dimanche 24 mars 2013

D'une gare l’autre - Los Angeles et Varna

983e jour - Une fraction de seconde, c'est le temps qu'il me faut pour corriger mon erreur d'hier et revenir à Varna après ce saut malencontreux à Los Angeles, Espagne.
Par le train, il en irait tout autrement. J'ai regardé. Il faudrait passer par Madrid, Paris, Stuttgart, Munich,  Budapest, Bucarest, Sofia et Plovdiv (ou alors, après Munich, passer par Salzburg, Ljubljana, Zagreb, Belgrade avant de rejoindre Sofia). Quatre jours pleins de voyage au bas mot (en prenant des trains de jour, des trains de nuit). Sans doute une drôle d'aventure.
L'image du haut est prise à Los Angeles, celle qui suit à Varna.



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samedi 23 mars 2013

La première image - Los Angeles, Espagne


La publication de ce post n'était pas prévue pour aujourd'hui. C'est une erreur. Mais maintenant qu'il est là que faire… Disons qu'aujourd'hui, il y aura deux voyages…

982e jour - En réalité, la première scène sur laquelle je sois tombé quand je me suis parachuté à Los Angeles, Espagne a été cette scène fantastique – presque trop étrange pour être vraie : un homme, masque, gants, combinaison intégrale, figé sur fond de bâtiments d'entreprise.


Il faut croire qu'en ce moment je ne suis pas d'un naturel totalement positif quand il s'agit des affaires des hommes : j'ai pensé risque chimique, incident nucléaire.
Évidemment, il ne pouvait s'agir de cela. Et quand j'ai pris du recul, j'ai découvert l'engin municipal. J'ai compris qu'il s'agissait de traiter à l'insecticide la verdure des bords de rue.
Je me dois d'ajouter en avoir été un brin désappointé (sans doute aurais-je préféré plus sensationnel).

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Fenêtre sur rue - Varna


982e jour - Ce pourrait être la fille de l'homme d'hier. Mais elle, ce n'est pas des hauteurs d'une colline qu'elle se perdrait dans la contemplation de son monde mais de l'une des fenêtres de son appartement.

De cette fenêtre, on ne peut pas apercevoir les voies de chemin de fer (un mur d'entrepôt comme écran). Mais on peut entendre les trains : des crissements, des sifflements, des rythmiques lourdes quand les convois avancent.
Peut-être aussi, les jours de bons vents, perçoit-on la rumeur du port distant de 300 mètres à peine, à vol de mouette.

Son mari travaillerait là, au port.
Il arriverait qu'elle essaye de l'imaginer manipulant des leviers dans sa cabine ou rigolant avec Mihail ou Hristo ses collègues.
Il arriverait qu'elle se demande : à quoi pense-t-il lui, quand il travaille.
Il arriverait qu'elle pense à son père aussi resté à Plovdiv. Plus d'un an déjà – tout va si vite ! – qu'ils ne se seraient vus. 


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vendredi 22 mars 2013

Plongée, contre-plongée - Plovdiv


981e jour - L'homme dirait :
D'ici, la vue sur la ville est imprenable ! Je viens très souvent, vous savez. Au moins trois ou quatre fois par mois. Ici, c'est mon banc. Je pourrais presque mettre une plaque… Je reste une demi-heure, parfois une heure, parfois plus… Je pense à rien, je pense à tout un tas de choses… Je regarde sans regarder… Une fois, j'ai vu un immeuble brûler de A à Z : la première fumée, les sirènes des pompiers, les flammes, hautes et qui n'en finissent pas, et la fumée noire tout autour… Je crois qu'il y a eu des morts, une famille, je ne sais plus combien… C'était il y a une petite dizaine d'années déjà… Une autre fois, je suis resté, je ne sais pas pourquoi, alors qu'il pleuvait, qu'il y avait de l'orage. J'ai vu la foudre s'abattre sur un arbre, là, juste en bas… Un flash, un bruit incroyable !… J'ai couru me réfugier sous le porche de la tour météo. Je peux vous assurer que je ne faisais plus le malin.

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jeudi 21 mars 2013

Au marché - Plovdiv





980e jour - Une chose est certaine : à Plovdiv, le pantalon se porte taille basse.

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mercredi 20 mars 2013

Calcutta des Balkans - Plovdiv

979e jour - Au nord-est de Plovdiv, pas très loin de la Maritsa chère à Sylvie Vartan, il y a Stolipinovo.
Stolipinovo, ça pourrait être un quartier. C'est un ghetto. Un ghetto qui a le triste privilège d'être considéré comme le plus grand ghetto des Balkans.
50 à 60 000 personnes habitent là. Des tsiganes, des tsiganes pour la plupart musulmans.


