Septembre
Septembre, et quelque part les dernières
feuilles de sycomores
sont retournées à la terre.
Le vent nettoie le ciel de ses nuages.
Que reste-t-il ? Des lagopèdes, des saumons argentés
et le pin touché non loin de la maison.
Un arbre frappé par la foudre. Mais qui aujourd’hui
recommence à vivre. Se garnissant miraculeusement
de quelques pousses.
La radio passe
« Maggie by My Side » de Stephen Foster.
J’écoute, le regard lointain.
Extrait de La vitesse foudroyante du passé, Raymond Carver, Éditions de l’Olivier / le Seuil
dimanche 5 septembre 2010
samedi 4 septembre 2010
vendredi 3 septembre 2010
Happy Pets - Belfast (3)
Fin de matinée à Belfast. Je viens de photographier la fresque murale réalisée en hommage à George Best (image ici) – j’ai fait le déplacement pour ça. C’est au tout début de Woodstock Road, du côté de la rivière Lagan.
Pas spécialement envie de repartir, du temps à perdre… Alors, je décide de remonter la rue, par jeu, de me laisser porter. Je me fixe comme objectif d’aller jusqu’à son autre extrémité – je ne sais pas du tout à quelle distance celle-ci se trouve.
J’avance. J’ouvre les yeux en grand – j’ai l’impression d’être en vacances.
J’engrange des images : des affiches publicitaires ou des peintures murales…
Ou alors, contre une grille jaune, des pages de journaux scotchées sur des panneaux sans doute pour les protéger lors de travaux de peinture.
Des devantures à mes yeux exotiques, ou alors des vitrines.
Un distributeur de babioles à figure humaine devant une superette.
Des gens qui retirent de l’argent ou qui attendent de le faire.
Un mur couvert de bâches noires – ça donne à l’ensemble du bâtiment un petit air interlope.
Ou encore une voiture de police jaune, grise et bleue, des ouvriers qui travaillent sur une charpente, un panneau “Private property strickly no ball games” devant une rangée famélique de parkings qui ne prête a priori pas au jeu.
Je m’arrête également devant une boutique Happy Pets dont le nom, il faut bien que je l’avoue, me ravit.
Pas spécialement envie de repartir, du temps à perdre… Alors, je décide de remonter la rue, par jeu, de me laisser porter. Je me fixe comme objectif d’aller jusqu’à son autre extrémité – je ne sais pas du tout à quelle distance celle-ci se trouve.
J’avance. J’ouvre les yeux en grand – j’ai l’impression d’être en vacances.
J’engrange des images : des affiches publicitaires ou des peintures murales…
Ou alors, contre une grille jaune, des pages de journaux scotchées sur des panneaux sans doute pour les protéger lors de travaux de peinture.
Des devantures à mes yeux exotiques, ou alors des vitrines.
Un distributeur de babioles à figure humaine devant une superette.
Des gens qui retirent de l’argent ou qui attendent de le faire.
Un mur couvert de bâches noires – ça donne à l’ensemble du bâtiment un petit air interlope.
Ou encore une voiture de police jaune, grise et bleue, des ouvriers qui travaillent sur une charpente, un panneau “Private property strickly no ball games” devant une rangée famélique de parkings qui ne prête a priori pas au jeu.
Je m’arrête également devant une boutique Happy Pets dont le nom, il faut bien que je l’avoue, me ravit.
jeudi 2 septembre 2010
Face à la mer - Ses Covetes (Majorque)
On a envie d’imaginer quelqu’un derrière le volant. Et peut-être même un passager, une passagère. Le vent siffle, assourdissant. Il isole du reste du monde.
Une vague, de temps en temps, plus forte que les autres vient s’échouer sur le pare-brise. Balayage des essuies-glace : un aller-retour, un deuxième. Et déjà le couinement du caoutchouc qui frotte. Alors les balais se figent. Et le vent, à nouveau, est seul à remplir l’immensité de l’espace sonore.
mercredi 1 septembre 2010
Un simple passage pour piétons - Londres
Un passage pour piétons insignifiant au nord-ouest de Londres. Rien de remarquable dans l’image. Et pourtant… Ce passage est sans doute le plus célèbre du monde : celui qui figure sur la pochette d’Abbey Road, l’album des Beatles.
