jeudi 18 avril 2013

Perec encore mais pas que - Paris

1008e jour - On ne lâche pas comme ça un livre de Georges Perec même (surtout) quand on l'a déjà lu et relu. Hier, après avoir fait mon post, je pensais ranger W ou le souvenir d'enfance. Et puis je l'ai rouvert. J'ai lu :
Je suis né le samedi 7 mars 1936, vers neuf heures du soir, dans une maternité sise 19, rue de l’Atlas, à Paris, 19e arrondissement. C'est mon père, je crois, qui alla me déclarer à la mairie. Il me donna un unique prénom – Georges – et déclara que j'étais français.
Bien sûr, ça m'a donné envie d'aller voir à quoi ressemblait le 19, rue de l’Atlas.


La maternité n'existe plus. À la place, maintenant, se dresse un immeuble d'habitation.
Il n'y a rien à voir.


Une dizaine de mètres plus bas dans la rue, se trouve un centre médical devant lequel je m'arrête, tentant d’imaginer une connexion – de toute évidence improbable – avec ce qui fut une maternité.
Plus tard, dans Google, je tape : “maternité 19 rue de l'Atlas” et le premier lien fourni par le moteur de recherche, heureuse manifestation du hasard (mais est-ce un hasard ?), est titré Oublier Paris #27. Il est publié sur Pendant le week-end, il est écrit par Piero Cohen-Hadria qui m'a fait l'honneur, il y a une quinzaine de jours, de partager avec moi un Vase communicant. Je crois que tout se tient. Et c'est très bien !

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mercredi 17 avril 2013

W ou le souvenir d'un livre - New York

1007e jour - Dans la même journée, tomber deux fois sur la lettre W. Et penser, bien sûr, à Perec.

W ou le souvenir d'enfance, Georges Perec, éditions Denoël. Les premiers mots :
J'ai longtemps hésité avant d'entreprendre le récit de mon voyage à W. Je m'y résous aujourd'hui, poussé par une nécessité impérieuse, persuadé que les événements dont j'ai été le témoin doivent être révélés et mis en lumière. Je ne me suis pas dissimulé les scrupules – j'allais dire, je ne sais pourquoi, les prétextes – qui semblaient s'opposer à une publication.
W ou le souvenir d'enfance toujours. Les derniers mots :
J'ai oublié les raisons qui, à douze ans, m'ont fait choisir la Terre de Feu pour y installer W : les fascistes de Pinochet se sont chargés de donner à mon fantasme une ultime résonance : plusieurs îlots de la Terre de Feu sont aujourd'hui des camps de déportation.
Paris-Carros-Blévy
1970-1974


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mardi 16 avril 2013

Les voyages des autres - Annakarin Quinto

1006e jour - Annakarin Quinto, pour fêter le 1000e jour de Dreamlands – mille mercis à elle – m'a offert un récit de voyage. Ce récit de voyage, dans son intégralité, le voici…

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Récit fidèle d’une ballade nocturne d'un jour d'avril gelé.

L'autre jour, un désir irrépressible de voir des cerisiers en fleur m'a pris. Il était près de minuit et j'étais à Paris. Il y fait froid et gris. Peu de cerisiers par ici. C'est ainsi que je décide de me rendre au Japon où les sakura sont nombreux et fameux. Sur Facebook on a annoncé dans la joie et mille photos qu'ils y sont déjà en fleur. C'est d'ici que vient peut-­‐être mon envie d'ailleurs.

J'ai bien cherché et cherché et cherché encore. Le Japon est grand. Je ne le connais pas. Et ils ne sont pas faciles à trouver. C'est du côté de Fujiyama qu'au détour d'un virage, je plonge enfin sous un tunnel délicat de pétales hésitant entre le blanc et le rose. Lorsqu'on part pour ce genre de voyage on ne sait jamais si c'est le bon lieu ou la bonne saison. Ni la bonne heure d'ailleurs. Et ce ne sont peut-être pas des cerisiers non plus.

En tournant la tête (ou la souris, je ne me souviens plus), je vois de l'autre côté de la colline un bosquet aux évanescences nacrées qui me semble plus joli encore. Le désir me porte. Je décide de m'y rendre dare-dare et surtout sans crier gare. J'étais dans les collines. Mais me voilà dans la plaine ! Et arrivée à l'autre bout, il est déjà juillet. Il fait chaud et pas de cerisiers. Mais n'est ce pas le Fujiyama là­‐bas ? Coquin, sous des nuages épais il se dérobe. Et pourtant il doit bien être visible quelque part par là ! C'est la flèche rouge au ventre dodu qui me l'indique !

Je contourne et traverse collines et forêts et autres vastes plaines. Je pensais qu'il était plus facile d'accès mais il préserve son mystère. D'un mont, je saute sur un pont. Un camion me coupe presque la route. Je ralenti. Le camion se détache. Et enfin je le vois, élégant et paisible devant moi.