Stolipinovo est surnommée la Calcutta des Balkans.
Peu ou pas d'eau courante ; peu ou pas d'électricité ; des cages d'escalier obstruées par les ordures ; des maisons sans canalisations, couvertes de matériaux de récupération ; un taux de chômage proche des 100 %.


Jusqu’à l'effondrement du bloc communiste, les immeubles étaient essentiellement habités par des militaires. Le quartier devait être tranquille.
Mais les militaires sont partis. Et tout est allé très vite.


Le principal vice des gens, ici, est d'être pauvres. Il n'empêche. Ils cristallisent les haines.
À plusieurs reprises, ces dernières années, Stolipinovo a dû se barricader pour se défendre, prise pour cible par des escouades de motards nationalistes.
Un jour, ça finira mal, très mal. Tout le monde le sait. Personne ne fait rien.

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mardi 19 mars 2013

Journée à l'étranger - Plovdiv

978e jour - Que retient-on d'une journée passée à l'étranger quand les jours ou les semaines ont défilé ? Un caillou dans la chaussure ce jour-là ? Une digestion difficile après un déjeuner trop gras ? Une conversation surprise à la terrasse d'un café ?
Ou alors un paysage aperçu qui fait penser à une amie ? un étal de fruits ? Trois vêtements – noir, rose, rouge – ramassés au pied de poubelles ? Une fille dans un parc, qui grimpe – son pas pressé pour se rendre on ne sait où ?

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lundi 18 mars 2013

Le long des voies - Plovdiv

977e jour - Première journée à Plovdiv, Bulgarie. À marcher le long des voies de chemin de fer qui traversent la ville. À ne faire que cela.


Et ainsi, j'ai découvert une station sans quais ni panneaux mais où de potentiels passagers, visiblement habitués à pareils manques, attendent leur train.




J'ai découvert des entrepôts, vastes et parfois abandonnés, des ateliers de rien – où l'on répare, bricole, démantibule des voitures.


J'ai découvert un wagon qui tient lieu de réserve d'épicerie. À l'aller, il est ouvert (et on devine à l'intérieur boîtes et conserves en palettes). Au retour il est fermé, verrouillé.

J'ai découvert comment la ville s'efface (rapidement) pour devenir campagne. Les bruits – hormis ceux des pas – se font lointains : une scie électrique quelque part vers le sud, un chien qui aboie, le ronronnement indéfini d'un moteur, des coups de hache dans un bois distant, des cris d'enfants…

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dimanche 17 mars 2013

Zone pavillonnaire - Montdidier

976e jour - Je pourrais m'appeler Jean-Marc par exemple. Et habiter là.
Je pourrais avoir une fille de seize ans. Et un garçon à peine plus jeune. L’un comme l'autre, chacun à sa façon, me donneraient du fil à retordre.
Je pourrais avoir une femme qui aurait perdu toute passion – qui resterait avec moi faute de mieux ; avec laquelle je resterais par manque de courage, de force quand il s'agit de prendre des décisions radicales.
Je pourrais vivre là – à Montdidier ou ailleurs : dans une zone pavillonnaire.
J'étais d'une certaine façon programmé socialement pour cela. La plupart de mes camarades d'école, pour ce que j'en sais, vivent dans pareils endroits.
Seulement voilà. J'ai échappé aux statistiques. Ma vie est ailleurs.
Et, du coup, à chaque instant, est ancrée en moi une indicible fascination pour ce que je ne suis pas.

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samedi 16 mars 2013

L'image fantasme - Londres

975e jour - Pour une fois, ce n'est pas le monde de Street View que j'explore ici mais une image prise du haut d'une tour (la British Telecom Tower). Oui, une seule image mais pas n'importe laquelle : un panoramique de 320 gigapixels (pour faire simple si la photo était tirée, elle mesurerait 24 mètres de haut sur 98 de large) – une photo dans laquelle on semble pouvoir zoomer à l'infini…

S'enfonçant dans les profondeurs de cette image, on peut découvrir un homme qui passe la serpillière dans un local vide. Ou alors des intérieurs (chambres, salons, cuisines…).

On peut lire les titres des journaux disposés sur les vitres d'une cabine de grue pour protéger le grutier du soleil.


On peut apercevoir un homme qui promène son chien dans un parc distant de plus d'un kilomètre.



Ou bien encore suivre des parties de foot au loin. Ou scruter dans le moindre détail toits et terrasses.



Ou bien observer les gens qui marchent, les gens qui attendent.


Ou compter les feuilles mortes sur les trottoirs (on est en automne) ou les chewing-gums écrasés sur le bitume des rues.
C'est fascinant. Oui, incroyablement.

L'image a été prise du 29e étage de la British Telecom Tower par Jeffrey Martin, Holger Schulze et Tom Mills pour le compte de 360Cities. Elle est accessible ici BT Tower Panoramic Picture.

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