mardi 12 octobre 2010
Face à face - Ciudad Juárez (2)
Deux peintures murales dans Ferrio, seulement séparées l’une de l’autre par deux ou trois mètres de bitume poussiéreux.
L’une fait la publicité d’un jardin d’enfants (Jardin de niños particular ; para niños de 3 à 6 años) en jouant de l’image de Pinocchio ; l’autre annonce, lettres rouges capitales, Estetica Unisex.
Je n’arrive à déterminer laquelle des deux est la plus saugrenue à mes yeux en pareil quartier – un des barrios les plus pauvres, les plus délabrés, de l’une des villes les plus chaotiques au monde.
lundi 11 octobre 2010
Un camion transporteur, détail - Montévrain
L’image est prise sur une voie entre friches et habitations fraîchement élevées à la sortie de Montévrain, Seine-et-Marne (pas très loin d’Eurodisney).
Le camion est garé au milieu de nulle part. Rien alentours n’indique la moindre présence d’un concessionnaire ou d’une usine.
Et la voie, pompeusement, se nomme Avenue de la Société des Nations.
dimanche 10 octobre 2010
samedi 9 octobre 2010
Revue de presse du week-end - Dublin
Un article dans Libération du samedi 9 et dimanche 10 octobre 2010
De l’orage dans l’Eire par Christian Losson
Le chapeau : Crise immobilière, financière et politique… L’Irlande a tiré un trait sur ses années de croissance et se débat avec un déficit hallucinant et des plans de rigueur à répétition.
Un extrait : Les pancartes “à louer” balisent l’Irlande. Plus de 300 000 logements seraient vides ou à moitié vides. Jusqu’à 3000 ghost estates, des lotissements fantômes. Comme à Clongriffin, aux portes de Dublin. “Bienvenue dans le nouveau City Center”, vante une pancarte. Un centre-ville, ça ? Non, plutôt un centre vide.
L’article est édifiant.
Et sinon, L’Eire vient d’intégrer le cercle encore fermé des pays couverts par StreetView.
vendredi 8 octobre 2010
Premières images du Brésil - Sete Lagoas
StreetView vient de s’ouvrir au Brésil !
Je ne résiste pas à l’envie de jeter un œil. Je pointe au hasard, je tombe sur Sete Lagoas (ville dont j’ignorais totalement, jusque-là, l’existence). Je tombe, plus exactement, sur une zone industrielle où toutes les entreprises semblent dédiées à l’automobile. Je fais quelques images. Je suis ravi.
jeudi 7 octobre 2010
Funeste loterie - Ciudad Juárez
Ici, contrairement à ce que pourrait laisser croire l’image, tout ce qu’on a à gagner, c’est de perdre la vie. On est à Ciudad Juárez, à la frontière mexicano-américaine.
Ciudad Juárez est violente, il faut le savoir. Avec une moyenne de 130 meurtres pour
100 000 habitants, la ville est sans conteste une des plus dangereuses du monde. En 2009 pour exemple – et l’exemple est, je crois, saisissant – les services de police ont recensé pas moins de 2340 homicides (chiffre auquel il faudrait ajouter, pour bien faire, celui des corps – essentiellement de prostituées – mystérieusement volatilisés).
mercredi 6 octobre 2010
L’heure exacte - Marseille
Il est rare que l’on dispose d’informations précises sur l’instant où ont été prises les images. C’est le cas cependant, situation étonnante, à hauteur de la plage de l’Estaque à Marseille. Et ceci grâce à une pharmacie devant laquelle, sur fond de croix verte, s’affichent, au fil de l’avancée, date, heure et même température.
Pour une fois, donc, on sait !
La Google Car est passée là le 11 mars. Et c’était en 2009 (pour ceux qui ne le sauraient pas, l’année apparaît en filigrane, avec le copyright, quand on zoome à fond dans l’image). Il était aux alentours de midi (11:58 pour être exact si l’horloge n’était pas défaillante). Et les températures – selon que l’on avance vers l’Est ou l’Ouest – étaient de 15 ou 16°C.
Le 11 mars 2009 était un mercredi.
J’ai mené une rapide enquête sur internet. Le premier événement qui apparaît quand on tape la date dans Google, c’est une Journée nationale de désobéissance dans l’Éducation Nationale. Viennent ensuite les questions au gouvernement de l’Assemblée Nationale. À l’ordre du jour : suppressions d’emplois dans l’industrie ; accord européen sur la TVA dans la restauration ; situation des immigrants clandestins dans le Pas-de-Calais… En guise d’éclairage, au cinéma, on pouvait voir Welcome de Philippe Lioret.