La séance photo originelle s’est déroulée, il y a plus de quarante ans et n’a duré qu’une dizaine de minutes. Six clichés seulement ont été pris. Iain MacMillan, le photographe, explique : “Je me souviens qu’on a demandé à un policier de bloquer la circulation pendant que j’étais sur l’échelle, à prendre les photos. J’ai pris une série de clichés des Beatles en train de traverser dans un sens. On a laissé quelques voitures passer, et puis je les ai photographiés pendant qu’ils traversaient dans l’autre sens. La photo qui a été finalement choisie était la cinquième, sur six prises. C’était la seule où leurs jambes formaient un V parfait, ce que je voulais pour l’esthétique”.
Une anecdote relevée dans Wikipedia : en face de la Coccinelle, dans l’ombre des arbres bordant la route, se trouve Paul Cole, un touriste américain, pris dans la photo sans le savoir. En vacances à Londres avec sa femme, il refusa d’entrer dans un musée de plus : “Je lui ai dit, j’ai vu assez de musées. Tu y vas, tu prends bien ton temps, et moi je reste ici pour voir ce qui se passe dehors.” Cole engagea alors la conversation avec un policier assis dans son van (visible aussi sur la pochette de l’album), parlant de Londres et du trafic routier. Il finit par voir des gens traverser la rue “comme une ligne de canards”, qu’il prit pour “une bande de fous” à cause des pieds nus de Paul McCartney. Ce n’est qu’un an plus tard qu’il découvrit, estomaqué, la pochette de l’album, alors que sa femme s’évertuait à jouer la chanson Something à l’orgue.
mardi 31 août 2010
Dans l’ombre de la cabine - Newark (3)
Une silhouette au volant, un profil que l’on devine massif. On aimerait croire qu’il s’agit là de l’un des hommes de main de Tony Soprano – ou, mieux encore, de Tony Soprano lui-même, obligé, suite à une défection, d’enfiler le bleu de chauffe. Une livraison urgente à honorer : alcool de contrebande, cartons de cigarettes, quartiers de viande ou vêtements contrefaits et voilà qu’il se retrouve à conduire un camion… On trouve pareilles situations dans quelques-uns des épisodes de la série.
lundi 30 août 2010
Magie de Streetview - Newark (2)
Une zone de casses automobiles à la périphérie de Newark, New Jersey. Il vient sans doute de pleuvoir (des flaques, nombreuses, hors-champ, sur la chaussée défoncée).
Un capot relevé, des gars qui rafistolent – ou peut-être prélèvent-ils des pièces.
Trois molosses derrière une grille pour parfaire le tableau.
On se dit que dans la réalité, ce n’est pas le genre d’endroit où l’on s’arrêterait pour prendre une photo.
dimanche 29 août 2010
En marge - Historypin, un regard vers le passé
Historypin est un site créé par We Are What We Do avec l’aide de Google et qui a pour but, semble-t-il, de relier les générations en compilant/épinglant sur Google Earth et StreetView des photos anciennes (souvent des cartes postales mais pas que) ou des anecdotes racontant des histoires passées.
Chacun peut très facilement ajouter ses propres images ou textes. Il y a déjà plus de 15000 documents archivés et peut-être y en aura-t-il bientôt bien plus si le buzz autour du site se propage – comme on peut le supposer – à travers l’ensemble du web.