Je le tiens. Je le traque. Il m'émeut. Dehors il fait froid. L'hiver approche. Mais dans un rayon de soleil, les nuages l'attaquent. Et plus j'avance, plus ils le cachent. Quels cachotiers ces nuages­‐là !

Je change d'angle d'attaque, je me perds. Je demande mon chemin à une jeune fille sage qui attend au bord de la route. Elle ne sait pas grand chose mais m'annonce qu'il est juin et qu'il fait chaud. Et que la route peut être droite. J'ai faim. Et j'ai froid. Il est 1 heure de la nuit d'un jour d'avril gelé chez moi.

Soudain dans le vague au bord d'un chemin un couple à valise à roulette. C'est eux, j'en suis sure, qui sauront m'indiquer la bonne route, celle qui probablement n'est pas droite. J'ai diablement envie d'une soupe. Ils semblent sortir tout droit d'une gare dont je ne retrouve les rails nulle part.

Mais c'est l'entrée d'un parc qu'ils m'indiquent. Je les suis bien qu'il pourrait paraître indélicat de s'immiscer ainsi dans ce qui ressemble fort à une lune de miel à tambours de majorette battants.

 Tiens. Voilà les rails d'ailleurs !

Des rails et d'étranges personnages !



Je suis le moins endormi des trois. Lui au moins il saura.

Je ne suis pas déçue ! Il m'amène à crier,

prier !

et même déjeuner !

Mais là c'est de trop. C'est une soupe que je souhaite. Non pas du plastique même pas en boîte. Coquin l'autre me prend la main et d 'un clin d'oeil me transporte. Mais là ce n'est plus le Food Stadium qui m'allèche ! Le voilà là-­‐bas ! Majestueux et calme et ... sans nuages !

Mon sourire s'éclaire ! Je le tiens, je le contourne, je le détourne !

La prochaine fois j'irai chasser le cheval sauvage en Himalaya !

Annakarin Quinto

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lundi 15 avril 2013

Vasanth, Sunil, Mahesh et les autres - Bangalore

1005e jour - Un dimanche après-midi à proximité de Bangalore. Un match entre amis.
Je pense, les observant jouer, à une autre partie improvisée, avec Michel Piccoli, Yves Montand, Serge Reggiani ou Gérard Depardieu… C'est dans Vincent, François, Paul et les autres.
Rires, complicités, éclats… À presque quarante ans de distance, à près de 8000 kilomètres, se jouent ici les mêmes scènes – dans les affaires humaines, il est des instants universels…

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dimanche 14 avril 2013

Première lumière sur l’Inde - Bangalore

1004e jour - Pour l'instant ce n'est qu'une poignée d'îlots du côté de Bangalore qui est accessible. Mais bientôt…

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samedi 13 avril 2013

Psychic Readings / Clairvoyant - New York

1003e jour - Difficile d'imaginer son avenir, à cet enfant dans la vitrine – difficile, du reste, tout autant, d'imaginer son présent.
L'image est prise dans Manhattan, je ne sais plus très bien où…

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vendredi 12 avril 2013

Kentish Town Road… L’aventure continue !!! - Londres

1002e jour - Florence Can cherchait une façade dans Kentish Town Road quand elle est tombée dessus…
Je ne sais pas quelle a été sa réaction. Ce que je sais c'est que moi, à sa place, j'aurais fait des bons !
Pour ceux qui auraient raté les précédents épisodes, le dernier résumé est >> ici <<.
Nous sommes donc face à la cinquième de ces "cute cars" débusquées dans Londres et parachutées dans Dreamlands ; liste à laquelle il faut rajouter deux Nissan (car il s'agit de Nissan, Nissan Figaro produites à 20 000 exemplaires seulement à l'orée des années 90) découvertes en banlieue parisienne par Yannick Vallet (du côté de Clamart) et par Pierre Menard (à Boulogne-Billancourt).


L'histoire est vraiment vertigineuse. Et c'est une sorte d'idéal pour reprendre les pérégrinations d'après festivités…
Je suis allé voir, donc, dans Kentish Town Road. Je suis allé me promener du côté de la voiture de Florence Can. Je l'ai photographiée (la voiture), de près, de loin. J'ai même vu une portière s'ouvrir, se refermer, côté conducteur. J'ai frémi. J'ai essayé en vain de trouver une plaque d'immatriculation lisible (mais dans ce genre d'enquête il faut savoir se montrer patient ou fataliste).
Je me suis dit qu'un jour peut-être, de cette histoire – de ses rebondissements à venir –, j'en ferai un livre…

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jeudi 11 avril 2013

Mille et un voyages

1001e jour - Parce que je ne pouvais me résoudre à reprendre la route aussitôt
le 1000e jour passé, je vous ai proposé que ce soit vous qui œuvriez le 1001e jour. Je crois que j'ai bien fait !
Il y a de tout ce qui fait un monde dans vos contributions : des images de jour, des images de nuit ; des paysages ensoleillés ou couverts ; des villes, des champs, des déserts ; des légendes sibyllines, des récits ; des mots drôles et/ou profonds… Pour cela comme pour votre fidélité, du fond du cœur, mille et un mercis !

