mercredi 19 juin 2013
États d'âmes… - Reno
1070e jour - Et puis, il y a des jours – ça ne dure généralement pas – où on a l'impression de ne pas se renouveler ; où l'on éprouve le sentiment, fort désagréable, de tourner en rond…
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mardi 18 juin 2013
In/Ex - Reno
1069e jour - Intérieur, extérieur.L’intérieur, c'est un globe suspendu au-dessus de la scène du 5 Star Saloon, cabaret gay.
L’extérieur, c'est un détritus dans le caniveau juste devant l'entrée du club. C'est aussi un slogan – Hot & Spicy – que j'aime entendre comme un écho à la vie nocturne locale.
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lundi 17 juin 2013
La plus petite des grandes villes était à son échelle - Reno
1068e jour - J'ai connu une fille – ce doit être maintenant une femme respectable – qui vivait dans la banlieue de Reno (elle m'avait montré des photos de la maison familiale).
J'ai eu une pensée pour elle quand j'ai décidé de débarquer dans le Nevada.
Je l'avais rencontrée à Paris. Nous finissions nos études. Je la trouvais attirante – si exotique. Mais elle était trop sérieuse pour accepter d'envisager une relation sans lendemain. Surtout avec un français.
Elle prévoyait de retourner bientôt dans sa ville natale, sa banlieue. Elle ne voyait pas sa vie ailleurs.
Deux années en Europe lui avaient suffit. Elle ne rêvait pas d’en voir plus.
Les grandes villes américaines l'effrayaient.
Non, ce dont elle rêvait, c'était d'une vie tranquille.
La plus petite des grandes villes était à son échelle.
Elle s'apprêtait à reprendre le commerce familial – je ne sais plus dans quel domaine.
Ce matin, j'ai cru l'apercevoir qui pénétrait dans sa voiture. Mais non, la fille de la voiture s'est retournée : elle était bien trop jeune.
Depuis, je me demande : après toutes ces années, aurais-je une chance de la
reconnaître ? Et elle, que verrait-elle dans mon visage ?…
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J'ai eu une pensée pour elle quand j'ai décidé de débarquer dans le Nevada.
Je l'avais rencontrée à Paris. Nous finissions nos études. Je la trouvais attirante – si exotique. Mais elle était trop sérieuse pour accepter d'envisager une relation sans lendemain. Surtout avec un français.
Elle prévoyait de retourner bientôt dans sa ville natale, sa banlieue. Elle ne voyait pas sa vie ailleurs.
Deux années en Europe lui avaient suffit. Elle ne rêvait pas d’en voir plus.
Les grandes villes américaines l'effrayaient.
Non, ce dont elle rêvait, c'était d'une vie tranquille.
La plus petite des grandes villes était à son échelle.
Elle s'apprêtait à reprendre le commerce familial – je ne sais plus dans quel domaine.
Ce matin, j'ai cru l'apercevoir qui pénétrait dans sa voiture. Mais non, la fille de la voiture s'est retournée : elle était bien trop jeune.
Depuis, je me demande : après toutes ces années, aurais-je une chance de la
reconnaître ? Et elle, que verrait-elle dans mon visage ?…
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De toute façon, si nous nous croisions – c'est peut-être là la question essentielle –, qu'aurions-nous à nous dire ?/////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.
dimanche 16 juin 2013
Histoire(s) de cinéma - Reno
1067e jour - Moi : J'aimerais juste faire un tour. Je n'ai pas de but précis.
Le chauffeur de taxi, un black aux tempes grisonnantes : Pas de problème ! Mais qu'est-ce que vous voulez voir ? les casinos ?
Moi : Pas spécialement. Enfin, pas que. Je veux juste me faire une idée de ce à quoi ressemble la ville.
Le chauffeur : Alors vous êtes tombé sur la bonne personne. Je suis originaire de Springfield, Missouri. Mais ça fait plus de trente ans que je vis ici – trente ans que je fais le taxi ! Je connais la ville comme ma poche……… Vous venez d'arriver en ville ? Vous êtes là pour le boulot ?
Moi : Oui, en quelque sorte. Enfin, bon… Ce serait difficile à expliquer…
Le chauffeur : Et vous venez d'où, comme ça, Mister Mystère ?
Moi : Je suis français. Je vis à Paris.
Le chauffeur : Holly Shit (volontairement non traduit, NDLA) ! Vous êtes le deuxième ce mois-ci. C'est dingue ça… Le pays de Jean Reno ! Vous savez, Jean Reno, l'acteur – le type qui porte le nom de cette putain de ville ! Reno… Du coup, je vais voir tous ses films. Une fois, j'ai même loué un film français, juste parce qu'il jouait dedans !