Historypin.com
samedi 28 août 2010
Des chiens à travers le monde
Via Pier Santi Mattarella,
Cinisi, près de l'aéroport de Palerme (Italie)
Via Fondo Orsa,
Cinisi près de l'aéroport de Palerme (Italie)
Chamberlain St / Harvey St,
Derry (Irlande du Nord)
Rue Auguste Simon,
Maison-Alfort (France)
Raz y Guzman,
Veracruz (Mexique)
Cervantes y Padilla,
Veracruz (Mexique)
374 Woodstock Rd,
Belfast (Irlande du Nord)
vendredi 27 août 2010
Comme dans une nouvelle de Buzzati - Palerme (4)
Un ciel plombé. Il a plu. Il tombe quelques gouttes encore parfois. La chaussée est trempée (détrempée) – et le goudron n’en paraît que plus noir, comme dessiné au feutre. La végétation tout autour est devenue phosphorescente.
C’est à proximité de l’aéroport de Palerme que l’on se trouve – et l’aéroport est situé entre campagne et bord de mer, loin, relativement, de la ville.
Il est rare dans StreetView de tomber sur lumière aussi belle. On imagine volontiers le tonnerre qui rebondit dans le lointain – et la fraîcheur relative de l’air.
Une ligne droite en bord des pistes, longue. Et puis une esplanade – un cul-de-sac, pense-t-on, avant de découvrir que non : il y a une voie de terre, en fait, sur la gauche, un chemin, où l’enregistrement des images, étonnamment, se poursuit.
Au volant d’une voiture, peut-être hésiterait-on à suivre la piste – peur de s’embourber, peur de ne savoir où cela mène. Mais là on avance, heureux de cette liberté offerte.
Le chemin finit par devenir une rue à peu près goudronnée. On croise des portails au-delà desquels, sans doute, des gens vivent. On croise de vieilles bâtisses abandonnées. Et des containers à ordures, des chantiers.
On poursuit sa route. On réalise soudain que l’on n’a, jusque-là, pas croisé le moindre humain. Juste des chiens – à de multiples reprises. À croire qu’ils ont profité de l’orage pour prendre possession des lieux – cela fait penser à une nouvelle possible pour Dino Buzzati.
C’est à proximité de l’aéroport de Palerme que l’on se trouve – et l’aéroport est situé entre campagne et bord de mer, loin, relativement, de la ville.Il est rare dans StreetView de tomber sur lumière aussi belle. On imagine volontiers le tonnerre qui rebondit dans le lointain – et la fraîcheur relative de l’air.
Une ligne droite en bord des pistes, longue. Et puis une esplanade – un cul-de-sac, pense-t-on, avant de découvrir que non : il y a une voie de terre, en fait, sur la gauche, un chemin, où l’enregistrement des images, étonnamment, se poursuit.
Au volant d’une voiture, peut-être hésiterait-on à suivre la piste – peur de s’embourber, peur de ne savoir où cela mène. Mais là on avance, heureux de cette liberté offerte.
Le chemin finit par devenir une rue à peu près goudronnée. On croise des portails au-delà desquels, sans doute, des gens vivent. On croise de vieilles bâtisses abandonnées. Et des containers à ordures, des chantiers.
On poursuit sa route. On réalise soudain que l’on n’a, jusque-là, pas croisé le moindre humain. Juste des chiens – à de multiples reprises. À croire qu’ils ont profité de l’orage pour prendre possession des lieux – cela fait penser à une nouvelle possible pour Dino Buzzati.
jeudi 26 août 2010
Carpets direct - Belfast (2)
Belfast. Un autre “mural” dans Woodstock Road, un carré qui se détache ; un ravissement.
La force des couleurs – la simplicité de celles-ci : du bleu, du rouge, du jaune ; et du blanc, du noir.
Le côté suranné des polices de caractères utilisées.
Et puis ce mot de “Carpets” si charmant pour moi qui ne suis pas à proprement parler bilingue.
mercredi 25 août 2010
Rock Star du foot – Belfast
“J’ai dépensé 90% de mon argent en alcool et en femmes. Le reste, je l’ai gâché”.
George Best. Ailier gauche, dribbleur, insolent, génial. Joueur de Manchester pour l’essentiel. Enfant de Belfast.
Photo prise dans Woodstock Road.
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