mardi 14 janvier 2014

Les gens que l’on croise - À proximité du Mont Rushmore


1161e jour - L’homme dit : Ces photos, elles datent de la période où on habitait encore à Rapid City. Les parents de ma femme étaient venus nous visiter – à l’époque, eux, ils vivaient à Seattle. Aujourd'hui, c’est marrant, c’est pratiquement l’inverse : nous à Tacoma, eux à Custer. Bref, on ne pouvait pas ne pas les emmener faire un tour du côté du Mont Rushmore.


Les photos ont été prises sur la route dans les environs, à proximité d’une aire de stationnement. On s’était arrêtés pour pique-niquer. Il y avait tout un groupe de motards. On a commencé à discuter avec eux. Ils venaient de Denver si je me souviens bien. Ils étaient plutôt sympas… Oui, on a pas mal échangé mais je ne sais plus trop bien de quoi on a parlé ; ça commence à remonter…
Une chose que je me rappelle c’est qu’il y avait, dans le lot, des jumeaux qui n’étaient pas nés la même année ! Ils avaient sorti leurs papiers pour nous le prouver. L’un était né le 31 décembre peu avant minuit, l’autre juste après et voilà…
Ça m’avait scotché.


Il y avait cette fille, aussi, celle en mini-short sur une des photos ; très maigre. C’est bizarre mais je me souviens de son prénom – Debbie. Il faut dire qu'elle avait un putain de sex-appeal… Une ou deux fois, ensuite, il m’est arrivé de fermer les yeux quand nous faisions l’amour avec ma femme et d’imaginer que c’était elle qui était serrée contre moi.

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lundi 13 janvier 2014

Les lieux du désir - Mont Rushmore


1160e jour - S’il fallait que je me lance dans un Top 5 des lieux que j’aimerais visiter, figurerait sans aucun doute le Mont Rushmore. Ou, plus exactement, le Mont Rushmore une fin de printemps, en fin de journée – ciel encore azur et une vingtaine de degrés (Celsius).
Mais pourrait également être présent sur cette liste le Mont Rushmore un soir d’été sous l’orage. Ou alors le Mont Rushmore à l’aube en octobre – légère brume, premiers rayons de soleil et odeurs d’humus. Ou bien en plein cœur d’hiver, couvert de neige et les visages sculptés à peine visibles.
Pour être complet, il serait indispensable d’effectuer un bond plus important encore dans le temps et l’espace pour se retrouver, lors du tournage, sur le Mont Rushmore reconstitué de North By Northwest.




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dimanche 12 janvier 2014

Présence du panier de basket sur le territoire américain










1159e jour - J’ai visité les cinquante États des États-Unis. Dans chacun d’eux, j’ai photographié des paniers de baskets – ça a été un jeu d’enfants, il y en a partout.

Les images ci-dessus ont été prises à Chattanooga (Tennessee), Detroit (Michigan), Foxborough (Massachusetts), Fresno (Californie), Glasgow (Delaware), Helena (Nebraska), Kahului (Hawaii), Lawton (Oklahoma), Manchester (New Hampshire), Stanford (New York).

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samedi 11 janvier 2014

Convoquer les fantômes du passé - Loch Ness



1158e jour - Je ne crois pas aux monstres marins. Et pourtant. Je ne me baignerais pas dans les eaux du Loch Ness – et pas seulement à cause de la fraîcheur de celles-ci.
La peur est profondément ancrée, elle date de l’enfance.
J'ai été fasciné par l’histoire de Nessie, survivant d’un âge préhistorique. Aujourd’hui, quarante ans plus tard, à ma presque surprise, il reste une trace de cette fascination.
Je scrute la surface de l’eau – c’est stupide mais je ne peux m’en empêcher.
Le vent souffle. La nuit s’apprête à tomber. Assis sur une pierre de plus en plus froide, j’attends.

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vendredi 10 janvier 2014

Imaginer des histoires - Inverness

1157e jour - Deuxième jour à Inverness. Je me suis réveillé tôt. Une bonne partie de la matinée, j’ai végété devant la rediffusion d’un match Inverness CT - Motherwell dont je connaissais, grâce à internet, déjà le résultat (2-1).
Plus tard, j’ai fait un tour en ville mais sans plus de succès qu’hier.
Plus tard encore, je me suis promené du côté des installations sportives du Palace Hotel. Il n’y avait pas un chat. J’ai lu sur un panneau :
PLEASE NOTE
Due to health and safety reasons, any child under the age of eight will not be permitted to use the jaccuzzi.
Thank you for your co-operation.
Je me suis perdu dans la contemplation d’une photo aux abords de la piscine : une fille sous l’eau, difficile de lui donner un âge…
Un temps, j’ai imaginé que c’était ma fille, à peine seize ans, et qu’elle m’attendait, avec sa mère, dans un des salons de l’hôtel. Ou alors que c’était une femme (majeure) croisée la veille au soir, et que je m’apprêtais bientôt à retrouver dans un pub du coin. La solitude, parfois, force à s'imaginer des histoires.