Moi : Vous vous souvenez du titre ?…
Le chauffeur : Ben non. En fait, je ne l'ai pas vraiment regardé. Dix minutes à peine. Avant que des potes ne débarquent. Le lendemain, je l'ai rendu. J'ai jamais pensé à le relouer.
Moi : Vous allez souvent au cinéma ?
Le chauffeur : Boh, une à deux fois pas mois. Ça dépend. Mais avec mon boulot, je n'ai pas beaucoup de loisirs……… Vous savez, je porte le nom d'un acteur. Allez tiens ! Je parie que vous ne devinerez jamais !
Moi : Je sais pas… Samuel Jackson ?
Le chauffeur : Holly Shit ! Vous êtes médium ou quoi ! Vous êtes bien le premier à devinez aussi vite. On vous a parlé de moi ou quoi ?
Moi : Non, non. En vérité, je ne m'y connais pas trop en cinéma américain. J'ai cherché un nom d'acteur noir… Il n'y a que Samuel Jackson qui m'est venu…
Le chauffeur : J'aimerais bien avoir sa vie, à ce gars-là. Et son pognon aussi !……… Une fois à la sortie du Cal Neva, j'ai pris un type. Je me suis dit : Merde, c'est lui ! Mon gars, tu vas transporter Samuel Jackson ! Mais non, en fait, c'était juste un type qui lui ressemblait. Le gars, il était brésilien. Et représentant en aspirateur ! Et même pas drôle avec ça. Il ne voyait pas où était la ressemblance. En fait, il ne voyait pas vraiment qui c'était. Durant toute la course, j'ai espéré qu'on allait croiser une affiche d'un film avec Samuel Jackson. Je me serais bien arrêté, histoire de lui montrer.
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samedi 15 juin 2013
L'histoire de Shirley - Reno
1066e jour - Et puis, il y a cette fille. Disons qu'elle s'appelle Shirley. Elle a travaillé un peu plus de dix-huit mois au Men's Club. Elle dit :
J'étais une de celles qui allaient au piano…
Je me suis toujours dit que la classe, ça aurait été que ce soit un vrai piano. Avec une fille – une fille à poil – qui joue pour de vraie. Là, ça a un côté… C'est un peu ridicule, quoi. Mais bon…
C'est une attraction.
Il y a des accros, des types qui viennent de L.A. rien que pour ça ! Je ne sais pas pourquoi, le piano fait rappliquer tout un lot de drôles de loulous. Avec les filles, on les appelaient les givrés du piano !
À l'époque, il y avait aussi ce vieux bonhomme avec sa drôle de moumoute frisotante. Il vivait à Sparks si je me souviens bien. Il venait de temps en temps. Il avait été, à ce qu'il paraît, le compositeur de musiques de films célèbres. on disait même qu'il avait eu un Oscar – je n'ai jamais cherché à vérifier.
Lui, on lui installait un siège juste devant le clavier. Et dès que la fille dansait, il se mettait à “jouer” : il laissait courir ses doigts sur la planche, sur les touches peintes… Il gardait la plupart du temps les yeux fermés. Je crois qu'il s'en foutait de mater. Il disait que ce piano ça lui rappelait la folie de sa jeunesse quand les fêtes hollywoodiennes battaient leur plein. C'est peut-être le seul pour qui j'ai aimé danser.
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J'étais une de celles qui allaient au piano…
Je me suis toujours dit que la classe, ça aurait été que ce soit un vrai piano. Avec une fille – une fille à poil – qui joue pour de vraie. Là, ça a un côté… C'est un peu ridicule, quoi. Mais bon…
C'est une attraction.
Il y a des accros, des types qui viennent de L.A. rien que pour ça ! Je ne sais pas pourquoi, le piano fait rappliquer tout un lot de drôles de loulous. Avec les filles, on les appelaient les givrés du piano !
À l'époque, il y avait aussi ce vieux bonhomme avec sa drôle de moumoute frisotante. Il vivait à Sparks si je me souviens bien. Il venait de temps en temps. Il avait été, à ce qu'il paraît, le compositeur de musiques de films célèbres. on disait même qu'il avait eu un Oscar – je n'ai jamais cherché à vérifier.
Lui, on lui installait un siège juste devant le clavier. Et dès que la fille dansait, il se mettait à “jouer” : il laissait courir ses doigts sur la planche, sur les touches peintes… Il gardait la plupart du temps les yeux fermés. Je crois qu'il s'en foutait de mater. Il disait que ce piano ça lui rappelait la folie de sa jeunesse quand les fêtes hollywoodiennes battaient leur plein. C'est peut-être le seul pour qui j'ai aimé danser.
