui téléphonait. J’aurais pu aller le trouver pour lui demander s’il savait à quelle heure ça ouvrait (je suis à peu près sûr qu’il m’aurait répondu). Mais je me suis dit que ce n’était pas la peine, qu’il suffisait de demander à Stephan. Je suis prêt à parier que lui il sait.





>>> Et sinon, vous pouvez suivre ici les pérégrinations dans le réel de Stephan Zaubitzer.

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