La porte d'embarquement vers ces merveilleux
voyages est ici >>> MILLE ET UN VOYAGES.
Ne vous reste plus qu’à cliquer !

mercredi 10 avril 2013

Un, deux, trois, quatre… Mille !!!

1000e jour - Et donc nous y voici, le 1000e jour de voyage.
Quand je me suis lancé dans l'aventure, ce chiffre me semblait être une frontière improbable, une sorte d'Everest lointain sur l'horizon. Et puis voilà.
Je pourrais m'arrêter là – ce pourrait être tentant : mettre le mot FIN sur ce chiffre incroyablement rond. Ça aurait de la gueule. Mais j'ai l'impression que j'ai encore beaucoup à découvrir – entre autres sur moi et sur cet inconnu vers lequel cette quête me mène.
Voilà. Pour fêter ce 1000e jour de voyage, une fois n'est pas coutume, une vidéo.
Au départ, c'est une simple idée / une idée simple. Elle a l'élégance d'un pari insensé : trouver dans Street View des chiffres de 1 à 1000 puis en faire un film.
Pendant près de six mois, trouver des chiffres a été une obsession de chaque instant.
Peut-être parce que je suis d'un naturel optimiste, j'ai toujours pensé que j'allais finir par arriver à les réunir, mes chiffres. Ce dont je ne me doutais pas, c'est à quel point j'allais en tomber amoureux – il faut dire qu'ils sont d'une telle variété graphique…
Un dernier mot, de remerciement, pour David Martin Angor qui a composé la musique qui accompagne les images – dès le premier instant, il a été une incroyable force de proposition… Sans lui, le film qui suit ne serait rien d'autre qu'une longue énumération.

Et maintenant, que le spectacle commence !



Pour ceux qui sont réfractaire au flux de la vidéo, ou ceux qui seraient tentés de s'arrêter sur certains des chiffres de cette série, ceux-ci sont également réunis sur une page Flickr dédié à ce projet et cette page est ici !

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mardi 9 avril 2013

Le jour où le téléphone a sonné - New York

999e jour - Ce n'était pas à New York mais du côté de Perpignan où j'étais en vacances – j'étais encore étudiant, je crois. C'était un début de soirée de juin ou de juillet. Je suis passé à côté d'une cabine quand le téléphone a sonné. Je me suis arrêté. J'ai attendu, un peu. Six, sept, huit sonneries. J'ai regardé à droite, à gauche. Neuf, dix sonneries. Pas un chat. Alors, j'ai décroché.
J'ai deviné une voix étouffée à l'autre bout de la ligne. Une femme. En larme. Elle demandait de l'aide, elle suppliait. Ses mots étaient confus. Je lui ai demandé, je crois, de répéter. Mais soudain la communication a été interrompue – comme si quelqu'un avait brusquement raccroché.
C'était peut-être un canular. Je n'avais aucun moyen de le savoir.
À l'époque, le 31 31 n'existait pas.
Je suis resté une bonne vingtaine de minutes à proximité de la cabine. Mais le téléphone n'a plus sonné.
Alors je me suis rendu au commissariat le plus proche où, pour ce que je m'en souviens, quand j'ai raconté mon histoire, on m'a ri au nez, et pas qu'un peu.
Plus tard dans la soirée, je suis revenu vers la cabine. Je me suis assis sur un muret. J'ai attendu encore. Mais en vain.
Voilà.
Une trentaine d'année est passée. J'ai fini par oublier cette mésaventure…
Et puis hier, je ne sais pas pourquoi, j'ai voulu photographié cette cabine dans Brooklyn, avec son téléphone jaune. Et tout m'est revenu, d'un coup – incroyable précision du souvenir : la place, la cabine, les platanes alentours, le muret sur lequel je m'étais assis. Et la voix étranglée de la femme à l'autre bout de la ligne.
Le malaise que je ressens est si grand que je me demande bien comment, pendant toutes ces années, j'ai pu oublier.

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lundi 8 avril 2013

Zoom arrière - New york

998e jour - Prendre du recul. Et passer en cinq images d'une plage pacifique à la jungle new-yorkaise.

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dimanche 7 avril 2013

Jouer aux funambules - 43e parallèle Nord

997e jour - Envie de marcher sur un fil. Et ce fil, parce qu'il croise Marseille ou Vladivostok, ce pourrait être le 43e parallèle Nord…


^  Myrtle Creek, États-Unis (Oregon)


^  Sarnia, Canada (Ontario)


^  London, Canada (Ontario)


^  La Corogne, Espagne


^  Bilbao, Espagne


^  Marseille, France


^  Pérouse, Italie,


^  Lovetch, Bulgarie


^  Vladivostok, Russie


^  Sapporo, Japon


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