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vendredi 14 juin 2013
Cabarets pour adultes - Reno
1065e jour - On en trouve un peu partout en ville. Ils s'appellent Men's Club, Squeeze Play, Spice House ou Wild Orchid.
Les filles qui travaillent là, elles, ont souvent pour noms de scènes de simple prénoms : Ryan, Amy, Eva, Brandy, Brielle, Madison, Sugar, Jessica, Marissa, Kelly, Venus, Diamond ou Cashmire.
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Les espaces, d'un établissement à l'autre, finissent par se ressembler. On trouve au centre de tous les cabarets pour adultes – c'est le nom officiel des boîtes à striptease – une large scène autour de laquelle peuvent s'agglutiner une bonne vingtaine de personnes. Et puis, autour, des scènes privées, des salons, des alcôves, des espaces VIP où règnent strass, cuir et sombres tentures. Si bien qu'on peut dire – sans mauvais jeu de mots – qu'il y en a là pour toutes les bourses./////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.
jeudi 13 juin 2013
Wild Orchid - Reno
1064e jour - Il y a un peu plus d'une semaine, à Londres, je visitais un espace dédié aux séminaires d'entreprise vide de ses habituels occupants (des cadres, des cadres supérieurs).
Le spectacle des halls, des couloirs désertés avait quelque chose de fascinant.
Il en est de même aujourd'hui, me semble-t-il, bien que les lieux aient une toute autre finalité. Encore que.
Le but final (inavoué), dans les deux cas, n'est-il pas, après tout, par un jeu de médiocrités normatives, de soustraire les hommes de tout espace de pensée critique ?
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mercredi 12 juin 2013
Arrivée sur Reno
1063e jour - la lumière est aveuglante. Les températures, au tableau de bord, dépassent les cent degrés Fahrenheit.
Il aimerait ne pas être seul dans cette voiture. Il aimerait qu'il y ait à ses côtés une de ces gamines qu'il mate sur Youporn, même pas vingt ans, grandes, blondes, cheveux longs. De temps à autre, il laisserait glisser ses doigts sur sa cuisse découverte. Dans un demi-sommeil, elle sourirait.
Au lieu de ça : le grand vide. Si ce n'est la voix de Johnny Cash à la radio. C'est Folsom Prison Blues. La chanson dit :
When I was just a baby my mama told me. Son,
Always be a good boy, don't ever play with guns.
But I shot a man in Reno just to watch him die
When I hear that whistle blowing, I hang my head and cry…
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Il aimerait ne pas être seul dans cette voiture. Il aimerait qu'il y ait à ses côtés une de ces gamines qu'il mate sur Youporn, même pas vingt ans, grandes, blondes, cheveux longs. De temps à autre, il laisserait glisser ses doigts sur sa cuisse découverte. Dans un demi-sommeil, elle sourirait.
Au lieu de ça : le grand vide. Si ce n'est la voix de Johnny Cash à la radio. C'est Folsom Prison Blues. La chanson dit :
When I was just a baby my mama told me. Son,
Always be a good boy, don't ever play with guns.
But I shot a man in Reno just to watch him die
When I hear that whistle blowing, I hang my head and cry…
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mardi 11 juin 2013
Une façon de voyager - Chihuahua
1062e jour - Et puis, à Chihuahua, il y a cette enseigne ACUMULADORES RENO qui à la fois me ravit et me donne une envie de voyage – Reno comme destination possible…
Je ne suis jamais allé à Reno, Nevada. Ça tombe bien.
Je m'y téléporterai, du coup, demain !
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Je ne suis jamais allé à Reno, Nevada. Ça tombe bien.
Je m'y téléporterai, du coup, demain !
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Ce pourrait être là une nouvelle façon de voyager : ne quitter un lieu qu'une fois qu'un autre – à travers une affiche, une enseigne, un nom de rue… – me donne envie d'aller voir ailleurs./////// Si vous avez aimé ce post, peut-être apprécierez-vous celui-ci.
lundi 10 juin 2013
Dix souvenirs de Chihuahua
1061e jour - Un homme qui s'échine à fixer un grillage / un autre qui balaye / un autre encore qui court pour traverser à l'approche d'un bus / la façade d'un sex-shop dans le centre-ville / un pavillon sur les contreforts d'une colline à la périphérie de la ville (j'essaye d'imaginer le quotidien des gens qui l'habitent) / des wagons abandonnés dans une gare de triage / le cadre de ce qui sera peut-être un jour une fenêtre qui expose des nuages sur fond de nuages / un pigeon saisi en gros plan, en plein vol / un chantier de destruction / une route qui chemine vers un ailleurs plus ou moins probable.
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