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jeudi 9 janvier 2014

Scottish Rose - Inverness

1156e jour - À Gatwick, j’ai choisi un nom au hasard sur le tableau des départs.
Je me suis retrouvé à Inverness, un jour gris, moyen.
J’ai visité le centre historique le long de la Ness ; je me suis aventuré à toutes les périphéries de la ville. Mais le cœur n’y était pas – ça arrive parfois.


Plus tard, je me suis retrouvé dans un hôtel trop chic pour moi (le Palace Hotel, dans une ancienne maison de maître du XIXe), entouré de couples de retraités et d'hommes d'affaires affairés.
J’ai traîné dans les salons…
À proximité de l’accueil, il y avait un bouquet de roses rouges. L’observant, je me suis souvenu de cadeaux de fêtes des mères ou des pères que j’avais pu faire enfant…
On découpait, dans des catalogues de fleurs, similaires roses ; on les détourait. On les collait ensuite sur des socles de plâtre peint pour en faire des presse-papiers ou sur le dessus d’une boîte de camembert appelée à devenir boîte à bijoux (on avait au préalable retiré l’étiquette). Dans tous les cas, on vernissait, histoire de parfaire les finitions…
Face au bouquet, je me suis souvenu de tout ça. Et de la fierté aussi que j’avais pu alors éprouver une fois les présents terminés.

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mercredi 8 janvier 2014

Espèce d’espace - Gatwick Airport

1155e jour - Dans un aéroport, se souvenir d’un texte parlant d’aéroport dans Espèces d’espaces de Georges Perec.
Dans ce texte, il est écrit :
Il y a quelques années, un de mes amis a formé le projet de vivre un mois entier dans un aéroport international, sans jamais en sortir (sinon, tous les aéroports internationaux étant par définition identiques, pour prendre un avion qui l’aurait conduit dans un autre aéroport international). À ma connaissance, il n’a jamais réalisé ce projet, mais on ne voit guère ce qui pourrait objectivement l’en empêcher : l’essentiel des activités vitales et la plupart des activités sociales peuvent s'accomplir dans le cadre d'un aéroport international…
Suit une longue énumération de ces activités possibles (se laver, se restaurer, dormir, se faire couper les cheveux, retirer de l’argent…).
Perec reprend :
L’intérêt d’une telle entreprise tiendrait surtout dans son exotisme : un déplacement, plus apparent que réel, des habitudes et des rythmes, de petits problèmes d'adaptation. Cela deviendrait sans doute assez vite fastidieux ; en fin de compte, cela serait trop facile et par conséquent, peu probant : un aéroport, vu sous cet angle, n’est rien d’autre qu’une sorte de galerie marchande […]. Au mieux, on pourrait s’en servir comme sujet de reportage, ou comme point de départ d’un énième scénario comique.

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mardi 7 janvier 2014

En transit (2) - Gatwick Airport


1154e jour - Un bon quart d’heure, j’observe cet homme, regard tourné vers l’extérieur, l’au-delà de l’espace dans lequel il est confiné. Je me reconnais dans son attente.
Voilà. J’ai écris ce qui est appelé à devenir un livre. J’ai rendu mon manuscrit, la balle n’est plus dans mon camp. Le livre, en tant que tel, n’existe pas encore. Je ne sais ni quel sort il va connaître ni où il va me mener. En fait, c’est un peu comme si j’attendais moi-même un avion – sans en connaître la destination. Peut-être ne ferai-je qu’un saut de puce, peut-être vivrai-je un pas de géant. Je n’en sais rien. Et d’une certaine façon, même si bien sûr je préfèrerais la seconde option, je m’en fiche un peu. Je sais que je saurai trouver mon bonheur dans le voyage qui me sera proposé.
Comme un voyageur en transit, je me perds dans la contemplation du paysage au-delà de la vitre. J’attends.
Les heures s’écoulent lentement.
La seule chose que je redoute, en fait, c’est qu’à la dernière minute, le vol soit annulé.