11 mars 2009. Plus tard dans la soirée, un soit-disant ovni allait faire son apparition du côté de Dijon. Et comme si cela ne suffisait pas, Lyon allait être éliminé de la Ligue des champions après une cinglante défaite à Barcelone (2 à 5).
mardi 5 octobre 2010
Ma première centrale électrique – Cheshire
Je l’ai découverte à travers le travail de Daniel Shea, jeune photographe américain (dont les séries Plume ou Removing Mountains figurent des pécheurs ou des demeures avec, en arrière-plan des centrales électriques – notamment celle de Cheshire, Ohio).
Pour être exact, je l’ai découverte par l’intermédiaire de Deux ou trois choses, le blog photo de Yannick Vallet (post sur Daniel Shea daté du 31 août).
Je n’avais jusque-là jamais entendu parler de Daniel Shea. Et c’est peu de dire que j’ai été séduit par son travail.
J’avais imaginé, par contre, m’approcher de centrales électriques pour ce qu’elles ont d’inhumain, de menaçant (on imagine forcément, un jour, un accident arriver).
J’ai été tenté d’aller voir à quoi ça ressemblait Cheshire. J’ai d’abord survolé dans Google Earth. Et puis, je suis descendu au niveau du sol. Je dois avouer que je n’ai pas été déçu.
Dsheaphoto.net, le site de Daniel Shea
Deux ou trois choses, le site de Yannick Vallet
lundi 4 octobre 2010
Un coup de pompe – Givors
Peut-être sont-ils partis, l’homme, la femme, en même temps et du même endroit. Peut-être ont-il d’abord cheminé l’un à côté de l’autre.
Il me plait d’imaginer cela – à la façon d’un film. Un peu comme lors de la retransmission d’une étape du tour de France ou d’un marathon olympique – une chaleur caniculaire, le poids des sacs de plus en plus… Jusqu’à la rupture, pour elle, qui accepte, un rictus sur le visage, de le voir prendre un puis deux, puis trois mètres… Et qui le laisse finalement s’échapper.
Je l’imagine aussi, lui, souffrant tout autant mais bourrique, avançant vaille que vaille, à la limite de l’infarctus – et ne se rendant même pas compte, aveuglé qu’il est par l’effort, qu’elle s’est arrêtée.
dimanche 3 octobre 2010
En marge - La France de Raymond Depardon
“Toujours curieux, préoccupé de ne pas passer à côté des choses simples, si simples que je risquais de ne plus les voir après des mois de route.”
Raymond Depardon
Depuis le 30 septembre 2010 et jusqu’au 9 janvier 2011, se tient à la Bibliothèque nationale de France, à Paris, une sublimissime exposition : La France de Raymond Depardon.
Six ans durant, le photographe-cinéaste a sillonné les routes à bord d’une fourgonnette, s’arrêtant ici ou là pour capter à l’aide d’une chambre photographique grand format des paysages souvent intermédiaires (entre ville et campagne), souvent vides de toute présence humaine. Il a dressé, à force, un exceptionnel inventaire en images des commerces de peu, des habitats ordinaires, des espaces de rien.
Du mardi au samedi, de 10 h à 19 h, et le dimanche, de 13 h à 19 h.
Tarif plein : 7 euros ; tarif réduit : 5 euros.
samedi 2 octobre 2010
Navy Road - Inuvik (2)
Au nord d’Inuvik, il n’y a plus grand chose si ce n’est Navy Rd, une voie de terre bordée, sur sa droite par une ligne électrique d’un autre temps.
Tout autour s’étend une végétation typique de toundra, pas très haute donc, et qui passe une majeure partie de l’année sous la neige.
Parfois se profile une poche d’eau sur le côté. Sinon, à peu près rien. Si ce n’est un monticule qu’il faut gravir sur une cinquantaine de mètres – peut-on parler de colline pour le définir ?
Il y a une clairière en haut du monticule, et un lot de bâtisses, des véhicules qui pourraient être abandonnés. Aucun individu n’est visible. Alors, je continue…
Plus loin, vient une courbe et la terre, imperceptiblement, fait place à la boue.
