mardi 14 octobre 2014

Promeneurs de chiens - Buenos Aires

1405e jour - Plus tard, ce soir-là, alors que je venais de la quitter depuis une heure à peine, elle m’a appelé parce qu’elle venait de se souvenir de promeneurs de chiens aperçus à Buenos Aires, c’était un truc qui l’avait marquée : des types avec des grappes de chiens tenus en laisse, des petits, des gros.
Toujours au téléphone, elle me demanda d’attendre une seconde, le temps d’ouvrir une page sur internet. Elle lut : Je me souviens encore de mon étonnement la première fois que je vis dans la rue une meute de chiens (une bonne quinzaine) tous tenus en laisse par un seul homme… En fait, il s'agissait de ce qu'on appelle ici un promeneur de chiens ou "paseador de perros"…
Elle ajouta : J'espère que tu auras l'occasion d'en voir.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

lundi 13 octobre 2014

Sur ses traces - Buenos Aires




1404e jour - À Buenos Aires, elle n’a passé qu’une dizaine de jours, dans un temps où nous ne nous connaissions pas encore. Dix jours, c’est peu. Et pourtant. Je ne saurais l’expliquer : la ville pour moi lui est définitivement liée. Alors, la veille de mon départ, je suis allé lui rendre visite. Je lui ai demandé de quoi elle se souvenait exactement – par exemple si elle avait pris les transports en commun – ou si elle pensait qu’elle aurait des repères, aujourd’hui, si elle se retrouvait parachutée dans la ville. J’ai posé mille questions, cherchant à sonder les traces en elle.
Elle m’a parlé de Colón, de la Confitería Ideal et d’autres salles où elle a dansé ou alors de cours donnés par je ne sais plus quel professeur illustre dans une maison située dans Cochabamba.
Mentalement, j’ai pris des notes qu’ensuite j’ai reporté dans un carnet.
Pour conclure, elle m’a dit : De la ville, finalement, je n’ai pas vu grand chose. Je suis restée dans “mon quartier”. Sinon, j’ai pris des taxis, je me suis faite conduire. Je n’ai jamais pris le métro.
Et l’océan ? L’océan, elle ne l’a vu que d’avion. À l’époque, dans sa vie, la danse tenait lieu d’essentiel.

/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

dimanche 12 octobre 2014

Dernières lignes (ou presque) - Paris

1403e jour - Je lis :
Après que la Gaumont a changé de main, Rassam va continuer de vivre de projets avortés en rendez-vous manqués, de pourparlers décourageants en trahisons prévisibles, dix années de naufrage entraînant les ravages physiques, le découragement moral, le mépris de tout et l’abandon du reste. Ne restera que la came qui deviendra sa dernière raison d’exister.
Jean-Pierre Rassam est retrouvé mort le 28 janvier 1985, au 6, avenue de La Motte-Picquet, à Paris, dans la maison de sa femme, Carole Bouquet, avec qui il a eu un enfant, Dimitri, alors âgé de trois ans.

Ce sont les dernières lignes (ou presque) de Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, livre de Christophe Donner paru chez Grasset en 2014. Et parce qu’une adresse est mentionnée je ne résiste pas : je vais voir.


///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

samedi 11 octobre 2014

Et aussi - Phnom Penh







1402e jour - À chaque voyage, se multiplient les “et aussi”. Des fragments, des instants, par dizaines, par centaines. Chaque ville devient pour moi un grand miroitement d’éclats composites, d’images furtives, éphémères. Dans dix ans peut-être retomberai-je sur certaines de ces photos. Je chercherai à me souvenir – je ne suis pas sûr que tout revienne.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

vendredi 10 octobre 2014

Une forme de symétrie - Phnom Penh


1401e jour - Deux hommes assis sur leurs scooters. Ils sont habillés de sombre, ils ont la tête baissée. Mais alors que l’un est plongé dans la lecture des textes et des images qui défilent sur l’écran de son téléphone, l’autre se perd dans la contemplation de ses pieds.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

