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vendredi 20 février 2015

Un champ/contrechamp en quelque sorte - Piraí do Sul

1530e jour - Elle était de passage chez ses parents. Nous en profitions, M. et moi, pour skyper avec elle : son visage à contrejour dans la pénombre d’une chambre quelque part au Brésil.
Je lui ai demandé s’il était possible de déplacer la caméra, de nous montrer l’extérieur, le paysage au-delà des fenêtres. Amusée, elle s'est exécutée.
Il pleuvait ce jour-là à Piraí do Sul. Une fin d’après-midi d’été austral.
À Paris, c’était l’hiver, et la nuit déjà depuis près de trois heures…
Un semi-remorque a bruyamment traversé le champ de l’écran, suivi d’une voiture, d’une autre voiture… Elle a tourné la caméra pour nous montrer un panneau planté juste à côté de la maison. J’ai capturé l’image…


Les intersections sur l’équivalent d’une nationale étant peu nombreuses aux abords de Piraí do Sul, ça a été un jeu d’enfant de retrouver la maison.
J’entendais sa voix plus loin dans la pièce et j’observais : l’ancien garage de son père, le jardin de sa mère, la gargote posée à côté et la station essence… À l’instant, tout cela était sous la pluie, elle venait de me le montrer. La nuit n’allait pas tarder à tomber. Et elle, elle était là, dans ce cube blanc dont je pouvais voir l’image.






C'était une expérience étrange, faite d’oppositions : l’été contre l’hiver ; le jour contre la nuit ; le présent face au passé…
J’ai pensé aussi que si je le voulais, maintenant que je sais situer la maison sur un plan du village, je pourrais facilement prendre un avion, des cars, un taxi pour aller là, exactement : à la périphérie de Piraí do Sul. Je pourrais frapper à la porte avant de prononcer, dans un portugais plus qu’approximatif mais appris par cœur : Je suis un ami d’Elimara.
Nul doute que l’on m’accueillerait chaleureusement.

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