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lundi 6 janvier 2014

En transit - Gatwick Airport





1153e jour - Journée passée dans un aéroport – l’aéroport, c’est le Gatwick Airport au sud de Londres. J’essaye d’en faire une visite exhaustive. Je déambule dans de longs couloirs souvent vides avec l’impression, par moments, d’être en vérité au cœur d’un hôpital – le long des allées, sont remisés de nombreux fauteuils roulants.






Dans les salles d’attente, j’observe les personnes en transit. Elles ont souvent l’air épuisées (certaines dorment). J’aimerais connaître leurs destinations et aussi si elles partent ou si elles reviennent…
Sur les panneaux d’affichage, je lis les noms des villes desservies : Istanbul, Izmir, Bologna, Funchal, Naples, Edinburgh, Genoa, Corfu, Belfast, Jersey, Inverness, Glasgow, Moscow, Marseille, Tallinn…
Je me demande où moi je serai demain.

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dimanche 5 janvier 2014

Prénoms russes - Iekaterinbourg

1152e jour - Principaux prénoms russes (source Wikipédia).
Pour les filles : Елена (iéléna)  /  Наталья (Natalya)  /  Мария (Mariya)  /  Ольга (Olga)  /  Александра (Alexandra)  /  Оксана (Aksana)  /  Ксения (/Ksénia)  /  Екатерина (Iékatérina)  /  Анастасия (Anastassiya)  /  Юлия (Youlia)  /  Елизавета (Iélizavéta)  /  Карина (Karina)  /  Татьяна (Tatiana).

Pour les garçons : Николай (Nikolaï)  /  Борис (Baris)  /  Владимир (Vladimir)  /  Пётр (Piotr)  /  Андрей (Andréï)  /  Александр (Alexandr)  /  Дмитрий (Dmitri)  /  Сергей (Sergueï)  /  Алексей (Alekseï)  /  Иван (Ivane)  /  Юрий (Youri)  /  Артём (Artiom).

Principaux diminutifs :
Alexandre (Александр) → Sacha (Саша), Choura (Шура), Alex (Алекс)  /  Anastasia (Анастасия) → Nastia (Настя), Assia (Ася)  /  Antonina (Aнтонина) → Tonia (Тоня)  /  Dmitri (Дмитрий) → Dima (Дима), Mitia (Митя)  /  Éléna (Елена) → Léna (Лена), Aliona (Алëна)  /  Elizaveta (Елизавета) → Liza (Лиза)  /  Tamila (Тамила) → Mila (Мила)  /  Ivan (Иван) → Vanya (Ваня), Ivanouchka (Иванушка) (pour les petits enfants)  /  Maria (Мария) → Macha (Машa)  /  Natalia (Наталья) → Natacha (Наташа), Nata (Ната)  /  Nikolaï (Николай) → Kolia (Коля)  /  Vladimir (Владимир) → Volodia (Володя), Vova (Вова).

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samedi 4 janvier 2014

Ce qui est, ce qui n’est pas - Perm’

1151e jour - En l’espace de trois minutes, dans le nord-est de Perm, je découvre, sur une façade en brique, au-dessus de l’enseigne d’un café baptisé “Glamour”, les traces presque disparues d’un marteau et d’une faucille peints puis une femme “camouflée”, sac vert sur fond vert d'herbe, chemisier gris sur fond gris de béton (et je ne peux m'empêcher de penser aux photos de Liu Bolin).

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vendredi 3 janvier 2014

Les noms des villes - Perm’

1150e jour - Quitter Kirov, prendre une route cernées d'abord de bouleaux puis de conifères.
Rouler vers l’est, rouler ; la radio branchée sur des stations locales.
Arriver à Perm, 1434 km de Moscou. Trouver la même ville ou presque qu’à Kirov, avec les mêmes axes bordés des mêmes cités et les mêmes zones à la marge ou se succèdent friches et isbas de toutes les couleurs.


S’intéresser à l’histoire de la ville. Apprendre qu’elle s’est un temps appelée Molotov, en l’honneur de l’inventeur du fameux cocktail (à Kirov, il s’agissait d’apprendre que la ville dans le passé s’était appelée Khlynov ou Viatka et qu’elle fut rebaptisée Kirov, en décembre 1934, en l’honneur de Sergueï Kirov dont l’assassinat – le premier décembre de la même année – sonna le départ des grandes purges staliniennes).


Rouler dans la ville. Croiser des gens dont on ne saura jamais rien.
Penser à Jacques Demy, aux Demoiselles de Rochefort ou, plus exactement, à Jacques Perrin/Maxence expliquant qu’il part en perm’ à Nantes. S’amuser de l’idée d’une perm’ à Perm même si, en russe, l’astuce n’est sans doute guère possible.

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