jeudi 9 octobre 2014

La fois où nous avons skypé - Phnom Penh





1400e jour - Nous avons skypé ce jour-là. Cela faisait deux, trois heures déjà que j’étais tout excité à l’idée de cet appel (j’avais l’impression d‘avoir tant à te dire).
Il faisait nuit depuis longtemps de mon côté. Chez toi, m’as-tu expliqué, les fenêtres étaient grandes ouvertes, tu étais en plein soleil. C’était l’été indien à Paris. Heureusement, as-tu aussitôt ajouté, parce que sinon je serais au trente-sixième dessous.
Manque de sommeil, accumulation des soucis… Tu étais épuisée. Tu en avais marre de tout. Et moi, de mon côté de l’écran, comme un imbécile, je me suis retrouvé désappointé (un peu déçu même). Parce que tout ce que je voulais, c’était te parler de ma journée et d’une fille que j’avais suivi la matinée entière sans oser au final l’aborder.
Je n’étais pas préparé à devoir trouver des mots pour te consoler. Je ne suis pas sûr d’avoir vraiment fait les efforts nécessaires. La conversation a tourné court.
Aujourd’hui, je me dis qu’il faudrait que je t’écrive pour te dire que je regrette.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

mercredi 8 octobre 2014

Une partie de football - Phnom Penh






1399e jour - Je n’ai pas réussi à comprendre qui exactement est en train de jouer mais peu importe après tout. Le stade est gigantesque en regard du nombre de spectateurs. J’accumule depuis une demi-heure déjà des allers-retours sur l’allée qui borde les plus hauts des gradins. J’observe le paysage alentour autant que le match (faible niveau technique, jeu brouillon de cour d’école). Une femme est assise dans les travées qui pas plus que moi ne semble s’intéresser vraiment à la partie. J’hésite à aller m’installer à ses côtés mais finalement ne le fais pas. Bref, il ne se passe pas grand chose et j’ai bien l’impression que c’est très bien ainsi.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

mardi 7 octobre 2014

Diptyque - Phnom Penh


1398e jour - Les deux photos sont affichées l’une au-dessus de l’autre sur mon écran. La première, je l’ai prise au petit matin à l’intérieur d’un temple situé le long du Mekong. Au moment de la prendre, j’ai hésité à me déplacer de quelques pas pour mieux saisir le visage tout entier mais – peur de gêner, d’être repéré – je n’ai pas osé. La seconde, si j’en crois les informations liées à l’image, je l’ai prise à 17h53 précisément. Elle pourrait être titrée “Homme qui pisse sur un étal de poissons géants”.
Ces deux images n’ont a priori rien à voir l’une avec l’autre (si ce n’est d’avoir été saisies à Phnom Penh) mais pour moi, depuis qu’elles sont affichées l’une au-dessus de l’autre sur mon écran, elles sont irrémédiablement liées – un peu comme si la femme posait un regard réprobateur sur les soulagements publics de l’homme ; un peu comme si ce dernier, par son geste, la défiait.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

lundi 6 octobre 2014

Graphie - Phnom Penh

1397e jour - Question : un Cambodgien, observant nos écritures occidentales, s’émerveille-t-il autant que moi ici ? trouve-t-il nos graphies fascinantes ? incroyablement exotiques ?

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

dimanche 5 octobre 2014

Séries de chiffres - Phnom Penh




1396e jour - Régulièrement, dans les quartiers populaires de la ville, on peut tomber sur des séries de chiffres bombés sur les murs. Ça ressemble à des numéros de téléphone. C’est en tout cas ce que je me suis dit les premières fois où je les ai aperçus. Je suppose, à la réflexion, qu’ils servent à marquer des emplacements réservés pour les deux roues des gens qui vivent et/ou travaillent dans le coin. Mais peut-être s’agit-il de tout autre chose.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

samedi 4 octobre 2014

La grotte - Phnom Penh







1395e jour - La ruelle fait une petite centaine de mètres de long. Elle suit quasi parfaitement un axe Est-Ouest. Face à chacune de ses extrémités se dresse un haut building si bien que jamais, quelle que soit l’heure, on n’y voit directement le soleil. De jour comme de nuit, il faut allumer (éclairages souvent au néon). Les gens qui y travaillent, même s’ils ont conscience du ciel au-dessus de leurs têtes, l’appellent “la grotte”.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.

vendredi 3 octobre 2014

Entre deux mondes - Phnom Penh


1394e jour - J'aime jouer à faire croire : dézoomer par exemple et faire apparaître un cadre urbain autour d'une image affichée que l'on aurait pu croire, initialement, être le paysage lui-même.
En fait, tout bien réfléchi, ce jeu est un peu une métaphore de mon voyage, toujours en équilibre entre deux mondes, deux réalités chacune à  sa façon virtuelles.

///////
 Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.