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jeudi 7 mars 2013

La façon dont le temps s'arrête dans ces cas-là - Tcheliabinsk

966e jour - Il est facile d'imaginer la scène : ils sont en train de jouer au foot – sur la route un peu, sur le terrain vague en face de la maison.
Ils aperçoivent la voiture avec son étrange appareillage. Ils abandonnent leur ballon pour se réfugier sur leurs tas de terre le temps qu'elle passe.
Elle disparaît bientôt (la route fait un coude à une cinquantaine de mètres de là). Alors, ils se précipitent à l'intérieur. Ils expliquent à leur mère : le mat au-dessus du toit, le truc qui tourne au bout du mat…
Sans doute encore un de leurs outils pour mesurer qu'ils utilisent dans ces cas-là, pense-t-elle.
Elle envoie les garçons jouer dans leur chambre.
Elle ferme porte et fenêtres.
Plus fataliste presque qu'angoissée, elle allume la radio. Dans l'éventualité d'une interruption des programmes. Espérant que tout aille bien (elle aimerait avoir des nouvelles de son mari, de sa sœur, de sa mère). Priant pour qu'il n'y ait pas eu un nouvel incident à la centrale…
Tout le monde, ici, se souvient de septembre 57 ; tout le monde a en tête l'angoisse lors de la canicule de l'été 2010, des feux de forêt qui cernaient Maïak et de l'état d'urgence qui suivit.

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