Plus loin encore, il y a un chemin qui part sur la droite et qui semble ne mener nulle part. Il est aisé d’imaginer le silence qui règne alentour.
J’avance, opiniâtre. Je finis par tomber sur une barrière rayée de rouge et de noir sur le bord de la route. Je m’arrête pour la photographier et, ce faisant, je me demande quelle peut bien être sa fonction.
De plus en plus de boue…
Et puis finalement un bout du monde, un cul-de-sac : la route ne va pas plus loin.
Je prend le temps d’observer. Il y a là un pick-up en sale état (une vitre cassée pour en témoigner), un engin que je suppose fait pour se propulser sur la glace ou sur la neige, une bâtisse/cabane – avec une parabole sur la façade. Impossible de ne pas se demander qui vit là.
J’essaye d’imaginer, aussi, à quoi ressemble le quotidien en pareil endroit quand il fait continuellement nuit et que les températures ne montent guère au-dessus de -20°C. Je dois avouer que j’ai du mal à le concevoir.
Tout autour s’étend une végétation typique de toundra, pas très haute donc, et qui passe une majeure partie de l’année sous la neige.
Parfois se profile une poche d’eau sur le côté. Sinon, à peu près rien. Si ce n’est un monticule qu’il faut gravir sur une cinquantaine de mètres – peut-on parler de colline pour le définir ?
Il y a une clairière en haut du monticule, et un lot de bâtisses, des véhicules qui pourraient être abandonnés. Aucun individu n’est visible. Alors, je continue…
Plus loin, vient une courbe et la terre, imperceptiblement, fait place à la boue.
Plus loin encore, il y a un chemin qui part sur la droite et qui semble ne mener nulle part. Il est aisé d’imaginer le silence qui règne alentour.
J’avance, opiniâtre. Je finis par tomber sur une barrière rayée de rouge et de noir sur le bord de la route. Je m’arrête pour la photographier et, ce faisant, je me demande quelle peut bien être sa fonction.
De plus en plus de boue…
Et puis finalement un bout du monde, un cul-de-sac : la route ne va pas plus loin.
Je prend le temps d’observer. Il y a là un pick-up en sale état (une vitre cassée pour en témoigner), un engin que je suppose fait pour se propulser sur la glace ou sur la neige, une bâtisse/cabane – avec une parabole sur la façade. Impossible de ne pas se demander qui vit là.
J’essaye d’imaginer, aussi, à quoi ressemble le quotidien en pareil endroit quand il fait continuellement nuit et que les températures ne montent guère au-dessus de -20°C. Je dois avouer que j’ai du mal à le concevoir.
vendredi 1 octobre 2010
La place de l’Homme - Inuvik
Far North : Inuvik, territoires du Nord-Ouest au Canada. 3450 habitants selon le dernier recensement.
Un hôpital, une piscine couverte, une poignée de bars…
Ici, il y a 30 jours de nuit polaire chaque année. L’hiver, la température moyenne descend en-dessous de -25°C (les records de froid tournant, eux, autour de -57°C). L’été, cette température moyenne ne monte guère au-dessus de 14°C.
Quand ce n’est pas la neige qui recouvre tout, c’est la boue. Les voies ne sont pas ou sont peu goudronnées et les véhicules, avec le dégel ou la pluie, se retrouvent forcément maculés.
On est à une centaine de kilomètres à peine de l’océan Arctique.
Dans la région, on parle le inuvialuktun et le gwich’in, souvent plus que l’anglais.
Inuvik, du reste, signifie “la place de l’Homme” en Inuvialuktun.
Le seul monument “remarquable” de la ville est son église – Our Lady of Victory Church – construite en forme d’igloo. Sans me sentir particulièrement touriste, je ne résiste pas à l'envie de la photographier.
Par ailleurs, si j'en crois mes recherches sur internet, les festivités, ici, sont rares et ont pour nom le Inuvik Petroleum Show ou les Circumpolar Northern Games. Il arrive également qu'on s'amuse à l'occasion d'un jamboree annuel et c'est à peu près tout.
Voilà. Si, tout comme moi, la vie au quotidien en pareil endroit vous fascine, vous pouvez toujours jeter un œil à InuvikPhotos, un site qui vous révèlera les secrets du Drum Dancing Cake aborigène ou vous montrera une vidéo en chambre de Chayne Rogers, l’illusionniste local.
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